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mercredi 4 décembre 2019

14-12-2019 NO-KIDS - Peut-on encore avoir un enfant?


Alors que la natalité en France baisse régulièrement, un mouvement ose déclarer : "nous  ne voulons pas d'enfants" ou même de dire "nous n'aurions pas dût avoir d'enfants", pour ceux qui ont connu "l'erreur" d'en faire.
Taux de natalité en France

Le tabou du "je ne veux pas d'enfant" est de plus en plus ébranlé et mouvement no-kids est présent dans les média. En France le livre No-Kids de Corine Maier, est l'objet à la fois un objet de cynisme et d'humour amis et un message représentatif d'une pensée qui existe chez les jeunes.


Les raisons ne manquent pas. Elles sont par exemple économiques, écologiques, sociétales, simplement égoïste ou encore pratique.  Pourtant un enfant représente la vie, l'espoir, la jeunesse. Ceux qui en ont, n'envisagent pas la vie sans eux et ne vivent que pour partager avec eux. 

Le mouvement n'est pas que franco-français, aux états-unis les "Childfree" énoncent le même message. Pour réduire  notre emprunte écologique, moins voir plus d'enfant est la solution.


Alors doit-on ou pas faire des enfants ? Les no-kids ont-ils raison? Les Childfree ne sont-ils pas trop radicaux?

les personnes en âge de procréer décidant volontairement de ne pas le faire restent minoritaires. Selon les dernières estimations de l’Ined, 6,3 % d’hommes et 4,3 % de femmes nés en 1968 sont dans ce cas. Pour Anne Gotman, directrice de recherche émérite au CNRS, le phénomène reste à la marge. « En revanche, ce qui est nouveau, c’est que ce comportement individuel s’est peu à peu constitué en cause, explique-t-elle. Il rejoint ce mouvement général de revendications identitaires où toute différence est bonne à défendre. »

Le mouvement a aussi ses radicaux absolus : Le collectif VHEMT (Voluntary Human Extinction Movement) et sa version francophone - le Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité. Ils sont clair, leur but est  la disparition d’homo sapiens. Ainsi peut-être que la planète aura une chance.   

Philo Magazine 27 - MARS 2009

Mais la question n'est-elle pas alors pourquoi fait-on des enfants? Philosophie magazine nous questionne: " C’est l’un des actes les plus importants d’une vie. Il n’en est aucun dont les conséquences soient à la fois aussi durables et aussi imprévisibles. Et pourtant, on ne se pose presque jamais la question : pourquoi fait-on des enfants ? Pour ceux qui n’en ont pas encore, le choix peut sembler vertigineux. Pour ceux qui sont devenus parents, si on les interroge sur leurs motivations, la première réaction risque d’être… la perplexité. Le plus souvent d’ailleurs, il n’y a pas une raison isolée qui domine. C’est un écheveau complexe de désirs personnels, d’histoires familiales, de déterminismes, de hasards qui conduit à la naissance d’un bébé. ..." .

Élisabeth Badinter
Pour Élisabeth Badinter il y aurait trois raisons : la pression familiale, l’enfant qui devrait être une source d’amour et de bonheur supplémentaires et ce qu’elle nomme « le fantasme éducatif » qui ferait des futurs parents « fantasmés » de meilleurs parents que ceux qu’ils ont eu.
Mais, ne démolie-t-elle pas elle même ces arguments.  La pression familiale disparaissant avec l’éclatement de la cellule familiale, l’amour apporté à l’enfant devenant dette. Les enfants déclarant alors « Je n’ai pas demandé à naître. » ce qui selon elle signifierait : « C’est toi qui m’as voulu. Tu me dois tout. ». Elle déclare au final que : « Contrairement à ce que dit le discours traditionnel sur les enfants qui renforcent le couple, c’est en réalité une vraie épreuve. ». Le troisième argument donné comme un fantasme tombe alors de lui-même devant la réalité.

Hannah Arendt
Pour Hannah Arendt, la reproduction n’est qu’un acte permettant d’échapper à la finitude par l’espoir (toujours déçu) de la création d’un mini-moi. Ce clone espéré ayant pour objectif de vie le remplacement du parent lui, désespéré dans sa finitude.




Bernard Stiegler


Bernard Stiegler, comme souvent nous présente une pensée puissante et singulière: « L’enfant nous protège … de l’infantilisation. ». Il nous transforme en être responsable, en adulte. Le risque est-il alors que dans une société sans enfants, nous devenions tous des enfants ?

Michel Eltchaninoff 
Michel Eltchaninoff en accord avec Élisabeth Badinter pense que nous avons des enfants par devoir social. Il nous rappelle ensuite que  les Mbaya-Guaicuru, dont descendent les Caduveo du Brésil écœurés par la gymnastique que demande l’acte de procréation n’en avaient point et se « reproduisaient »  en volant des enfants dans les tribus voisines. Mais il ouvre une nouvelle voie en parlant de don. La dette de ceux qui ont reçu la vie, les parents, se payerait en donnant la vie à son tour.  De plus le mini-moi raté aurait l’avantage de me permettre de me dépasser puisque étant moi et différent, il m’entraine vers un nouveau moi. L’enfant serait-il un outil de transcendance ?

Guillaume Le Blanc
Guillaume Le Blanc, le rejoint-il quand il déclare qu’être parent c’est renoncé à son intimité et à sa sérénité ? L’enfant serait garant d’une obligation à une nouvelle implication dans le monde : « Les enfants nous apprennent que la multitude est partout, entre nous comme hors de nous : « c’est une expérience d’affinité élective créatrice de mondes. ». En philosophe méthodique, Guillaume Le Blanc s’interroge sur l’expression « avoir un enfant ». Il la juge « impropre » : « Elle [l’expression] suppose une relation de possesseur à possédé, alors qu’il s’agit d’une sollicitude mutuelle. Cette dernière est incarnée dans le joyeux bazar des corps (rires, pleurs, gestes de fureur et de tendresse). Être parent, c’est alors accepter d’être dépendant de “ses” enfants. »

En conclusion de ce résumé du dossier de PhiloMag, nous citerons Martin Legros (Redac Chef) qui nous rappelle que si à la fin des contes français  « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. », les mêmes, si ils sont d'ailleurs en Europe  « … vécurent heureux jusqu’à la mort. » (quid des gosses?) et de finir ce dossier en déclarant que : « la vie n’est pas un conte de fées. »

A lire (trop) rapidement ce dossier .... les raisons d'avoir un enfants me semblent donc plutôt floues, alors que les raisons de ne plus en avoir sont claires et pragmatiques (même mesurables d'un point de vue de l'impact écologique). Alors vient la question :  

Peut-on encore avoir un enfant? 


Pour en parler avec Nous. : N. B. jeune agrégé d'économie de 30 ans viendra nous expliquer sa position et les raisons de son désir de ne pas avoir d'enfant.

Vidéos :
Des enfants ? Surtout pas ! – Un couple témoigne de son refus de procréer


De Chid less à Chlid free


 Ne pas vouloir d'enfant

A écouter :
https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-par-guillaume-erner-du-jeudi-28-fevrier-2019


A lire
   sur le web :
« Childfree » : faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ?

   Livres :
No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d'enfant de Corinne Maier 

Le choix d'une vie sans enfant de Charlotte Debest

L'art de guillotiner les procréateurs : Manifeste anti-nataliste Broché – 15 avril 2006
de Théophile de Giraud 

Pas d'enfants, ça se défend ! Broché – 24 février 2011



Récré Philo - 12-12 -2019 - Faut-il absolument des règles pour vivre ensemble?


La question choisie par les élèves de CM1 et CM2  de Noé est pour le mois de décembre la question des règles et du "vivre ensemble". Il nous faudra sans doute nous dire ce que nous entendons par "Vivre Ensemble", puis sur ce qu'est une "règle", peut être même nous interrogerons nous sur la notion de nécessité et enfin sur ce mot d' "absolument".

Faut-il absolument des règles pour « vivre ensemble » ?

 Vaste programme.




lundi 14 octobre 2019

16 - Novembre - L'homme est-il buggé?

Nous voila déjà à paler de la session de novembre. En effet pour cette session nous allons travailler autour d'un livre "Le bug humain". Afin de permettre aux futurs participants d'avoir lu le livre et à la médiathèque de gérer le roulement nous vous informons des aujourd'hui de la séance de novembre 2019. Il n'y aura pas de réunion en septembre et je reviendrai vers vous pour celle d'octobre.



Le livre dont on parle Il y a 200 000 ans, depuis l'Afrique, l'humanité partait à la conquête du monde. Elle détenait une arme secrète son cerveau. Une machine à penser, à tirer parti de son environnement, à se reproduire et à dominer. Longtemps notre meilleur allié, notre cerveau risque aujourd'hui de causer notre perte. Car il existe un défaut de conception, un véritable bug, au coeur de cet organe extraordinaire : les neurones en charge d'assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir.
Ainsi, nous sommes 8 milliards d'êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. Pour ce faire, notre espèce hyperconsommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ? Oui, à condition d'analyser en chacun de nous et non plus seulement à l'échelon économique et politique ce mécanisme infernal qui pousse notre cerveau à en demander toujours plus.

La parution du livre "Le bug humain", pose un problème qui pourrait se résumer ainsi : Le cerveau de l'homme après lui avoir permis de survivre ne va-y-il pas le condamner ?

Poussé par les neurones de mon striatum, vais-je participer à la destruction de la planète ?

Comment faire pour évier cela !

Le livre est disponible à la médiathèque de Noé, il sera disponible en priorité jusqu'au 16 novembre 2019 pour ceux qui voudrons participer au débat du 16 novembre 2019 et je remercie à ceux qui vont l'emprunter de le lire rapidement.

dimanche 13 octobre 2019

Récré Philo - 14-11-2019- Et si on pouvait devenir un animal ?


Nous proposons une expérience de pensée. Et si on pouvait devenir un animal ?


Qu’apprendrait-on ?  Est-ce souhaitable ? Quel animal et pourquoi ? Ne plus être un homme mais un animal ? c'est perdre quoi ? C'est gagner quoi ?



Etre une chêvre : https://www.lexpress.fr/insolite/video-insolite-un-anglais-se-transforme-en-chevre_1719635.html


Deux mots sur la séance de thérianthropie
C'est au milieu des animaux d'une exposition "La faune des Pyrénées" qui présente des animaux photographiés, empaillés et des éléments de nature que nous avons créé le cercle. Au son du tambour, les enfants ont été invités à une expérience de pensée pendant laquelle les yeux fermés, je les ai guidés dans une transformation imaginée en animal de leur choix. Il y avait 14 enfants et deux n'ont pas voulu effectuer l'expérience. Trois adultes étaient présent pour écouter le débat.
Il y a eu des loups, des tigres, un chat, un cerf, un serpent, et un lion. Le cerf a senti ses bois, le tigre sa force, son pelage et son museau, le loup a senti des odeurs de sous-bois .... Le tigre avait aussi faim de gazelles ... 
La comparaison homme animal a ouvert le débat sur la question de l'apprentissage, de la construction d'une histoire (création des armes, d'un système éducatif et de produit technologique) et pour finir sur la question de la place de l'homme dans la nature et de celle l'animal dans le monde des hommes (un chat domestique est-il encore un chat?).  
A la question qu'y a-t-il de bien à être un animal? La réponse unanime a été : "Ils n'ont pas école!". Le corps de l'homme a bien été perçu comme un animal désarmé, mais l'avantage d'être un homme dans une société et un enfant à l'école de Noé ce jeudi a été qu'il n'avait pas à chasser pour se nourrir. Comme il était l'heure du repas mes petits d'homme ont été rapidement guidés vers la cantine.

lundi 7 octobre 2019

19 OCTOBRE - PMA pour toutes - Rupture anthropologique majeure ? Allons nous vers une nouvelle humanité?

L'autorisation de la Procréation Médicalement Assisté pour toutes est maintenant un fait en France.   L’Académie de médecine, ce samedi 21 septembre, avait pourtant émis des “réserves” sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.  Le rapport affirme que “la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant”.


La position du gouvernement pose question. En effet, si le gouvernement reconnait à l'Académie de médecine l'expertise sur les sujets médicaux, le gouvernement rajoute que “les études ne sont pas inquiétantes” et que cette autorité n’est pas attendue sur des avis sociétaux.  L'Académie aurait donc raison sur les risques du développement psychologique de l'enfant, (La psychiatrie fait à ce jour partie de la médecine) mais ces troubles à venir ne seraient qu'un fait de société.   

Nicole Belloubet, la ministre de la Justice déclare : « Sur l’acte de naissance apparaîtra "mère et mère" quand nous avons des enfants qui sont issus d’une PMA pour un couple de femmes, a déclaré Nicole Belloubet sur BFMTV. La réalité c’est celle-là : cet enfant a deux mères, et bien il aura deux mères à l’état civil. »

L'acte de naissance de l'enfant portera donc le nom de deux femmes et aucune indication du père. Réalité, fait alternatif ?

L'être humain comme le Sphinx à les pieds d'un animal, objet de nature et une tête d'homme, l'objet de culture par essence. Somme nous en train de perdre nos pattes d'animaux, de quitter pour toujours notre nature d'objet intermédiaire. L'homme ne serait plus de la même manière en lien avec la nature. Sa nature jusqu'ici est d'être procréer par un homme et une femme. Si nous cassons officiellement le lien entre parents génétiques et parents éducationnels et légaux , le petit d'être humain sera t il encore un Homo sapiens ou devient-il autre chose? un petit d'Homo Deus?
Un Homo Deus qui déciderai la vie et créerait de nouvelles règles d'apparition de la vie. Ces règles peuvent-elles encore faire réalité.    


Les femmes qui pratiqueront la PMA, vont elles vers une nouvelle humanité?
  
Notre débat ne sera pas tant de savoir si la P.M.A. pour toutes est une bonne ou une mauvaise chose mais d'en mesurer l'impact sociétal, anthropologique et philosophique. 

L'académie de Médecine a-t-elle tord? Cette nouvelle capacité légale n'est elle que mineure? La psychiatrie n'est-elle finalement pas de la médecine? Le gouvernement succombe-t-il à des pressions sociales qui vont jusqu'à le positionner dans une posture nian la réalité? L'être humain est-il par essence un être en évolution qui va vers moins de nature et plus de culture?   

Des vidéos

Quelques sites
https://www.philomag.com/lactu/breves/pma-un-panorama-des-positions-philosophiques-39312
https://www.lepoint.fr/debats/pma-pour-toutes-l-enfant-est-devenu-un-objet-de-consommation-12-06-2019-2318587_2.php
https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-emission-du-mardi-24-septembre-2019
https://actu.orange.fr/societe/videos/pma-pour-ou-contre-duel-de-philosophes-entre-raphael-enthoven-et-pierre-le-coz-CNT000001jR7if.html

A lire
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tracts/L-Homme-desincarne
https://www.philomag.com/le-corps-des-femmes-la-bataille-de-lintime-36469

dimanche 6 octobre 2019

Récré-Philo - 10 /10/2019 - La liberté

Toujours à la Médiathèque, Avec quelques élèves de CM1 et CM2 de l'école de Noé, nous nous interrogerons sur la liberté.
Après une lecture de la chèvre de Monsieur Seguin. Qu'est ce que la Liberté?

samedi 22 juin 2019

Samedi 27 juin 2019 - L'humiliation est-elle de plus en plus présente?

Selon Wiki : "Une humiliation est un rabaissement conduisant à une mortification, un état d'impuissance ou soumission. "

Etre humilié cela signifie donner à montrer en public un décalage entre ce que nous prétendons être et ce que nous sommes vraiment. Dans toute humiliation il y a une révélation pour soi et pour autrui. Pour soi parce que l'on comprend que les autres vous ont mis à nu et pour autrui car il comprend que vous ne valez pas ce que vous prétendiez.

C'est la raison pour laquelle l'humilié ressent de la honte : se voyant impuissant il veut disparaître, il veut mourir au monde et à lui-même et l'exposition publique lui est insupportable car elle le rappelle constamment à lui-même.
Etre humilié cela signifie donner à montrer en public un décalage entre ce que nous prétendons être et ce que nous sommes vraiment. Dans toute humiliation il y a une révélation pour soi et pour autrui. Pour soi parce que l'on comprend que les autres vous ont mis à nu et pour autrui car il comprend que vous ne valez pas ce que vous prétendiez.
C'est la raison pour laquelle l'humilié ressent de la honte : se voyant impuissant il veut disparaître, il veut mourir au monde et à lui-même et l'exposition publique lui est insupportable car elle le rappelle constamment à lui-même.
Autrement dit un truc super pratique, faire "péter les galons" et mettre une fin de non recevoir à toutes contestation. L'humilié ayant deux choix soit la fuite soit la souffrance de ne plus exister.



Olivier Abel déclare :
"Nos sociétés sont très focalisées sur l’injustice, et probablement pas assez sur les humiliations qui touchent à l’estime et au respect que les gens peuvent avoir de leur propre dignité. C’est pourquoi il peut être bon de repartir de la diversité des sentiments d’indignation. Nous réduisons d’ailleurs particulièrement l’injustice à une non-égalité dans les poids et mesures économiques et financières. C’est certainement capital, mais il manque alors une réflexion sur la violence, sur la spécificité de la domination. Lorsque quelqu’un utilise son pouvoir sans laisser à l’autre la possibilité d’un contre-pouvoir, il y a violence, dit Paul Ricœur, et c’est une forme d’humiliation. Il faut toujours laisser à l’autre « un petit couteau ». Il manque aussi dans nos réflexions sur la justice la dimension de l’aliénation, sur laquelle un certain socialisme critique (et parfois marxiste) avait beaucoup insisté. Cette notion venait de Rousseau, avec le sentiment que les gens peuvent être dépossédés de leur propre désir, de leur propre estime et évaluation de ce qui est bon, de leur confiance en soi —pour reprendre le titre d’un magnifique texte de ce fondateur d’une philosophie américaine radicale, aujourd’hui trop oublié, Emerson."
Femmes tondues à la Libération

L'humiliation est-elle de plus en plus présente dans nos sociétés? et quel moyens avons nous d'y répondre de ne pas se sentir humilié, pourquoi sommes nous aussi sensible à l'humiliation? Doit on être humble pour ne pas être humilié? L'humiliation est-elle une maladie contagieuse?

Qu’est-ce qui est le plus humiliant : être battu en public ou isolé pendant dix ans, soustrait aux regards. Nos formes de châtiment sont des concentrés anthropologiques, et donc aussi théologiques, auxquels nous devons être attentifs



L'humiliation est un moteur de haine et de vengeance.  Les Allemands ont été humiliés par le traité de Versailles en 1918 et le ressentiment était tellement puissant qu'Hitler a pu en partie prendre le pouvoir en s'appuyant sur l'humiliation que leur faisait subir le "diktat" du traité de Versailles. Il semble donc qu'il n'est pas d'humilier qui que ce soit.
Pourtant c'est un phénomène très répandu  et une méthode de management?


Un patron chinois donne une fessé en public à ses salariés.


Et bien sûr comment ne pas penser à France Télécom



Daniel Doublet n’a pas craqué, n’est pas parti, n’est pas tombé malade. "Je n’ai pas fait de dépression caractérisée. Mais j’ai été meurtri, humilié. Jusqu’à 55 ans, mes appréciations étaient bonnes. J’avais une relation de confiance avec ma hiérarchie. C’était des gens honnêtes, remplacés par des gens malhonnêtes." ICI
L’analyse présentée ici fait apparaître l’humiliation, donc la souffrance, comme la nouvelle figure de la condition humaine dans nos sociétés technologiques et nos économies mondialisées. Dans cette perspective, la jouissance ou le plaisir pourraient naître du privilège psychologique exorbitant de l’exercice de la puissance et de la cruauté.
Les sociétés contemporaines de consommation décuplent et intensifient ainsi l’insécurité psychique, la précarité, la dépendance qui font naître un sentiment de dévalorisation, d’infériorisation, d’humiliation, tenant au fait d’avoir à demander – réclamer – des choses qui constituent des besoins psychiques et font partie de droits fondamentaux. On comprend alors que, dans les sociétés contemporaines, la dignité, le respect, la considération, la reconnaissance, qui ont structuré notre sensibilité politique démocratique égalitaire depuis le xviiie siècle, suscitent aujourd’hui un intérêt grandissant. Le manque de respect, de considération, le déni de reconnaissance, peuvent dès lors constituer un champ de réflexions cruciales : la question de l’humiliation se pose à nouveau de façon aiguë dans les formes d’individualisme contemporain.
Ces nouvelles formes d’humiliation – éprouvées par soi, infligées à l’autre – sont souvent diffuses, insidieuses, imperceptibles, sans auteurs repérables : elles sont extraordinairement difficiles à observer et à qualifier, plus encore à codifier et à sanctionner, voire à légiférer. Ces humiliations invitent à soulever des questions qui sont aux fondements des sciences sociales. L’humiliation dans les sociétés contemporaines naît de la valorisation de types d’économie psychique qui provoquent l’abandon, l’oubli des gens qui ne peuvent que difficilement – voire en aucune manière – s’adapter aux exigences du système. Chaque individu y est en effet tenu de se faire valoir, de se promouvoir contre toutes les autres formes de relation, de privilégier les interactions concurrentielles et compétitives, entraînant une misère sociale et une misère psychique, susceptibles d’affecter le moi : un moi massifié, de plus en plus isolé, un moi tout à la fois privé de repères, de contacts et, cependant, dépendant et perdu ; un moi impuissant, profondément désorienté, et, en cela, dans l’incapacité psychique de s’associer à d’autres.
: la suite ICI

Le livre : Humiliation

Auteur Wayne Koestenbaum
Éditeur Climats
Pages: 227
Prix : 19,00 €

Une pensée:
« Cela a toujours été un mystère pour moi ; comment des hommes peuvent-ils se sentir honorés de l’humiliation de leurs semblables ? »
-Mahatma Gandhi-

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