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vendredi 14 janvier 2022

[Visio] Samedi 22 janvier 2022 - Etre ou Avoir faut-il choisir ?

 Lien de la conférence : https://meet.google.com/evf-rqtt-jah

Sur philomag : 6 Français sur 10 estiment qu’il ne leur manque rien, du moins rien de matériel, pour être heureux. Un signe de sagesse ? Dans le vieux duel qui oppose, depuis l’époque de Socrate, les gourmands idolâtres de l’“avoir” aux explorateurs passionnés de l’“être”, les seconds seraient-ils sur le point de l’emporter ? On peut l’espérer… Mais ce chiffre sorti de notre sondage exclusif nous renseigne aussi sur une mutation plus profonde. Si les héros du roman de Perec, “Les Choses”, incarnaient l’esprit des Trente Glorieuses en cherchant passionnément à s’acheter des meubles, aujourd’hui c’est moins la possession de biens manufacturés que l’accès à des usages passagers et à des expériences uniques qui est vécu comme un idéal, brouillant ainsi les anciennes frontières entre “être” et “avoir”. Serions-nous entrés dans l’âge du faire?

Etre ou Avoir Frédéric Lenoir https://www.dailymotion.com/video/xh0kxp

L’avoir, à lui seul, ne constitue pas tout à fait une raison de vivre – il a quelque chose de décevant. Ici, il ne s’agit même pas de condamner la vanité des biens terrestres en faisant l’éloge de la félicité éternelle – nul besoin de souscrire à la condamnation chrétienne de la richesse matérielle pour remarquer que l’avoir est par nature insatisfaisant. Comme l’a très bien écrit Sartre dans L’Être et le Néant, la propriété a un grand défaut : c’est un idéal, autrement dit une sorte d’illusion, elle ne s’éprouve pas concrètement. Mettons que je m’achète une belle montre. Je suis heureux de la porter à mon poignet le premier jour. Mais au bout d’une semaine, je l’ai oubliée, elle ne rayonne pas en moi, elle ne m’affecte pas. Elle reste comme extérieure à moi, indifférente, morte. Dans la possession d’un objet, il y a une promesse qui sera tôt ou tard déçue : celle d’être intérieurement enrichi par une substance extérieure. « Ainsi, écrit Sartre, le désir d’un objet particulier n’est pas simple désir de cet objet, c’est le désir de s’unir à l’objet par un rapport interne, de manière à constituer avec lui l’union “possédant-possédé”. Le désir d’avoir est au fond réductible au désir d’être par rapport à un certain objet dans une relation d’être. » Cette analyse ne signifie pas qu’un certain confort matériel minimal n’est pas indispensable ni nécessaire à la vie. Mais elle montre assez que la propriété de biens rares et luxueux n’exaucera pas notre souhait d’accéder à une meilleure qualité d’être, elle...

dimanche 2 janvier 2022

Mediathèque de Noé - 15 janvier 2022 - Et si l'assistance pouvait devenir un handicap à la prise d'indépendance

 

"Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrit une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie."  LAO-TSEU.


La question concerne précisément l’assistance aux élèves. Durant une visite dans un collège ou j’ai enseigné il y a quelques années, un professeur me fait la remarque que dans une classe de 4° générale le nombre d’enfants bénéficiant d’un P.A.P. (Plan d'Accompagnement Personnalisé) est supérieur aux nombre d’enfants n’en ayant pas. Plusieurs de ces élèves sont accompagnés d’un A.E.S.H.

Le ministère de l’Éducation Nationale définit ainsi le rôle de ce personnel :

Les Accompagnants d'élèves en Situation de Handicap (AESH) assurent des missions d'aide aux élèves en situation de handicap. Ainsi, sous la responsabilité pédagogique des enseignants, ils ont vocation à favoriser l'autonomie de l'élève, sans se substituer à lui dans la mesure du possible.

Dans quelle mesure "la mesure du possible" est-elle possible et que penser d’une situation où une majorité d’élève est devenue inapte à recevoir un enseignement qui ne lui est pas spécifiquement adapté ou qui se doivent de recevoir l’aide d’un adulte dans la classe pour poursuivre une scolarité dans un établissement général.

Pour les professeurs la difficulté est immense : dans une classe de 30 élèves s’il y a 16 PAP, il conviendra de faite 16 cours différents adaptés à chacun des PAP plus un cours pour les nons-PAPéisés et la même chose pour les exercices et contrôles de connaissance. Il conviendra de préparer et si possible de donner à l’avance un cours complet et un exemplaire des cours à compléter et des exercices à chacun des AESH (jusqu’à 4 dans une classe) de façon qu’ils puissent se préparer à « dans la mesure du possible » favoriser l’autonomie de l’élève.

Des esprits chagrins rappelleraient sans doute que l’autonomie ne signifie pas effectuer de son propre chef des actes que les adultes peuvent considérer comme responsables  mais au contraire le droit de se gouverner par ses propres lois, à l'intérieur d'un État ; ce qui pour bien des élèves peut signifier simplement "faire faire" son travail par L’AESH.

Quant aux professeurs, pour en revenir à eux, ils doivent faire avec des adultes (AESH) qui répétant, expliquant, en surimpression de leur propre parole viennent créer un bruit de fond incessant ne permettant tout simplement pas de faire un cours continue sans demander régulièrement à ces adultes « faisant leur possible » de se taire. 

Les professeurs deviendraient aussi tous progressivement des enseignants spécialisés puisque, la formation initiale de tous les enseignants aux besoins éducatifs particuliers devient obligatoire à raison de 25 heures de formation minimum.

Le cas particulier est donc devenu parfois le cas général au vue de l’augmentation des PAP et du nombre d’élèves bénéficiant d’un AESH.

En cette rentrée 2021, Ref : plus de 400 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire contre 321 500 en 2017, ce qui correspond à une augmentation de 19 % en 5 ans. En 2006, rentrée qui vit l’application de la loi handicap du 11 février 2005, le nombre d’élèves ayant eu une notification d’aide humaine par la CDAPH s’élevait à 26 000, soit 22 % des 118 000 élèves en situation de handicap. Ref : En 2015, 124 800 élèves disposaient d’une notification d’aide humaine et leur proportion s’était accrue pour passer à 45 % des 280 099 élèves en situation de handicap. En 2020, le nombre d’élèves notifiés pour une aide humaine était de 224 237, soit 58 % des 386 500 élèves en situation de handicap.

Effectifs d’élèves en situation en handicap scolarisés en 2018-2019 dansl’Education Nationale

La situation nous interroge. Au-delà des difficultés pour recruter des AESH et des professeurs, des difficultés de chacun de ces métiers et des problématiques de formations il y a une question de fond qui concerne l’augmentation des besoins d’assistance des élèves français.

Notre système fabrique-t-il des handicapés ?

 Nous retrouvons ici la réflexion de Thierry Delcourt, psychiatre à Reims


Quelle est donc, si c'est le cas, la raison de cette augmentation du nombre des ces élèves handicapés ?

Une meilleure détection, ou au contraire une  politique d'assistanat qui est le modèle courant et qui deviendrait en tant que modèle, responsable de l'augmentation du nombre d' elèves assistés ou ayant un enseignement individualisé ?  Assister les enfants en fait-il des assistés pour toujours ?

Ces question sont à placer en face de la volonté d'intégrer tous les enfants en millieux ordinaire.



Quelques articles

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims/entretien-enfants-hyperactifs-autistes-toute-difference-devient-pathologique-regrette-un-pedopsychiatre-remois-2067151.html

https://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2001-2-page-19.htm

https://www.cairn.info/revue-agora-debats-jeunesses-2007-1-page-100.htm#pa7

https://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2008-4-page-477.htm

https://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2008-4-page-477.htm

https://www.lassmat.fr/actualites/nouvelles-professionnelles/trop-chercher-aider-les-enfants-freine-leur-developpement