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jeudi 30 novembre 2017

2 Décembre 2017 - [Débat Jeune Ariège] Pourquoi mourir?


Les jeunes ariégeois se poseront la question sur le sens de la mort.

Quelques réflexions 


"L’expérience de la naissance est la première expérience de l’émergence de la mort", déclarait Françoise Dolto dans Parler de la mort (Mercure de France, 1998). 

Vivre 1000 ans

Grâce à la philosophie. "On peut apprendre à mourir", assure Montaigne.

Etre un homme c’est craindre la mort et inventer des rituels pour marquer son passage. 

"Je tiens à être enterrée pour qu’on vienne me voir, qu’on se souvienne. Le nom sur la tombe continue de maintenir une sorte d’existence". 
"Je voudrais être incinérée pour que mes cendres soient dispersées, pour être libre" 

"Chaque individu veut mourir de sa mort “à lui”", constatait Freud dans ses Essais de psychanalyse (Payot, 1989)

"Nous avons psychologiquement besoin de la mort pour vivre"

"De la loi de la fin est née notre propre existence. Le fait que nous nous définissons comme "existant" n'est possible que parce que nous avons conscience de l'éphémérité de notre être, nous savons que au bout du chemin il n'y a plus rien. 
Aussi, l'Eternité, cette chose que beaucoup voudrait, ne serais en définitive qu'une Non-Existence, une Non-Vie. Nous ne sommes là que parce que un jour ne serons plus, là est tout le paradoxe.
De plus de notre éphémérité naît notre aptitude au changement et à "l'innovation", de notre créativité, de nos inventions, de notre compréhension du monde physique, de notre marche vers un avenir que nous voulons grand, tout cela tient au simple fait que nous sommes petits et ridiculement passagés. En fait, notre marche effrénée vers la modernité n'est que la traduction individuel d'une volonté de changement, parce que nous sommes des poussières nous voulons créer des falaises. 
L'Eternité, ou au moins la longévité extrême, ne seraient que des foyer d'immobilismes et de conservatismes parce que, existant pendant longtemps, nous ne ressentissions plus le besoin de saisir l'Eternité, de forger l'immuable, de laisser "une marque", parce que nous ne serions là et que nous y resterions." Anonyme Forum Web

"Si la mort est là, c’est que je ne suis plus là, il m’est donc impossible de la rencontrer. La sagesse consiste donc à acquérir de la distance à l’égard de l’idée de la mort. Car si l’homme est occupé à penser à la mort, il ne peut être heureux." Extrait de la Lettre à Ménécée, par Epicure :

Et l’éternité ?

"Selon leurs calculs, si jamais les électrons meurent, ce n’est pas avant d’avoir vécu au moins 66 milliards de milliards de milliards d’années. L’expérience fait reculer ce seuil d’un facteur 100 par rapport à la précédente estimation. Pour rappel, notre Univers, qui nous semble très vieux, n’affiche même pas 14 milliards d’années au compteur" Pierre Barthélémy

"Il existe une maladie génétique rare pour qui le corps ne semble pas vieillir au même rythme, à l'inverse de la progéria. Les médecins, qui n'ont pas encore inventé de nom pour ce syndrome, parlent d'immortalité biologique. Chez quatre cas recensés dans le monde, leur processus de sénescence est ralenti avec un développement près de cinq fois plus long que pour une personne normale" 

Et si finalement .... on chercher comment mourir heureux


Vivre avant de mourir .... 

c'est mourir sans regret et accompli. Qu'est ce qui est essentiel!
Se préparer à mourir c'est vivre ce que l'on à vivre réussir sa vie.

Quelles sont les 5 choses que vous voudriez ou devriez absolument faire avant de mourir ?


Quelle serait pour vous la meilleure façon de mourir ?

  •  Une mort violente
  •  Une mort accidentelle
  •  Mourir dans son sommeil
  •  Mourir de sa belle mort
  •  Mourir jeune
  •  Mourir vieux
  •  Mourir en bonne santé
  •  Mourir de rire
  •  Une mort rapide et indolore
  •  Décider vous-même quand et comment vous allez mourir.
  •  Autres __________________________________.


Qu’est-ce pour vous qu’une vie bien remplie ?

Qu’est-ce pour vous qu’une vie ratée ?

CE SOIR À SAMARKAND

Un matin, le khalife d'une grande ville vit accourir son premier vizir dans un état de
vive agitation. Il demanda les raisons de cette inquiétude et le vizir lui dit :
- Je t'en supplie, laisse-moi quitter la ville aujourd'hui même.
- Pourquoi ?
- Ce matin, en traversant la place pour venir au palais, je me suis senti heurté à
l'épaule. Je me suis retourné et j’ai vu la mort qui me regardait fixement.
- La mort ?
- Oui, la mort. Je l'ai bien reconnue, toute drapée de noir avec une écharpe rouge.
Elle est ici, et elle me regardait pour me faire peur. Car elle me cherche, j'en suis sûr.
Laisse-moi quitter la ville à l'instant même. Je prendrai mon meilleur cheval et je
peux arriver ce soir à Samarkand.
- Était-ce vraiment la mort ? En es-tu sûr ?
- Totalement sûr. Je l'ai vue comme je te vois. Je suis sûr que c’était elle. Laisse-moi
partir, je te le demande.
Le khalife, qui avait de l'affection pour son vizir, le laissa partir. L'homme revint à sa
demeure, sella le meilleur de ses chevaux et franchit au galop une des portes de la
ville, en direction de Samarkand.
Un moment plus tard, le khalife, qu'une pensée secrète tourmentait, décida de se
déguiser et de se rendre sur la grande place au milieu des bruits du marché. Il
chercha la mort des yeux et il l'aperçut, il la reconnut. Le vizir ne s'était aucunement
trompé. Il s'agissait bien de la mort, haute et maigre, de noir habillée, le visage à
demi dissimulé sous une écharpe de coton rouge. Elle allait d'un groupe à l'autre
dans le marché sans qu'on la remarquât, effleurant du doigt l'épaule d'un homme qui
disposait son étalage, touchant le bras d'une femme chargée de menthe, évitant un
enfant qui courait vers elle.
Le khalife se dirigea vers la mort. Celle-ci le reconnut immédiatement, malgré son
déguisement.
- J'ai une question à te poser, lui dit le khalife, à voix basse.
- Je t'écoute.
- Mon premier vizir est un homme encore jeune, en pleine santé, efficace et honnête.
 Pourquoi ce matin, alors qu'il venait au palais, l'as-tu heurté et effrayé ? Pourquoi
 l'as-tu regardé d'un air menaçant ?
La mort parut légèrement surprise et répondit au khalife:
- Je ne voulais pas l'effrayer. Je ne l'ai pas regardé d'un air menaçant. Simplement,
quand nous nous sommes heurtés, par hasard, dans la foule et que je l'ai reconnu, je
n'ai pas pu cacher mon étonnement, qu'il a dû prendre pour une menace.
- Pourquoi cet étonnement ? demanda le khalife.
- Parce que, répondit la mort, je ne m'attendais pas à le voir ici. J'ai rendez-vous
avec lui ce soir, à Samarkand.
Farid ud-Dîn Attar, poète et mystique soufi de la Perse, né vers 1140 et mort vers 1230.  www.metafora.ch



lundi 23 octobre 2017

25 novembre 2017, à l'école, les enfants travaillent tout le temps et ne savent rien!

V. est professeur en collège dans le sud de la France. Il est aussi parent d'élève en collège. Confiant dans l'équipe éducative de ses enfants et considérant que les devoirs à la maison sont nécessaires, il déclare cependant dépité:

"Les enfants travaillent tous le temps et ne savent rien."


Les enfants travaillent tout le temps et ne savent rien?

Les enfants travaillent tous le temps

En maternelle et au primaire, la journée d'école, d'une durée de 6 heures, est la plus longue d'Europe. Un rythme souvent dénoncé par l'OCDE. Les cours ont lieu le lundi, mardi, jeudi et vendredi, mais cela peut être modifié sur proposition du conseil d'école, en ajoutant des heures le samedi par exemple. Cette semaine de 4 jours est une exception française qui est conservé par beaucoup de mairies.

A l'école primaire, la durée de la semaine est fixée à 24 heures d'enseignement, entre 25 et 28 heures de cours hebdomadaire pour les collégiens. Au lycée, selon la série et les options choisies, l'enseignement varie entre 30 et 40 heures par semaine.

Vacances: Si l'on tient compte du nombre d'heures annuelles, la France arrive seconde derrière l'Italie, avec 958 heures annuelles d'enseignement (données Eurostat. Les élèves français bénéficient du plus grand nombre d'heures de cours en Europe sur le laps de temps le plus court.

OK ... mais cela ne s’arrête pas là. il y a les devoirs et là donc en collège on est à 5 heures par semaine et 7 heures pour un lycéen

Total pour une élève de collège - 28 + 5 = 32 heures
Total pour un élève de lycée - 40 + 7 = 47 heures - Là cela devient vraiment lourd non ?

Oui! les élèves français travaillent beaucoup! 

Les enfants ne savent rien? 

     - Voyons voir ce que dit le test PISA

PISA : est un acronyme anglais pour Programme for International Student Assessment, ensemble d'études de l'OCDE visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs des pays membres.

Pisa or Not Pisa


Les gagnants sont : ..... Non pas la France !
Cliquez ICI pour voir la vidéo


A l’issue de tests PISA, les quelque 6 000 élèves français de 15 ans se sont ­placés à la vingt-sixième place d’un classement de 72 pays, dominé par ­Singapour et refermé par la République ­dominicaine. Un niveau équivalent à celui des Autrichiens ou des Américains.

Conclusion hâtive

Les jeunes français travaillent effectivement beaucoup et n'ont pas les résultats qu'ils sembleraient mériter. Pourquoi ?

Mais voyons voir ce qui se passent dans les pays premiers de la classe

Chine / Singapour /Shanghai

Premier partout ! En plus 88% des enfants se sentent bien à l'école! Mais avec plus de 80% des élèves du primaire qui reçoivent des cours supplémentaires, on est dans la triche. Les singapouriens sont dopés!  On ne peut se comparer avec ce système.
Très fort respect du professeur et parents très présents et enseignants très bien payés.

Japon 



Le système de maternelle/primaire/ collège/lycée/FAC et école , ressemble beaucoup à celui de la France. Une année scolaire se compose de trente cinq semaines (175 jours). La semaine scolaire compte cinq jours du lundi au vendredi, ce qui est sensiblement équivalent à la France. Seulement 10% des enfants sont dans des cours du soirQuelques points de divergence quand même :

1. Les bonnes manières avant le savoir scolaire. Il n'y a pas d'examens ou d'évaluations avant l'âge de 10 ans dans les écoles japonaises, uniquement de petits tests. Les 3 premières années de scolarité, les professeurs se concentrent davantage sur leurs manières et le développement de leur personnalité que sur leurs connaissances. Leur est enseigné, entre autres : le respect envers les autres, les animaux et la nature, la générosité, la compassion, la notion de justice et de self-control.

2. Les élèves nettoient eux-même leurs locaux. Les écoles n'embauchent pas de personnes consacrées au ménage : les élèves s'organisent entre eux pour nettoyer les salles de classe, les couloirs, les toilettes, la cafet', etc. Il y a un turn over pour que chacun puisse mettre la main à la patte et s'entraider.

3. Un déjeuner équilibré, unique et partagé en classeLes écoles assurent un repas unique et équilibré chaque jour, cuisiné par des chefs. Les élèves déjeunent en salle de classe, entre camarades et même avec le professeur. De quoi assurer une meilleure proximité prof-élèves et entre camarades de classe.

4. Le soutien scolaire après les cours est obligatoireDès la primaire, tous les élèves suivent des cours de soutien, du style workshops, après leur journée de 8 heures de cours, en soirée. Ce n'est pas obligatoire à proprement parler, mais très populaire et très recommandé, pour que le niveau de l'élève reste très bon toute l'année et/ou le permette d'intégrer de bons lycées/universités. Les élèves japonais ne redoublent presque jamais, c'est très rare !

5. Les élèves apprennent la poésie et la calligraphie. Mis à part les cours classiques, les élèves étudient l'art du shodo, la calligraphie traditionnelle avec un pinceau en bambou (ils écrivent des caractères sur des feuilles de riz). Ils étudient également le haiku, une forme de poésie combinant expressions simples et émotions profondes.

6. Le port d'uniformeBien que la question de l'uniforme prête au débat, et que les occidentaux n'y sont globalement pas favorables (notamment en France), la politique japonaise souhaite détruire les barrières sociales et favoriser l'esprit communautaire en instaurant l'uniforme dans tous les établissements scolaires du pays, tout en les plaçant volontairement dans une atmosphère de travail et de sérieux (un esprit presque militaire).

Conclusion  

Avec un coût de seulement 10% du budget national pour le japon contre 16% pour la France! Un pourcentage d'enfant supérieur se sent bien à l'école 87% contre 82% pour la France et des résultats de premier ordre ? Alors le Japon ? Des idées à prendre ? Le fait que le suicide soit la première cause de mortalité chez les 15 à 39 ans représente un réel problème. Mais on se suicide beaucoup au Japon et finalement l'école semble ne pas être la plus responsable.


Estonie


L’Estonie c'est 1,3 millions d'habitants, soit moins que le département de la Seine-Saint Denis. Ce pays au nord de l'Europe ou en période hivernale, la température peut descendre jusqu’à -20°C et où les eaux qui séparent les îles du continent se transforment en banquise gelée a un mois de décembre pendant lequel la journée dure seulement 5 à 6 heures. En revanche, en été, les journées sont particulièrement longues et les habitants en profitent pour faire la fête jusque tard dans la nuit. Seulement 38% de sa population adulte détient un diplôme d’enseignement supérieur  là ou la France atteint les 43,6%.
Comment ils font ?


TIC à Gogo : Wifi gratuit partout et cours sur tableau interactif. L'élève estonien est baigné de cours sur internet et de nouvelles technologie ! Mais attention, selon une étude européenne portant sur les 11-16 ans (www.eukidsonline.net), les enfants estoniens figurent parmi ceux qui présentent le plus de signes d’un « usage excessif d’Internet ». Pour Valdur Parasin, la dépendance n’est que le résultat du manque de temps que les parents ont à consacrer à leurs enfants. « Si un garçon est sur Internet à la maison, il ne joue pas dehors, il ne demande pas de l’argent pour s’acheter des bricoles, on n’a pas besoin de jouer avec lui », observe l’enseignant. Au-delà de ce constat, le caractère estonien pourrait favoriser la dépendance. « Après l’occupation soviétique, raconte un expert européen vivant à Tallinn, les Estoniens ont bâti leur identité en partie sur les nouvelles technologies. En allant trop vite sans doute, parce que cela ne favorise pas le lien social entre des habitants qui, déjà, ne sont pas portés naturellement sur la communication directe. »

Conclusion


Ils font souffrir les enfants Le document suivant nous montre que l'Estonie est un des pays ou les élèves ne se sentent pas très bien à l'école ! Seulement 66% des enfants déclarent se sentir bien à l'école.


Des enfants pas très heureux et addicts à internet. Les résultats sont bon ... mais est-ce le seul élément à prendre en compte!

Taiwan

Avec une place de vingt-troisième en lecture qui n'est finalement pas si glorieuse que ça, Taiwan brille pour le reste. Mais il faut savoir que si le mandarin est la langue officielle et la langue d’enseignement à l’école primaire et dans le secondaire, les autres langues parlées sont le taïwanais (Min) et des dialectes Hakka. 84 % de la population est d’origine taïwanaise (y compris Hakka), 14 % sont des Chinois continentaux, les 2 % restants sont issus d’autres ethnies locales. Bon, l'apprentissage du Mandarin, c'est sûr c'est pas simple!

Quelques différences


Le système d’éducation est centralisé et se décompose en 3 niveaux comme le notre. Cependant il y a quelques différences :

L'école n'est obligatoire que jusqu'à 12 ans. Cela pose la question des résultats au test PISA. En effet les enfants ayant des difficultés sont sans doute les premiers à ne pas continuer leur scolarité. Les test PISA concernent des enfants de 15 ans. Il est donc difficile sans savoir qu'elle est la proportion d'élèves déscolarisés à 15 ans de comprendre l'impact de cette mesure.   

De plus en plus en plus d'autonomie : En 2001 un plan a introduit une grande autonomie des autorités locales, des écoles et des enseignants pour le choix des curricula, des supports de cours et des manuels scolaires. Au-delà des questions curriculaires, ce nouveau cadre entend apporter plus de flexibilité au système éducatif taïwanais.

De moins en moins d'examens.  Même si la vidéo dit le contraire. Pour l'entrée dans l'enseignement supérieur, en juin 2009, le gouvernement a publié des lignes directrices pour des admissions sans examen, et a annoncé son intention de supprimer progressivement le système d’admissions sur examen.

Conclusion

Pas de vacances, la plus part des élèves ont des cours privés supplémentaires.
Une scolarité qui peut s'interrompre à 12 ans c'est pour nous un retour en arrière et la fin du collège unique !  Est-ce la solution?

Finlande


Pays du nord de l'Europe, de 5.5 millions d'habitants.

Beaucoup de différences


Pas de maternelle !

Le système Finlandais est différent du notre. La plus grosse différence est l'age d'entrée à l'école. Les petits finlandais commencent l’école à l’âge de 7 ans seulement et pas d'école l'après-midi.

De l'aide
Environ 30% des enfants reçoivent de l'aide et les élèves ne subissent aucune évaluation pendant les 6 premières années. Les classes de sciences sont limitées à 16 élèves pour qu’ils puissent faire des travaux pratiques à chaque période. Les élèves du primaire disposent de 75 minutes de récréation par jour.

Des résultats étonnants

66 % des élèves entament des études supérieures, le plus haut taux de l’Europe. La différence entre les élèves les plus faibles et les plus forts est la plus petite au monde. 93 % des élèves réussissent leurs études secondaires.
La vie des enseignants

La plus grosse différence est peut-être dans le métier d'enseignant :  Ils ne sont en classe que 4 heures par jour, et ont 2 h de formation continue par semaine. Les concours de recrutement attirent : Il y a eu en 2010 pas moins de 6600 candidats pour combler 660 postes au primaire. Leur place dans la société se compare à celui des médecins et des avocats.

Conclusion

Vraiment différent avec 21 élèves max par classe dans le primaire, le système finlandais présente des différences qui nous étonnent. L’absence d'école maternelle est-ce qui nous surprend le plus et nous interroge sur les problématiques d'apprentissage du vivre ensemble.

Conclusion générale qui n'en est pas une 

Les élèves travaillent beaucoup et effectivement ils ne sont pas les mieux placés.
Difficile de trouver une constante dans tout ça plus d'heures ou moins d'heures,  des cours privés en plus ou pas ... quelques pistes :

On ne veut pas que ça change
Pour Louise Tourret : "Pour changer l’école, et rendre notre système éducatif plus efficace et plus juste, il faudrait établir un consensus social et politique. Avec pour objectif de vouloir vraiment faire réussir davantage d'enfants, mais aussi de trouver les moyens d'y parvenir au sein même de notre belle école. Je ne le vois pas venir pour l'instant. J’aimerais, à l’instar de beaucoup d’observateurs politiques, me planter lourdement.

J'aimerai la réponse à la question suivante : "Qui ne fait pas consensus ?"


Les enfants ne savent pas parler
Alain Bentolila est linguiste et il pense que : "La priorité de l'école maternelle française est donc de donner à tous les enfants qui lui sont confiés une maîtrise du français oral qui leur permettra de dominer les mécanismes du code écrit pour construire du sens et non pour "faire du bruit". L'acquisition d'un vocabulaire riche et précis doit notamment être un de ses objectifs essentiels. Car l'engrenage est terrifiant. Lorsqu'on a souffert d'un déficit et d'une rigidité de langage à cinq ans, on ne peut prétendre qu'à quelques aptitudes au décodage des mots à huit ans alors que l'on devrait comprendre des textes simples."

Oui ! sauf que à Taiwan à l'école, les enfants sont aux prises avec une langue qu'ils ne parlent pas à la maison et pas si bien que ça : le mandarin. Cela ne les empêche pas d'être performants.

Le système est anxiogène
Pour le site observationsociete.fr "Il (le système &éducatif Français] se distingue surtout par le fait qu'il est parmi les plus anxiogènes : on y apprend, mais dans de mauvaises conditions. Les filières les plus sélectives (les « grandes écoles » de haut niveau) sont réservées à une poignée d’élèves socialement triés."

J'aimerai la réponse à la question suivante : "Sauf que les enfants  sont bien plus heureux à l'école qu' en Finlande par exemple, vous expliquez ça comment?"

La misère
Esther Duflo : "Il y a un énorme gaspillage de générations d'enfants qui vont à l'école et qui n'apprennent rien" 



800 millions de personnes dans le monde vivent encore avec moins de 1.90 dollars par jour. Comment réduire la pauvreté, dans un contexte de réductions...
Gérard De Vecchi, Maître de conférences en sciences de l’éducation dans un long article déclare: 'L’échec scolaire n’est donc pas un simple arrêt des apprentissages qu’il faudrait relancer. Il est le reflet d’un déséquilibre profond.  Cela nous amène donc naturellement à envisager les responsabilités liées au milieu de vie.'

Oui, c'est dur! J'ai placé une lettre de bilan de demi-trimestre faîte par un Prof Principal de 5° en annexe. La vie est difficile pour certains élèves! Est-ce que cela n'a pas toujours été difficile ?  La loi de 2005 qui prône l'inclusion d'élèves qui étaient autrefois "en institutions" n'est-elle pas une bonne loi?


....................... 

Webographie

Témoignage !

Voici de manière anonymisée, un document que je porte à votre attention dans le but d'aider à mieux mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui en France  dans une classe de cinquième dun collège standard.
Cliquez pour agrandir

samedi 23 septembre 2017

21 octobre 2017 - Agriculture ? Pourquoi rien ne change ?



L'agriculture (du latin agricultura, composé à partir de ager, champ et colere, cultiver) est un processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes et contrôlent le cycle biologique d'espèces domestiquées, dans le but de produire des aliments et d'autres ressources utiles à leurs sociétés.(Wiki)

Et si contrairement à ce que nous lisons partout l'agriculture ne changeait pas vraiment:
Aquaponie, robots, permaculture et si même le bio industriel vendu par les supermarchés, venu souvent de pays lointains n'étaient pas un changement effectif et si l'agriculture continuait à détruire la terre et l'homme?

Alors pourquoi l'agriculture ne change pas !



Le bio

L'agriculture aujourd'hui : Les Robots



La Permaculture



Aquaponie



jeudi 7 septembre 2017

23 septembre 2017 - Pourquoi la violence conjugale ?

- À l'époque de la Rome antique, par exemple, un mari avait droit de vie ou de mort sur son épouse, comme sur ses esclaves.
- OK ... Mais c'était il y à 2000 ans et justement en France par exemple il n'y a plus trop d'esclaves !


La violence, ses mécanismes, ses pièges tout est bien décrit dans le document d'étude par Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité d’Ile-de-France .... 
Mais nous au club ce qui nous anime c'est Pourquoi ! Pourquoi cette violence .....
Nous sommes ainsi les seuls parmi les espèces où les mâles tuent les femelles. Ce n’est donc pas une question de bestialité, de nature, et parce que ce n’est qu’une question de pensée, de culture, de construction mentale, nous pouvons penser que la lutte peut changer cet état de fait.


Pourquoi la violence faite aux femmes:


Alors que des hommes cèdent à leurs "pulsions irrépressibles et licites" selon Françoise Héritier, ce sont les femmes qui subissent la honte, la souillure et le déshonneur qui s'étend aux leurs. Quels sont les redoutables mécanismes de la violence faite aux femmes ?


Selon http://www.appel-arlon.net/telech/SSMG_01.pdf

C'est la conjugaison de certains facteurs individuels, familiaux et environnementaux qui augmente le risque d'exposition ou de recours aux violences. Il ne s'agit pas ici d'établir un lien causal direct entre ces facteurs et les violences, mais bien d'éveiller une vigilance lors de l'observation de ces facteurs.
Individuels :

  • Jeune âge (classe d’âge 20 à 25 ans 36)  
  • Consommation abusive d'alcool 
  • Troubles de la personnalité (perversion…) 
  • Grossesse 
  • Faible revenu 


Familiaux, environnementaux :

  • Séparation, conflit conjugal 
  • Chômage, perte d'emploi, échec au travail 
  • Antécédents de violences familiales vécues dans l'enfance 
  • Valeurs sociales propices aux violences 
  • Représentations traditionnelles quant aux rôles des deux sexes

Wikipédia:

Psychologie 

Des agresseurs 

Les recherches sur les profils psychologiques des agresseurs  montrent qu'ils sont associés à une exposition précoce à des modèles comportementaux violents, les agresseurs ayant tendance à reproduire la violence dont ils ont été les victimes ou les témoins entre leurs parents durant l'enfance Ensuite, le profil des agresseurs est associé à des traits de personnalité pathologiques dans les trois clusters . De façon intéressante, également, ces recherches montrent que le profil des femmes qui agressent diffère très peu du profil des hommes agresseurs. Ces résultats remettent en question le « paradigme des genres »  qui suppose une dissymétrie importante entre le profil des agresseurs masculins et le profil des agresseurs féminins.
Au-delà du simple diagnostic, certains traits et caractéristiques psychologiques des partenaires ou de la relation de couple se révèlent être des prédicteurs fiables de violence. Ainsi, des traits tels que la jalousie pathologique , l'absence d'empathie , la difficulté à régulariser l'expression de son agressivité ou un profil d'attachement insécurisant   sont fortement corrélées à une augmentation du risque de violence dans le couple. Il en va de même pour les modèles de communication défectueux entre les partenaires et, de façon plus générale, l'insatisfaction de couple.


Commentaires bien venus 

"Battre la femme était dans le but d'éduquer la femme"


John frappe Mary !

Une approche multifactorielle de la violence conjugaleParSteven Bélanger, psychologue,coordonnateur clinique

"Il est généralement reconnu que des facteurs socio-politiques reliés à la structure patriarcale de la société tels que le système de valeurs sociales et culturelles véhiculées dans les familles, dans les différentes institutions, dans les médias, de même que certaines croyances, préjugés et mythes qui soutiennent un degré appréciable d'acceptation sociale de la violence dans un contexte conjugal, jouent un rôle important dans l'existence et la perpétuation du phénomène de la violence conjugale. Par ailleurs, plusieurs recherches démontrent qu'une proportion considérable d'hommes ayant recours à la violence envers leur conjointe auraient euxmêmes vécu de la violence dans leur famille d'origine. Ils auraient été témoins de violence dans le couple parental ou été eux-mêmes victimes de violence de la part de l'un ou l'autre des parents, parfois des deux. ..."

Pourquoi la violence ?
 




Violences conjugales et attachement

Un commentaire d'un Interne en Psychiatrie 


« Chaque année, 216 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime » (Andro A. et Lesclingand M., Les mutilations sexuelles féminines, in Population & sociétés, n°438, INED, octobre 2007, Chiffres clés 2012, l’égalité entre les femmes et les hommes.)

Le phénomène des violences conjugales, et principalement des violences faites aux femmes, peut être abordé sous de nombreux prismes : social, historique, statistique, législatif, économique, philosophique, pour ne citer que ceux-là. L’objet de cette note sera d’aborder ce phénomène à l’aune d’une conception psychologique des relations humaines, la théorie de l’attachement.

Un phénomène, qu'il soit physique, institutionnel, social… peut être symbolisé comme un symptôme. Un symptôme n’est pas une maladie et ce n’est pas une étiologie. Un symptôme c’est la traduction visible, ressentie, d’un dysfonctionnement. Un symptôme peut avoir plusieurs causes. Un exemple concret : une douleur abdominale n’est pas toujours l’expression d’une appendicite. Parfois c’est le signe d’une gastro-entérite, parfois d’un cancer colorectal. Parfois encore, c'est un signe d’angoisse.

Le phénomène des violences conjugales est le symptôme d’un dysfonctionnement au sein d'un système. Ce système c'est le couple. On pourrait exprimer ces violences comme la traduction visible d’une maladie de la relation romantique. Sans que le symptôme, c’est à dire la violence, ne permette de préjuger à première vue de la maladie en cause. Ainsi, il est bon de définir le système dysfonctionnel : qu’est-ce qu’un couple ? Et de définir le symptôme : qu’est-ce que la violence ? Alors seulement, il est possible de réfléchir au chaînon manquant : quel est ce dysfonctionnement, cette maladie, (ou quelles sont-elles ?) qui agite le couple au point de produire le symptôme, le passage à l’acte hétéro-agressif ?


« Couple » peut se définir selon le Littré comme : « Lien pour attacher ensemble deux ou plusieurs choses pareilles » s’il est pris au féminin « une couple » (étymologiquement au féminin). « Un couple », en revanche, se définit comme : « Le mari et la femme, l'amant et l'amante, ou deux personnes vivant ensemble dans des relations d'amitié ou d'intérêt ». La première définition insiste sur l’origine étymologique du mot, comme le lien unissant deux personnes. L’extension s’est faite par métonymie pour désigner les objets de ce lien, ici les amoureux.

Ce qui caractérise le lien du couple est donc une relation « d’amitié ou d’intérêt ». Pour des facilités de démonstrations la relation amicale n’est pas en jeu dans cet exposé. Ceci étant dit, il est bien évident qu’une complicité amicale peut se retrouver au sein d’une relation romantique. Ainsi, on sépare artificiellement la relation amicale et la relation romantique. La relation romantique est donc caractérisé par un lien « d’intérêt ».  Ce terme a priori péjoratif prend pourtant bien tout son sens dans le cas présent : chaque personne au sein d’un couple possède des attentes et des besoins vis à vis de l’autre. Il arrive que ces besoins et ces attentes divergent, et que la communication s’en trouve compliquée, menant au conflit. Ce sera le point d’ancrage de la théorie de l’attachement pour expliquer les dissensions au sein du couple.

Sans se livrer ici à une analyse phénoménologique de la violence, il convient de fixer les termes de violence, d’agressivité et d’agression. « Violence » est définie dans le Littré par « qualité de ce qui agit avec force ». Une définition intéressante revient à Yves Michaud (1978), « il y a violence quand, dans une situation d’interaction, un ou plusieurs acteurs agissent de manière directe ou indirecte, en portant atteinte à un ou plusieurs autres, à des degrés variables, soit dans leur intégrité physique, soit dans leur intégrité morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles ».Cette définition s’attache à la violence dans sa dimension relationnelle et du point de vue de la victime. Il est un point central à dénoter à ce stade : aucune des deux définitions ne s’appuie sur l’intentionnalité du sujet violent. Pour reprendre Sophie Barthélémy, « Lorsque le sujet a du mal à donner du sens à ce qu’il vit, la qualité de la relation à l’autre est touchée. La Violence fondamentale (Bergeret, 1984) peut alors être mise en acte ». La violence fondamentale c’est la force de vie, voire de survie, dans son expression défensive la plus archaïque, la moins sublimée, au décours d’un péril narcissique envahissant. La violence c’est le retour à « lui ou moi » pour l’existence. Cette notion sera reprise en abordant les conflits à l’aune de l’attachement.
« Agressivité » : résulte de la combinaison secondaire entre dynamismes violents normaux et dynamismes érotiques (Morasz, 2002) (comprendre ici : dynamisme de plaisir). On observe parfois une érotisation agressive de la violence fondamentale qui survient en réponse à une faiblesse narcissique préalable et qui entraîne de façon privilégiée le sujet vers des pulsions destructrices (plaisir de et dans la violence); citons les structures perverses, rares au demeurant. Si la violence ne présente aucune intention de nuire, l’agressivité, aux prises avec l’amour et la haine, concerne un objet nettement identifié et s’articule avec un relatif sentiment de satisfaction et parfois de la culpabilité. L’agressivité est donc davantage secondarisée et inscrite dans un certain degré d’intégration de l’ambivalence affective, contrairement à la violence qui est plus une réaction automatique destinée à diminuer une angoisse de destruction par l’autre.

A présent, comment comprendre la survenue d'un mouvement violent au sein du couple, à travers la théorie de l'attachement ?

L'attachement est une théorie des relations interpersonnelles, issue de l'éthologie animale et explorée secondairement dans le champ de la psychologie humaine.
Elle propose une hypothèse biopsychosociale selon laquelle le rôle premier de la figure d'attachement (mère, père, tuteur...) serait d'apaiser le sentiment d'angoisse de l'enfant en le protégeant, permettant ensuite à ce dernier d'explorer son environnement, de manière apaisée.
Ainsi, schématiquement, lorsque le bébé est en danger (menace d'une séparation avec la FA = danger face a d'éventuels prédateurs), la FA va apaiser le bébé (carrying, contact peau a peau, réponses verbales et non verbales). Une fois que le bébé est apaisé il peut retourner explorer son environnement (jouer, se construire...).
Cette étape se fait essentiellement de la naissance à 5 ans. Elle va inscrire dans le cerveau du bébé un modèle d'interaction entre lui et le mode sur des variables que sont : la confiance en l'autre (pour être disponible en cas de besoin) et l'estime de soi (être digne d’être aimé). Ces représentations se fondent donc sur un ensemble d'expériences précoces, interagissant avec un bébé au code génétique unique et donc aux besoins singuliers.

Plus tard, ces représentations conditionnent notre rapport au monde et au aux autres en terme : d'attentes, de besoins, de lecture émotionnelle des situations, de pattern relationnels... C'est à dire qu'elles définissent qui nous sommes dans des aspects très diffus de notre personnalité.

Lorsque la FA s'est montré suffisamment disponible, rassurante, et que le bébé a réussi à se satisfaire en terme affectif et anxiolytique, il est capable de développer un attachement dit "sécure": "les autres sont fiables et je n'ai pas de raison de m'inquiéter car je vaux suffisamment pour intéresser les autres". Cela les rends flexibles dans leurs relations, aptes à entendre leurs besoins, les communiquer tout en s'adaptant aux attentes et besoins de leurs interlocuteurs. Cela représente 40% de la population.

Néanmoins, il arrive que les représentations marquantes soient plus négatives. Des relations difficiles, des événements de vies, un environnement délétère, a cheval sur une susceptibilité génétique, favorisent un attachement dit "insécure".
On retrouve classiquement 2 types d'attachements insécures : les anxieux-ambivalents et les évitants.
Les premiers se caractérisent par des patterns de dépendance affective, de crainte du rejet continue, de quête de proximité émotionnelle. En cas de menace de séparation, ils réagissent en "hyperactivation". C'est à dire qu'il mobilise la FA par des plaintes intenses et répétées. Ils peuvent devenir agressif, s'impatienter, pour obtenir l'attention souhaiter. Pour eux, la confiance en l'autre comme source d'apaisement est démesurée mais la certitude concernant leur disponibilité est altérée. Leur estime d'eux même les amène a douter de leur valeur et donc de leur attrait aux yeux de la FA. Ils sont si préoccupés par leurs besoins qu'ils ne peuvent pas faire de place à ceux de l'autre. Ils représentent 20% de la population.
Le deuxième groupe, les évitants, se présentent comme des personnes indépendantes, limitant l'accès à leurs émotions et le rapprochement trop intime. Ils craignent une perte de leur autonomie s'ils se laissent aller à une relation de dépendance affective.
En cas de menace de séparation avec la figure d'attachement, ils fuient. Ils ont appris que l'autre (le modèle de l'autre) n'est pas fiable. Ils apprennent a ne compter que sur eux. En trompe l'oeil, une bonne estime d'eux même leur permet d'évoluer en cavalier seul, sans chercher de soutien lors des difficultés. En réalité, la crainte de vivre l'abandon est inacceptable et ils inhibent toutes les émotions en lien. Ils négligent leurs besoins et leurs attentes en terme d'attachement et ne peuvent se confronter aux besoins de l'autre dans une relation intime, car cela les amènerait a se mettre en danger. Ils représentent environ 20% de la population.
Une dernière population (1%), représente l'attachement désorganisé. Une forme très insécure d'attachement oscillant entre les deux premières avec une altération massive de l'estime de soi et de la confiance en les autres.

Au sein des relations amoureuses, Mikulincer et Shaver, ont démontré que les comportements d'attachement étaient réactivés. Le partenaire romantique représente une FA de substitution. Ces relations sont l'occasion de revivre les expériences d'attachement précoces et entrainent donc une réactualisation de certaines difficultés antérieures.

Qu'en est-il donc, du lien entre insécurité d'attachement et violences conjugales ?

Une littérature abondante suggère une imputabilité des attachements les plus insécures (notamment désorganisés) dans les violences conjugales.

Une étude s'est intéressée aux "mismatch" des insécurités d'attachement favorisant les violences dans les couples femme anxieuse-ambivalente et homme évitant. Une autre suggère qu'il s'agit d'une inadéquation entre les besoins respectifs de distance et de proximité.

Les attachements désorganisés étant le fruit d'histoires de vie souvent chaotiques, marquées par de la maltraitance (physique, psychologique, sexuelle) ou de la négligence, la tendance à perpétrer des actes violent s'étend au-delà du trouble de l'attachement, et ne sont pas l'objet de cette note. En effet, la co-morbidité commune avec d'autres troubles de la personnalité nécessiterait une lecture approfondie à part entière. Leur importance statistique est néanmoins majeure, et cette population du fait des co-morbidités psychiatriques plus sévères est responsable des passage a l'acte les plus sévères et récurrents.

Ce que l'on va illustrer ici, c'est le basculement dans la violence qui peut survenir en l'absence de pathologie psychiatrie (les troubles de l'attachement étant considérés comme des facteurs de risque mais pas des pathologies, à l'inverse des troubles de la personnalité, plus marqués).

Une vignette clinique illustratrice est celle concernant le couple de l'homme évitant et la femme anxieuse-ambivalente (statistiquement majoritaire). On retrouve régulièrement des récits de femme rapportant une altercation avec leur époux ayant provoqué des passages à l'acte hétéro-agressif de ce dernier. Elles rapportent qu’elles ne comprennent pas, que leur partenaire est d'habitude quelqu'un de calme. L'homme est souvent dans une culpabilité immédiate, mais la scène peut être amenée à se reproduire.

Quelle lecture la théorie de l'attachement nous offre-t-elle ?

Ces situations sont souvent imputables à des conflits interpersonnels qui animent le couple, au sein desquels l'asymétrie entre les besoins (notamment de proximité et de distance) de chaque protagoniste se trouve à son paroxysme.
Alors que l'anxieux-ambivalent dans un sentiment de menace de rupture réelle ou symbolique (rupture réactivant des angoisses très archaïques de perte de protection et de danger de mort)  a appris à hyperactiver sa demande pour parvenir à une proximité rassurante, l'évitant, lui, a besoin de se protéger en éteignant toute information relative à la rupture (et les émotions inhérentes) et à fuir.

Dans une situation d'impasse au sein de la discussion, ces deux besoins, très archaïques, échappent au contrôle méta-cognitif (c'est à dire a la contextualisation de la situation et la relecture des émotions de soi et de l'autre) et entraînent des réactions de survivance. Les mots n'existent plus et les gestes prennent le relais. L'un comme l'autre, peuvent se montrer violent, dans une logique de soulager l'angoisse qui les anime (sous couvert d'un vécu de colère).
On retrouve alors des débordements pulsionnels ayant pour but non pas la violence-plaisir mais la violence-protection.

On perçoit alors qu'il est crucial sur le plan thérapeutique d'apprendre aux membres du couple a revisiter leur représentations, en lien avec le passé, afin de pouvoir modifier leur régulation émotionnelle (hyper-activation vs suppression) et enfin de pouvoir revoir leurs modalités de communications.

En conclusion, la violence est un symptôme au sein d'un système qu'est le couple. Cette violence qui doit toujours alerter, ne doit pas faire oublier l'analyse des mécanismes qui la sous-tendent : Quelle maladie habite le couple ? Ces quelques lignes ont pour but d'attirer l'attention sur une dimension bilatérale, interactionnelle, de la violence conjugale. Elles ne résument pas les violences faites aux femmes au sein du couple; elles tendent à décentrer l'attention de l'agressivité pathologique d'un des membres, vers une vision plus intégrative du contexte relationnel et du rôle de la violence-protection et non de violence-destruction au sens de l'intentionnalité (inconsciente et impulsive).


Lorsque les mots ne suffisent plus

Miga EM, et al. Attach Hum Dev. 2010
Marcus RF. Violence Vict. 2012
Schneider C, et al. J Marital Fam Ther. 2014
West M, et al. Attach Hum Dev. 1999.
McClellan AC, et al. J Nurs Scholarsh. 2000.

Doumas DM, et al. J Interpers Violence. 2008.




jeudi 17 août 2017

Forum Association Noé 2017

Le club discussion n'est pas à proprement parler une association loi 1901.  Mais il sera présent au forum des Associations de Noé le samedi 6 septembre 2017.
Venez nous rencontrer !

mardi 30 mai 2017

17 juin 2017 - Biais cognitifs, peut on les éviter?

Le club de juin est pour nous une nouvelle expérience. Nus allons tous lire le même livre et en débattre.
Le livre qui nous sert de référence au débat. Une version pdf est disponible chez Eyrolles.


En anglais ......


On peut aussi lire et écouter .....



Est il possible de ne plus se tromper. Comment faire pour être sûr de ses choix ?

Le plus souvent nous avons des sentiments, des sensations ou ce que notre auteur appelle des "tunnels cognitifs" qui brouillent notre esprit. C'est tunnels cognitifs sont créés par des biais cognitifs.


   

Les choix sont complexes et déterminés par une multitude de critères qui vont nous pousser à choisir de façon assez vagues par l'utilisation d'heuristiques ?
Une heuristique de jugement désigne une opération mentale, rapide et intuitive. Mais qui va trop vite .....

Alors comment marche la construction de nos opinions?
Si nous avions tous la même logique et les mêmes informations de départ ne devrions nous pas avoir les mêmes opinions?

Quelques biais :

Ad Populum : Tout le monde le pense donc c'est vrai.
Google nous propose les mots les plus tapés à la suite de notre début de recherche

Achetez le, tout le monde l'achète


Le biais de confirmation, également dénommé biais de confirmation d'hypothèse, désigne le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses



D'autre biais :


et des biais il y en plein ...... 

  • Effet d'ambiguïté (en) — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information
  • Ancrage mental — influence laissée par la première impression
  • Préjugé — jugement pré-établi envers une personne ou tout un groupe en raison de son appartenance à une population particulière
  • Biais d'attribution (Attribution causale) — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres
  • Biais d'autocomplaisance — se croire à l'origine de ses réussites mais pas de ses échecs
  • Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement
  • Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs
  • Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité
  • Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu'un événement était prévisible
  • Effet de halo — une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que l'on cherche à confirmer
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive
  • Effet râteau — exagérer la régularité du hasard
  • Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence
  • Erreur fondamentale d'attribution (ou biais d'internalité) — accorder plus d'importance aux facteurs internes à l'orateur (intentions, émotions) qu'à son discours ou à ses actes (faits tangibles). Couramment utilisé pour décrédibiliser les éléments rationnels par des éléments émotionnels, qui sont en pratique souvent imaginés et attribués sans preuve à l'orateur puisque ses émotions internes sont difficilement discernables a priori.
  • Illusion de savoir — dans situation en apparence identique à une situation commune, réagir de manière habituelle, sans éprouver le besoin de rechercher les informations complémentaires qui auraient mis en évidence une différence par rapport à la situation habituelle. Il peut ainsi faire état d'une mauvaise croyance face à la réalité.
  • Effet retour de flamme (en) — croyance initiale renforcée en face de preuves pourtant contradictoires.
Les autres biais ..... https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif#Liste_de_biais_cognitifs

On en parle !

jeudi 4 mai 2017

20 mai 2017- La dualité des sexes devant la loi est-elle une réelle nécessité ?


Pourquoi déclarer son sexe ou son genre ailleurs que dans un cabinet médical ?


Depuis sa naissance, Gaëtan, « affublé » d’un prénom masculin, « car sa mère voulait un garçon », vit « avec un état civil qui n’est pas le sien », quand « le seul objectif juridique et social » de cette procédure est pourtant de « refléter l’identité réelle » d’une personne, avait-il alors regretté.
La « dualité sexuelle, bien que ne faisant pas l’objet d’une définition légale spécifique, fait bien l’objet d’une prise en compte juridique généralisée », avait rétorqué l’avocat général Philippe Ingall-Montagnier, tout en demandant le rejet du pourvoi.
Plusieurs pays dont l’Allemagne (2013), le premier en Europe, l’Australie (2014), ainsi que le Népal ont reconnu un troisième sexe ou genre, encore appelé sexe neutre ou intersexualité.

Avec la déclaration  suivante de la cour de cassation refusant le sexe neutre : "« La dualité des énonciations relatives au sexe dans les actes de l’état civil poursuit un but légitime en ce qu’elle est nécessaire à l’organisation sociale et juridique », ce débat nous semble devoir être relancé. Mais sur une autre piste celle du droit à s'exclure d'une dualité (Male ou femelle) dont le sens peine à être justifié.  En quoi être homme ou femme ou de sexe non déterminé change-t-il notre statu de citoyen ? Vous trouverez l'ensemble de l'acte ici:  https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/premiere_chambre_civile_568/531_4_36665.html

La question du club sera directe : "La dualité des sexes devant la loi est-elle une réelle nécessité ?"



- Une loi qui fait fît de la réalité (le plaignant est réellement de sexe indéterminé) est-elle légitime ?
- La classification légale hommes/femmes peut-elle encore être justifiée n'et-elle pas la marque d'un désir de justifier une structure patriarcale dépassé?

Un excellent article du huffintonpost déclare :
"Cette volonté de lier nos origines à un dimorphisme sexuel organique atteste d'un malaise face aux questions concernant l'altérité. Bien que toute naissance requière à l'évidence le brassage génétique des deux sexes (mâle et femelle), cela veut-il nécessairement dire qu'il n'en existe que deux? La différence sexuelle se fonde sur le principe de fécondité, mais peut-on nier que la procréation ne soit pas le seul mobile de nos relations sexuelles? Je crois qu'il nous faut repenser l'interaction compliquée du sexe et du genre par rapport à l'intersexualité pour mieux comprendre que lorsque l'on essaye de faire rentrer les êtres dans des moules sexués, certains sont laissés à la marge."


En 2001, la loi relative à la lutte contre les discriminations définit celle-ci comme une distinction à l'encontre d'un individu en fonction d'une liste de 17 critères. Parmi ces critères sont cités l'orientation sexuelle et le sexe.  Dés lors la simple évocation du sexe dans la loi n'est-elle pas illégale ?

Transparent : Une série sur les troubles du genre et des orientations sexuelles

A l'heure ou la loi permet le changement de sexe, ou le genre auto-ressenti, le genre perçu et le sexe sont des notions qui ne sont plus toujours ni accordées ni claires, pourquoi vouloir nous étiqueter ?

La dualité des sexes devant la loi est-elle une réelle nécessité ?