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lundi 29 janvier 2024

Le travail - Lycée - 30/01/2024

 



 "Choisis un métier qui te plaît, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie", nous dit Confucius.
Mais quelle sont les conditions pour qu'un travail nous plaise ?




Le travail : 

Le travail est une activité consciente et la plupart du temps volontaire, sauf dans le cas de l’esclavage. L’histoire de cette notion connaît trois étapes : originellement perçu comme un châtiment divin (Adam, expulsé du paradis, est condamné à travailler), le mot aurait pour origine le latin tripalium, outil qui, d’abord utilisé pour ferrer les chevaux, désigne, par extension, un instrument de torture. Cette connotation négative fait que le travail, source de souffrance, s’oppose au jeu. Mais avec la révolution industrielle, le travail a été revalorisé : il permet non seulement la satisfaction des besoins vitaux, l’augmentation de la richesse, et donc l’essor des nations, mais aussi la socialisation et la réalisation de soi, comme le montre Hegel. L’une des causes de cette revalorisation vient du fait que, aidé par le développement de la technique (passage de l’outil, simple prolongement du corps, aux machines), le travail a perdu une grande part de sa pénibilité. Pourtant, comme Marx le met au jour de manière systématique, l’exigence de productivité et de rentabilité propre à la société capitaliste, brise cet élan libérateur : le travail est de plus en plus exploité tandis que la technique, de plus en plus envahissante, aliène l’homme, comme en témoigne aujourd’hui l’usage compulsif du téléphone portable. C’est pourquoi les philosophes, souvent technophobes, privilégient ce que les Grecs appelaient la skole, que l’on traduit par loisir et qui, loin d’être un moment de paresse, constitue un temps propice à la méditation.


Quelques questions et réponses
https://www.kartable.fr/ressources/philosophie/cours/le-travail-10/56213

 
 



samedi 27 janvier 2024

Transformer la nature est-ce gagner en liberté ? Collège Lherm-Casablanca



 

La nature




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Corrigé proposé par Philo-magazine












Introduction

Les êtres humains se caractérisent par l’action de transformation de leur environnement nécessaire à la survie de l’espèce. Grâce au travail et par l’intermédiaire des techniques, ils forcent en quelque sorte la nature à leur fournir ce qu’elle ne leur offre pas d’elle-même. Au cours de l’histoire de l’humanité, l’évolution de l’organisation du travail ainsi que les progrès des techniques ont permis d’améliorer les performances du corps humain et de déléguer à des machines des tâches nécessaires à la vie quotidienne. Les êtres humains dégagent ainsi du temps pour se consacrer à autre chose et développer leurs facultés. Par conséquent, transformer la nature conduit à se libérer d’un certain nombre de contraintes et à cultiver des aptitudes qui séparent toujours plus l’être humain de la simple animalité.

Pour autant, établir une équivalence stricte entre transformation de la nature et libération de l’humanité par elle-même revient à réduire la liberté à une simple augmentation de puissance. Par conséquent, cette vision de la liberté assimile liberté et indépendance, c’est-à-dire l’affranchissement ou réduction des contraintes et des obstacles. Or les artifices humains contribuent à créer d’autres contraintes et d’autres formes de dépendance. À commencer par notre dépendance à la croissance économique, donc au travail et à la technique…

1) Le travail et le développement technique nous rendent “comme maîtres et possesseurs de la nature”

Pour reprendre une célèbre formule de Descartes, grâce à la science et la technique, l’homme devient au fur et à mesure « comme maître et possesseur de la nature ». La technique est donc représentative de la maîtrise que l’être humain acquiert sur les choses. Par le travail, c’est moins l’homme qui est soumis à la nature que l’inverse : la technique libère l’humanité en utilisant les lois de la nature dans le sens de ses intérêts et de ses désirs. L’innovation technique bouleverse ainsi des limites naturelles a priori infranchissables. Par exemple, les technologies de la communication nous affranchissent du temps et de l’espace grâce au transfert instantané de l’information.
La médecine, par l’intermédiaire des greffes, du clonage, de l’assistance à la procréation, repousse les limites de la vie.

2) Mais nos artifices sont également vecteurs de nouvelles formes de dépendance

Les difficultés à enrayer le processus de réchauffement climatique montrent que l’innovation technologique obéit à la logique incontrôlée de la croissance économique. Comme si ce qui est en théorie techniquement faisable devait être obligatoirement rendu possible au nom de la croissance, donc de la consommation. Quitte à créer pour cela des besoins que nous n’avions pas hier. Autrement dit, les innovations en entraînent d’autres sans que nous ayons le pouvoir collectif d’en décider et sans prise en compte de nos besoins réels, des coûts environnementaux, des conséquences éthiques de certaines inventions (clonage, OGM…). De même, nous constatons qu’au lieu de nous libérer du travail, l’incessante amélioration de nos moyens de transformation de la nature induit de nouvelles tâches venant remplacer les anciennes.

3) Pour autant, “transformer la nature” fait partie de… la nature de l’homme

Le constat précédent ne doit toutefois pas conduire à prôner le retour à une sorte de relation originelle à la nature, comme si notre destin était de redevenir des chasseurs-cueilleurs !

Dans n’importe quelle société, la « nature pure » n’existe pas. Toutes les cultures, jusqu’aux plus traditionnelles, opèrent une transformation de la nature. En effet, comme le montre Platon à travers le mythe d’Épiméthée qu’il expose dans le Protagoras, la nature de l’homme est de ne pas en avoir. Être faible et mal armé contre les agressions naturelles, l’être humain a pour obligation de construire les moyens de se défendre et, pour cela, d’opérer une transformation de son environnement.

Par conséquent, pour être libératrice, la transformation de la nature doit moins à viser à s’en affranchir totalement – ce qui est impossible et contre-productif – qu’à rechercher un certain type de rapport avec elle : la relation qui existe, par exemple, entre un artisan et la matière qu’il travaille. Pour vaincre la résistance de la matière, il doit la connaître et en respecter les particularités. Dans la fabrication artisanale, un dialogue s’établit entre l’artisan et la nature : celui-ci la transforme, il en fait en quelque sorte ce qu’il en veut, mais à condition de l’« écouter ».

Conclusion

Afin d’être émancipatrice et épanouissante, il faut que l’activité humaine reste bien une relation – ce qui suppose au moins deux termes – à la nature, c’est-à-dire à une réalité hors de nous-mêmes où les individus n’ont pas vocation, à terme, à ne rencontrer qu’eux-mêmes, comme si la nature avait disparu au profit du seul artifice.

jeudi 25 janvier 2024

Pourquoi la guerre ? - 1 février 2024 - Collège



Dans sa définition légale internationale : La guerre est un phénomène de violence collective organisée qui affecte les relations entre les sociétés humaines ou les relations de pouvoir à l'intérieur des sociétés. Elle est régie par le droit des conflits armés, aussi appelé « droit international humanitaire ».

La guerre en temps qu'elle est dependante de la présence d'une société, est-elle une spécifité de l'espèce humaine ou de la civilisation ?


Philosophoiquement , la définition s'étend. La guerre, dans une perspective philosophique, est un état de conflit armé entre groupes sociaux, nations ou entités, caractérisé par l'usage de la force physique pour résoudre des divergences, protéger des intérêts perçus, ou établir un ordre selon des valeurs particulières. 
Mais attention supprimer les nations et l'état ne permet pas de supprimer la violence, la guerre devient alors familale, tribale ou civile. Une guerre de "tous contre tous" que justement l'établissement d'une justice d'état à pour but d'éviter. 



Hegel attribuait à la guerre la responsabilité de préserver la santé éthique des peuples. Il soutenait que : "La guerre a cette signification supérieure que par elle la santé éthique des peuples est maintenue dans son indifférence face au renforcement des déterminations finies, de même que le mouvement des vents préserve la mer de la pourriture dans laquelle elle serait réduite par une immobilité durable, et de même que les peuples sont préservés d’une paix durable ou même perpétuelle" (Principes de la philosophie du droit, 1821). Cette perspective, en contraste flagrant avec celle de Kant, qui prône la paix perpétuelle, souligne la conviction de Hegel selon laquelle la guerre est une réalité naturelle inévitable. Il considère donc l'idéal pacifiste de Kant comme utopique et abstrait, affirmant que là où il y a de la vie, il y a également du conflit. Pour Hegel, la guerre, sous certains aspects, peut également être bénéfique en favorisant le progrès civil et moral des peuples.

Le premier philosophe à avoir parlé de « guerre juste » fut Aristote dans sa Politique (livre VII, chapitre 14). Pour lui, la guerre doit toujours avoir la paix pour objectif et ne peut jamais être destinée à humilier ou asservir d’autres peuples.

En 1932, Freud et Albert se sont posé la question 





 

jeudi 18 janvier 2024

Collège - 25 - 01-2027 A-t-on besoin de la vérité ?

 



Si le désir d'expliquer, souvent plus fort que le désir de vérité nous pousse à rechercher la paix dans une explication à tout prix, un peu comme une justice qui cherche un coupable, peut se contenter d'un qui ne l'est pas toujours, nous allons pousser la question dans son retranchement et se demander si finalement " Nous avons besoin de vérité".

Pourquoi avons nous besoin de vérité pour ne pas sombrer ?

Expliquer est nécessaire mais expliquer peut il être un moteur pour la vérité ou pour juste une explication. Mieux sychronisé avec le monde. Lucidité. Synchronisé avec le réel.

 


A-t-on besoin de la vérité ? Thomas Lepeltier - Grands Dossiers N° 10 - Mars-avril-mai 2008

Et si la vérité se révélait un concept superflu et faussement profond ? Elle fait partie de notre vocabulaire commun et pourtant il est bien difficile de la définir. Quand on s’y essaie, on aboutit souvent au truisme ou à l’impasse.

Le vrai est souvent défini par la correspondance entre nos représentations et la réalité. Par exemple, je me représente un ordinateur sur lequel j’écris un article, au moment même où j’écris cet article sur un ordinateur : la proposition « Il y a un ordinateur devant moi » est donc vraie au moment où j’écris cet article. Cela dit, le constat de la présence d’un ordinateur devant moi et la conscience d’écrire un article sur un ordinateur sont deux représentations, provenant tout à la fois d’un état mental, d’une vision et d’une sensation tactile. Du coup, il n’est pas garanti qu’il y ait une correspondance entre ces représentations et la réalité, si celle-ci est conçue comme quelque chose d’indépendant de toute représentation : seule est assurée une correspondance entre mes représentations. Ce qui suggère que la vérité n’est peut-être que l’accord de nous-mêmes avec nous-mêmes. Ou, comme le dit le philosophe Richard Rorty, ce serait un compliment que nous accolons à nos énoncés ou à nos théories pour exprimer le fait que nous les approuvons (parce qu’elles sont utiles, parce qu’elles nous paraissent justifiées, etc.).

Les questions pourrait être 

lundi 15 janvier 2024

Manger ? par plaisir ou pour sa santé et pourquoi? Mediathèque 26 janvier 2024


Je suis ce que je mange

Alexandre Lacroix publié le 30 juillet 2012 5 min

Dans ses Méditations, René Descartes proclamait : « Je suis une chose qui pense. » Mais une révolution philosophique a balayé, au XIXe siècle, cette présomptueuse affirmation. « Je suis une chose qui mange », rétorqueraient volontiers les esprits modernes. C’est ainsi que le très épicurien Brillat-Savarin déclare, dans son célèbre traité de gastronomie, La Physiologie du goût (1825) : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Chez le matérialiste Ludwig Feuerbach, rebelote : « L’homme est ce qu’il mange », assène ce féroce adversaire des religions dans ses Manifestes philosophiques (1839-1845). Quant à Friedrich Nietzsche, il enfonce joyeusement le clou quelque temps plus tard : « Il est une question dont le “salut de l’humanité” dépend beaucoup plus que de n’importe quelle subtilité de théologien : c’est la question du régime alimentaire » (Ecce Homo, 1888).

Provocations ? Oui, bien sûr, mais pas seulement. C’est au XIXe siècle en effet qu’est proclamée la mort de Dieu et que l’âme cesse d’être envisagée comme une entité immortelle, distincte du corps et jointe à l’Être suprême. Mais si Dieu n’existe pas et que l’âme est un fantôme, qui suis-je ? Il ne reste à l’homme que son corps. La pensée ne vient plus d’en haut, elle est le produit d’un organe – le cerveau. C’est donc désormais le métabolisme qui donne la clé de notre identité. Un tel renversement métaphysique donne une importance toute nouvelle à l’alimentation. Si je ne suis rien d’autre qu’un amas de matière, alors je dois être attentif aux objets que je fais entrer en moi, à la manière dont je régénère mes tissus, dont je fais varier le cours de mes pensées par l’absorption d’alcool, dont je m’excite par le café, et dont je renouvelle mes forces par les sucres et les viandes. La religion recommandait de prendre soin de sa vie spirituelle, de faire chaque jour son examen de conscience pour veiller à ce que nos pensées ne soient pas mêlées d’impuretés. À l’époque moderne, ce souci se reporte sur la nourriture. Apprendre à manger, c’est modeler son être en profondeur, c’est cultiver son intériorité.

Dans cette aventure existentielle, on avance souvent à tâtons. C’est ainsi que Nietzsche déplore d’avoir mis des années à comprendre les méfaits de la cuisine allemande qui multiplie les hérésies, des « viandes trop bouillies » aux « légumes rendus gras et farineux », des « libations » trop fréquentes aux « entremets qui dégénèrent en pesants presse-papiers »« On comprend, conclut-il, l’origine de l’esprit allemand : il naît de tripes dérangées… L’esprit allemand est une indigestion : il ne peut plus rien ‘assimiler’ » Pour conquérir sa liberté, pour devenir soi-même, il faut apprendre à ne plus congestionner ses intestins. C’est pourquoi l’auteur de Par-delà le Bien et le Mal vante les mérites de l’eau de source, du thé très fort et de la cuisine du Piémont.

 

Puritains des intestins

Mais cet intérêt pour la diététique, qui remonte au XIXe siècle et triomphe encore à l’heure actuelle, surtout en période de régimes prébalnéaires, ne va pas sans écueils. De même que les bigots poussaient trop loin leur examen de conscience et s’accablaient à confesse de péchés imaginaires, de même ceux qui se conforment au diktat de la mode, à l’injonction de rester mince, risquent fort de détruire en eux toute disponibilité pour les plaisirs de bouche. En mourant, Dieu nous a légué le goût de la vie matérielle. Mais il a aussi fait vaciller toute notion de mesure. Dans La Société de consommation, Jean Baudrillard rappelle que les sociétés traditionnelles ont toutes strictement encadré et ritualisé le jeûne. Dans la civilisation catholique, les phases d’ascèse sont précises – jeûne avant la communion, durant l’avent, et carême après le mardi gras. Or, en perdant ces rites, nous n’avons peut-être pas progressé : nous avons en effet libéré la pulsion ascétique, qui s’exprime désormais avec une sorte de fureur désordonnée. « Beaucoup plus que dans l’hygiène, explique Baudrillard, c’est dans l’ascèse des “régimes” alimentaires que se lit la pulsion agressive envers le corps, pulsion “libérée” en même temps que le corps lui-même. »

« Il est une question dont le “salut de l'humanité” dépend beaucoup plus que de n'importe quelle subtilité de théologien: c'est la question du régime alimentaire »

Nietzsche

Il y a longtemps déjà, dans le livre IX de la République, Platon mettait en garde contre deux dangers de la diététique. Il invite d’abord à se méfier de l’excès « athlétique », c’est-à-dire à la préoccupation exagérée pour la forme : à force de vouloir entraîner son corps, le sculpter et en maîtriser la silhouette, on risque d’engourdir son intelligence, de se transformer en brute ou en simple machine. La diététique, rappelle Platon, est une pratique de base, qui vise à assurer la santé physique – elle ne doit en aucun cas devenir le souci cardinal d’une existence. Mais il y a aussi l’excès « valétudinaire » et Platon vise cette fois-ci ceux qui font trop de chichis, cultivent de trop nombreuses phobies et des interdits alimentaires, au point de vivre comme de perpétuels malades. Ces deux tendances se retrouvent largement dans la société contemporaine : d’un côté les adolescentes qui veulent ressembler à des top-modèles, les cadres qui se prennent pour des sportifs de haut niveau et les culturistes amateurs qui se gavent de protéines pour rivaliser avec Monsieur Univers ; de l’autre, la multiplication des allergies et des idéologies alimentaires – du bio au végétalien, des oligo-éléments aux alicaments – qui rend la conception d’un menu aussi savante et dramatique que celle d’une posologie médicale.

 

Paix chez les cannibales

Enfin, une dernière difficulté menace le mangeur contemporain. En effet, s’il fait sienne cette idée chère à Nietzsche que le régime alimentaire sert à styliser sa liberté, ne va-t-il pas se priver des bonheurs de la commensalité ? N’avons-nous pas désappris à manger ensemble ? L’heure est à la multiplication des chapelles gastronomiques et des dogmes nutritionnels. Conséquence : en famille, chacun tend à ingérer dans son coin des préparations adaptées à son âge et à ses préférences. Petits pots bio et purées de fruits pour les nouveau-nés ; pizzas surgelées et tablettes de chocolat pour les adolescents ; viande pour l’homme, salade légère pour la femme, etc.

Les mets des philosophes. Le panier fermier de Rousseau

«Avec du laitage, des oeufs, des herbes, du fromage, du pain bis et du vin passable, on est sûr de bien me régaler» Les Confessions

Ici aussi, les philosophes classiques avancent d’utiles mises en garde, à l’instar d’Emmanuel Kant – oui, même l’austère philosophe de Königsberg – qui explique dans sa Métaphysique des mœurs combien il importe de manger à plusieurs : « Le banquet, invitation expresse à l’intempérance […] comporte pourtant, outre l’agrément purement physique, une fin morale, à savoir : réunir longuement beaucoup d’hommes en vue d’une communication réciproque. » Mais c’est Elias Canetti qui porte à son sommet cet éloge de la réconciliation pulsionnelle que signifie le repas partagé : « Assis côte à côte, écrit-il dans Masse et Puissance, on découvre ses dents, on mange, mais, même à cet instant critique, l’appétit ne vient à personne de dévorer son voisin. On s’en sait gré, et l’on estime aussi le voisin pour sa réserve, qui va de pair avec la sienne propre. »

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Les nourritures. Philosophie du corps politique

Une recension de Catherine Portevin, publié le 15 janvier 2015

Être, c’est être un corps, par quoi j’habite le monde. Et être un corps, c’est, essentiellement, « se nourrir de » – d’air, de lumière, d’aliments, mais aussi de travail, de spectacles, d’amour, de campagne, de ville, de la coprésence d’autres vivants. Vivre, c’est toujours « vivre de », et ce dont nous vivons ne constitue pas un environnement extérieur dont nous exploiterions les « ressources », mais un milieu dans lequel nous sommes immergés qui nous procure des « nourritures ». C’est, selon Corine Pelluchon, ce rapport nourricier au monde, ce « Bien manger », qui fonde les conditions, non seulement biologiques, mais sociales, écologiques et politiques de l’existence. L’entreprise philosophique s’annonce démesurée, qui, à partir d’une originale phénoménologie des nourritures, entend définir un nouveau contrat social et une politique enfin écologique, qui intègre en droit, en éthique et en « ressenti » le souci des autres espèces et celui des générations futures. Corine Pelluchon entend tout avaler : les pathologies alimentaires (anorexie et boulimie), la faim dans le monde, le droit des animaux, le végétarisme, la critique du capitalisme, l’agriculture, le cosmopolitisme, la démocratie délibérative… Le lecteur sera nourri, peut-être jusqu’à la crise de foie.

jeudi 11 janvier 2024

Collège - les animaux peuvent-ils être tristes - 18/11/2024

 


Avant tout faire la différence entre émotion et sentiment ?  La joie, la tristesse, la colère, la peur, ce sont des émotions. 

Les termes "émotion" et "sentiment" sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ils ont des nuances distinctes en psychologie et en philosophie. Une émotion est généralement considérée comme une réaction psychophysiologique à un stimulus externe. C'est une réponse automatique et souvent temporaire à quelque chose que nous percevons dans notre environnement. Les émotions sont souvent associées à des changements physiologiques tels que des battements de cœur rapides, une respiration accélérée, des modifications hormonales, etc. Il existe toute une gamme d'émotions, y compris la joie, la tristesse, la colère, la peur, le dégoût, etc.
Les sentiments, en revanche, sont souvent considérés comme des états affectifs plus durables et complexes. Ils résultent souvent de la manière dont nous interprétons nos émotions, de nos expériences passées et de notre cognition. Les sentiments sont généralement plus liés à la conscience et à la réflexion. Par exemple, l'amour, la haine, la nostalgie, le bonheur durable sont des sentiments.

Emotion et sentiment chez l'animal?

En résumé, une émotion est une réaction immédiate à un stimulus, tandis qu'un sentiment est généralement considéré comme une expérience plus durable et complexe, résultant souvent de l'interprétation cognitive des émotions et d'autres facteurs. Les émotions peuvent être considérées comme des composants des sentiments. Ils correspondent surtout à un processus complexe qui se joue dans le cortex. La matière grise. Cette région du cerveau dans laquelle se jouent des fonctions telles que la mémoire, le raisonnement, le langage ou la conscience. C'est donc à ce niveau que la colère, qui est bien une émotion, si elle est réprimée, peut se transformer en haine, qui est un sentiment.

La liste des émotions principales pourrait être la suivante :Joie, Tristesse, Colère, Peur, Dégoût, Surprise, Déception, Enthousiasme, Amour, Haine, Agacement, Confusion, Méfiance, Anxiété, Excitation, Nostalgie, Fierté, Embarras,Gêne, Mépris...

La liste des sentiments partage avec la précédente pas mal de son vocabulaire : Amour, Haine, Joie prolongéej,Tristesse prolongée, Enthousiasme, Détresse, Satisfaction, Déception, Nostalgie, Peur persistante, Anxiété prolongée, Empathie, Compassion, Fierté, Humilité, Remords, Regret, Reconnaissance, Confiance, Inquiétude persistante...

Nous nous heurtons là à une première difficultés, de quoi parlons nous en parlant de tristesse ?

Et de quel animal parlons nous ? Il me semble qu'un grand singe n'aura pas tout à fait les mêmes émotions et encore plus les mêmes sentiments qu'une huitre.






L'epreuve du silence - Lycée - 18/11/2024


Le silence n'est pas donné. Il faut le faire et que se passe-t-il quand on écoute le silence?
- Faire silence est-il une parole ? au moins faire silence c'est faire quelque chose ! Le silence est une possibilité de la musique et de la parole.  

 « Silence, on tourne », « la loi du silence », « silence, s’il vous plaît », « rompre le silence ». « Le silence est d’or » ou encore « un silence de mort »…, ces deux expressions marquent les extrêmes des deux valences du silence : son côté positif, structurant et son côté néfaste, mortifère. Le silence n’est pas le vide, il est « une forme particulière de langage qui permet d’exprimer des choses inexprimables par les mots » (Lewis, 1977).

Et parlons musique et silence dans la musique

La musique et le silence

Ecouter le silence mais aussi des sons ... Il se passe quoi dans notre cervaux, c'est quoi la différence entre entendre et écouter ? peut-on entendre le silence ? 

Le silence ça se mesure ?  (utilisation d'un sonomètre)

Le silence ça fait peur ou c'est rassurant ? 

Le silence est le sujet dont on ne peut parler sans le rompre. Aporie philosophique, dès que je cite son nom il disparait. 

Nous alons essayer d'écouter (après l'avoir fait) ce si fragile silence et nous aurons ensuite une discussion sur ce qu'il génère en nous, angoisse, sérénité ou ennui o introspection .....

Le silence a-t-il un sens ? 

Enfin après le silence, quand il est rompu, on entend et on peut même écouter, mais alors on entend quoi ? 

Et ca marche comment l'ecoute ?




Faisons un jeu de découverte sonnore.

Niveaux de jeu

Facile
12 questions
Intermédiaire
15 questions
Difficile
15 questions
Expert
9 questions


 Quelques citations : 

“Le silence est la vertu des sots.” Francis Bacon / Apophtegmes
“Il y a des silences qui sont de dangereux explosifs !” Daniel Pennac / Kamo et moi
“Quoi de plus complet que le silence ?” Honoré de Balzac
“Le silence est un aveu.” EuripideDe Euripide
“Le silence est le plus haut degré de la sagesse.” Pindare
“La parole est d'argent, le silence est d'or.” Le Talmud
“Quelle musique, le silence !” Jean Anouilh / Le directeur de l'Opéra
“On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ?” Alfred de Vigny / Cinq-Mars, la fête
“Le silence est l'aboutissement suprême du langage et de la conscience.”J.M.G. Le Clézio
“Le silence est une des formes les plus perfectionnées de l'art de la conversation.” William Hazlitt
“Dans la colère rien ne convient mieux que le silence.” Sappho / Poèmes et fragments
“Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence.” Euripide / Fragments
“C'est le tic-tac d'une pendule qui fait apprécier le silence. Sans ce tic-tac on est un sourd.” Sacha Guitry / Mes médecins
“Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel." Camille Belguise / Echos du silence
“Ce qui se fait de grand se fait dans le silence.” Erik Gustaf Geijer / Le paysan
“Accommodé avec un regard et un sourire appropriés, le silence peut donner d’excellents résultats.” Jean Echenoz / Je m’en vais
“Un silence peut être parfois le plus cruel des mensonges.”  Robert Louis Stevenson / Virginibus Puerisque
“Le silence est la vertu des sots.”  Francis Bacon / Apophtegmes
“Le silence est l'âme des choses.”  Proverbe français
“Le silence est la parure de l'ignorant dans l'assemblée des sages.”  Proverbe sanskrit
“Le silence est l'expression la plus parfaite du mépris.”   George Bernard Shaw
“Le silence est d'or et l'argent est rare !”  Anonyme
“Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.”   Charles Péguy / Notre jeunesse
“Le silence est la plus mélodieuse des musiques.”   Christina Rossetti
“Le silence est plus tapageur que tout.”   Amélie Nothomb / Mercure
“Le silence est le dernier refuge de la liberté.”   Michel Campiche / Du haut de la solitude
“La vie n'est qu'un grand tourbillon avec au centre un noyau de silence.”  Anonyme
“Le silence est la sieste du bruit.”   José Artur
“Ne trouvez-vous pas que le silence est comme un avant-goût du bonheur ?”  Ignazio Silone
“Le silence a parfois la même douceur que l’eau quand elle défatigue.”   Bernard Noël
“La bouche garde le silence Pour écouter parler le coeur.” Alfred de Musset / La Nuit de mai

samedi 6 janvier 2024

Lycée Charles de Gaules - 9/01/2024 - La téléphathie, on essaye ?

La télépathie, on essaye ?





De la difficulté de philosopher en LMDS 

La parole philosophique est une parole qui apparait décorrélée de la « vrai vie » pour les élèves de la classe LMDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire). L’intellectualisation leur semble une activité inutile et le désir d’analyser n’est pas, pour ses jeunes en situation d’échec ou de phobie scolaire, n’est pas prégnant. De plus la situation de questionnement sur ce qui est ressenti et non appris, replace potentiellement les élèves dans un contexte de soin phycologiques particulièrement désagréables qui a tendance à en rendre certains agressifs.

Tentative d’incarner la philosophie

Afin de rendre la philosophie moins artificielle aux yeux des participants, nous avons décidé de faire passer les sujets de réflexion par une expérience réelle préalable. Ainsi après avoir proposé un atelier sur le choix avec un « un choix du type expérience du shamallow, nous allons avoir une réflexion sur les supers pouvoir et paranormal qui sera précédée d’une séance de  tentative de transmission de pensée.  

La télépathie, on essaye ?

La séance se fait avec une personne émettrice qui « envoie » par pensée un des 5 symboles de la liste et des personnes écouteurs qui sélectionne une case dans un fiche réponse.

Le but est de s’interroger à la fois sur les résultats bien sûr, mais surtout sur le fait que nous attendons que cela fonctionne et que pour nous cela fonctionne quand nous sommes dans les deux rôles (puisque nous émettons et nous recevons avec suffisamment de croyance pour cocher les cases). Je n’ai jamais eu un participant me disant je n’ai rien reçu ou rendant feuille ou même ligne blanche … 

Feuille de réponse des écouteurs 

La question devenant alors :  La téléphathie, on essaye ? et on y croit pourquoi ?
As t on une propension à chroire au merveilleux ? Qu'en conclure ?