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vendredi 14 janvier 2022

[Visio] Samedi 22 janvier 2022 - Etre ou Avoir faut-il choisir ?

 Lien de la conférence : https://meet.google.com/evf-rqtt-jah

Sur philomag : 6 Français sur 10 estiment qu’il ne leur manque rien, du moins rien de matériel, pour être heureux. Un signe de sagesse ? Dans le vieux duel qui oppose, depuis l’époque de Socrate, les gourmands idolâtres de l’“avoir” aux explorateurs passionnés de l’“être”, les seconds seraient-ils sur le point de l’emporter ? On peut l’espérer… Mais ce chiffre sorti de notre sondage exclusif nous renseigne aussi sur une mutation plus profonde. Si les héros du roman de Perec, “Les Choses”, incarnaient l’esprit des Trente Glorieuses en cherchant passionnément à s’acheter des meubles, aujourd’hui c’est moins la possession de biens manufacturés que l’accès à des usages passagers et à des expériences uniques qui est vécu comme un idéal, brouillant ainsi les anciennes frontières entre “être” et “avoir”. Serions-nous entrés dans l’âge du faire?

Etre ou Avoir Frédéric Lenoir https://www.dailymotion.com/video/xh0kxp

L’avoir, à lui seul, ne constitue pas tout à fait une raison de vivre – il a quelque chose de décevant. Ici, il ne s’agit même pas de condamner la vanité des biens terrestres en faisant l’éloge de la félicité éternelle – nul besoin de souscrire à la condamnation chrétienne de la richesse matérielle pour remarquer que l’avoir est par nature insatisfaisant. Comme l’a très bien écrit Sartre dans L’Être et le Néant, la propriété a un grand défaut : c’est un idéal, autrement dit une sorte d’illusion, elle ne s’éprouve pas concrètement. Mettons que je m’achète une belle montre. Je suis heureux de la porter à mon poignet le premier jour. Mais au bout d’une semaine, je l’ai oubliée, elle ne rayonne pas en moi, elle ne m’affecte pas. Elle reste comme extérieure à moi, indifférente, morte. Dans la possession d’un objet, il y a une promesse qui sera tôt ou tard déçue : celle d’être intérieurement enrichi par une substance extérieure. « Ainsi, écrit Sartre, le désir d’un objet particulier n’est pas simple désir de cet objet, c’est le désir de s’unir à l’objet par un rapport interne, de manière à constituer avec lui l’union “possédant-possédé”. Le désir d’avoir est au fond réductible au désir d’être par rapport à un certain objet dans une relation d’être. » Cette analyse ne signifie pas qu’un certain confort matériel minimal n’est pas indispensable ni nécessaire à la vie. Mais elle montre assez que la propriété de biens rares et luxueux n’exaucera pas notre souhait d’accéder à une meilleure qualité d’être, elle...

dimanche 2 janvier 2022

Mediathèque de Noé - 15 janvier 2022 - Et si l'assistance pouvait devenir un handicap à la prise d'indépendance

 

"Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrit une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie."  LAO-TSEU.


La question concerne précisément l’assistance aux élèves. Durant une visite dans un collège ou j’ai enseigné il y a quelques années, un professeur me fait la remarque que dans une classe de 4° générale le nombre d’enfants bénéficiant d’un P.A.P. (Plan d'Accompagnement Personnalisé) est supérieur aux nombre d’enfants n’en ayant pas. Plusieurs de ces élèves sont accompagnés d’un A.E.S.H.

Le ministère de l’Éducation Nationale définit ainsi le rôle de ce personnel :

Les Accompagnants d'élèves en Situation de Handicap (AESH) assurent des missions d'aide aux élèves en situation de handicap. Ainsi, sous la responsabilité pédagogique des enseignants, ils ont vocation à favoriser l'autonomie de l'élève, sans se substituer à lui dans la mesure du possible.

Dans quelle mesure "la mesure du possible" est-elle possible et que penser d’une situation où une majorité d’élève est devenue inapte à recevoir un enseignement qui ne lui est pas spécifiquement adapté ou qui se doivent de recevoir l’aide d’un adulte dans la classe pour poursuivre une scolarité dans un établissement général.

Pour les professeurs la difficulté est immense : dans une classe de 30 élèves s’il y a 16 PAP, il conviendra de faite 16 cours différents adaptés à chacun des PAP plus un cours pour les nons-PAPéisés et la même chose pour les exercices et contrôles de connaissance. Il conviendra de préparer et si possible de donner à l’avance un cours complet et un exemplaire des cours à compléter et des exercices à chacun des AESH (jusqu’à 4 dans une classe) de façon qu’ils puissent se préparer à « dans la mesure du possible » favoriser l’autonomie de l’élève.

Des esprits chagrins rappelleraient sans doute que l’autonomie ne signifie pas effectuer de son propre chef des actes que les adultes peuvent considérer comme responsables  mais au contraire le droit de se gouverner par ses propres lois, à l'intérieur d'un État ; ce qui pour bien des élèves peut signifier simplement "faire faire" son travail par L’AESH.

Quant aux professeurs, pour en revenir à eux, ils doivent faire avec des adultes (AESH) qui répétant, expliquant, en surimpression de leur propre parole viennent créer un bruit de fond incessant ne permettant tout simplement pas de faire un cours continue sans demander régulièrement à ces adultes « faisant leur possible » de se taire. 

Les professeurs deviendraient aussi tous progressivement des enseignants spécialisés puisque, la formation initiale de tous les enseignants aux besoins éducatifs particuliers devient obligatoire à raison de 25 heures de formation minimum.

Le cas particulier est donc devenu parfois le cas général au vue de l’augmentation des PAP et du nombre d’élèves bénéficiant d’un AESH.

En cette rentrée 2021, Ref : plus de 400 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire contre 321 500 en 2017, ce qui correspond à une augmentation de 19 % en 5 ans. En 2006, rentrée qui vit l’application de la loi handicap du 11 février 2005, le nombre d’élèves ayant eu une notification d’aide humaine par la CDAPH s’élevait à 26 000, soit 22 % des 118 000 élèves en situation de handicap. Ref : En 2015, 124 800 élèves disposaient d’une notification d’aide humaine et leur proportion s’était accrue pour passer à 45 % des 280 099 élèves en situation de handicap. En 2020, le nombre d’élèves notifiés pour une aide humaine était de 224 237, soit 58 % des 386 500 élèves en situation de handicap.

Effectifs d’élèves en situation en handicap scolarisés en 2018-2019 dansl’Education Nationale

La situation nous interroge. Au-delà des difficultés pour recruter des AESH et des professeurs, des difficultés de chacun de ces métiers et des problématiques de formations il y a une question de fond qui concerne l’augmentation des besoins d’assistance des élèves français.

Notre système fabrique-t-il des handicapés ?

 Nous retrouvons ici la réflexion de Thierry Delcourt, psychiatre à Reims


Quelle est donc, si c'est le cas, la raison de cette augmentation du nombre des ces élèves handicapés ?

Une meilleure détection, ou au contraire une  politique d'assistanat qui est le modèle courant et qui deviendrait en tant que modèle, responsable de l'augmentation du nombre d' elèves assistés ou ayant un enseignement individualisé ?  Assister les enfants en fait-il des assistés pour toujours ?

Ces question sont à placer en face de la volonté d'intégrer tous les enfants en millieux ordinaire.



Quelques articles

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims/entretien-enfants-hyperactifs-autistes-toute-difference-devient-pathologique-regrette-un-pedopsychiatre-remois-2067151.html

https://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2001-2-page-19.htm

https://www.cairn.info/revue-agora-debats-jeunesses-2007-1-page-100.htm#pa7

https://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2008-4-page-477.htm

https://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2008-4-page-477.htm

https://www.lassmat.fr/actualites/nouvelles-professionnelles/trop-chercher-aider-les-enfants-freine-leur-developpement


mercredi 1 décembre 2021

[Lycée français Casablanca] Classe de CE1 - Amour Amitié qu'elle est la différence ? 02/12/21

 






Si l’on définit l’amour, avec Alain Badiou, comme l’expérience d’une altérité et du décentrement qui s’ensuit, d’un « devenir deux », cette définition peut correspondre également à celle de l’amitié. Pourtant, si l’on définit l’amitié comme une relation qui rend meilleur (Aristote) ou qui rend la vie plus douce (Giorgio Agamben), cette définition pourrait aussi s’appliquer à l’amour. Reste la question sexuelle, mais il est des amours platoniques, des amitiés sensuelles ou des « sex friends »… Probablement faut-il chercher une différence dans la manière dont l’amour, même s’il nous rend parfois plus forts, plus vivants ou plus heureux, nous fragilise. L’amour, en effet, peut être l’occasion du réveil de blessures d’enfance : peur de l’abandon, de la perte, de n’être pas assez aimé… En nous attachant à l’être aimé, l’amour risque de faire renaître cette peur « abandonique » de l’enfance que nous avons souvent con­nue et parfois oubliée. Dans ce cas, l’amour – l’amour-passion du moins, que les Grecs appelaient éros et qui se traduit par le manque de l’être aimé, dès que ce dernier n’est pas à nos côtés – ébranlerait notre vie psychique davantage que l’amitié. Et nous pourrions, dans l’amitié, goûter une forme d’amour plus aisément délivrée des souffrances de la dépendance ou de la possessivité, qui expriment fréquemment le retour de cette peur de l’abandon. C’est cette forme d’amour que les Grecs nom­maient philia et qui se traduit, elle aussi, par… amitié. Elle renvoie à la joie d’être avec l’autre (sans en manquer, donc, puisqu’il est avec nous), de se développer à son contact, de vivre une belle histoire avec lui, davantage qu’à l’amour-passion charriant son lot de manque, de désir et de souffrances. 

 

samedi 27 novembre 2021

Médiathèque de Noé - Samedi 18 décembre 2021 - Peut-on appliquer la loi des Hommes aux animaux sauvages?

 





Le club-discussion vous propose un débat en forme de procés. Ce sera celui de l'ourse contre le chasseur. 

De lmanière fictive dans ce tribunal des hommes et des animaux l' Avocat général, Avocat de l'Ourse et Avocat du Chasseur ainsi qu'un Juge et des témoins seront présents ... venez participer au débat et jugez l'ourse et le chasseur. 

Notre histoire est peut-être un conte de Noël, l'ourse et le chasseur.


La situation est ubuesque. L'ourse ne portera pas plainte, elle est morte mais ne doutons pas qu'elle trouvera nombre d'avocats. Son sort de mère protectrice envers un chasseur potentiellement dans l' illégalité de situation nous pousse irrésistiblement à lire cette situation comme une injustice. Pourtant le chasseur aurait eu le droit d'être à cet endroit mais sans son fusil et donc le droit de mourir. Peut-on parler pour ce chasseur de légitime défense ? 


Alors qui avait raison L' Ourse ou le Chasseur ?

Chasseurs et ours calmes (les deux ; les chasseurs et les ours) sont les bienvenus !



QUEL STATUT JURIDIQUE POUR L’ANIMAL SAUVAGE:

Source : https://yvesceysson.com/?p=1126

Le mercredi 28 janvier 2015, les députés français ont adopté en lecture définitive le projet de loi relatif à la modernisation et à la simplification du droit qui donne aux animaux la qualité d’« êtres vivants doués de sensibilité ».

Après son entrée en vigueur, la loi insérera un nouvel article dans le Code civil — l’article 515-14 — rédigé en ces termes : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Donc rien ne change les animaux seront toujours soumis, dans certains cas, au régime des biens immeubles par destination, car les articles 522 et 524 du Code civil ne changent pas .

Enfin, l’animal sauvage ne trouve pas sa place dans notre droit. Il n’existe qu’en tant qu’appartenant à une espèce de la faune sauvage, laquelle est régie par le code de l’environnement à divers titres comme la préservation, la chasse, la pêche et la destruction.

Mais jamais il n’est fait référence à sa nature propre. Une distinction existe avec l’animal domestique, à qui le code attribue dans le même code de l’environnement le caractère de sensibilité. N’est-il pas choquant que notre droit refuse la nature d’« être sensible » à un animal sauvage, alors qu’elle est accordée à un animal de la même espèce, tenu en captivité ?

Nous pouvons prendre l’exemple de tout gibier élevé par l’homme, et protégé à ce titre en tant qu’animal domestique, mais perdant tout caractère d’être sensible dès lors qu’il vit en liberté. Nous pouvons également évoquer le cas des animaux sauvages dont les espèces ne sont classées ni chassables, ni nuisibles, ni protégées, ce qui relègue ces animaux à l’état de « biens qui n’ont pas de maître » (art. 713 du code civil) ou de « choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous » (art. 714). L’animal sauvage est ainsi doté d’un statut « res nullius ».

Leur protection est ainsi mise à mal et ils peuvent être blessés, capturés, maltraités ou mis à mort en toute impunité. C’est pour cela qu’il est indispensable que la nature d’être sensible soit reconnue à l’animal sauvage.

Pour ce faire, l’article 713 du code civil doit être modifié par l’adjonction d’un alinéa, précisant que cet article n’est pas applicable à l’animal sauvage, « être vivant et sensible vivant à l’état de liberté, lequel relève du droit de l’environnement. ». ( proposition de loi du Sénat)

Et en Roumanie

LR&LP : Justement, que préconisez-vous face à la détresse de certains éleveurs ?

On peut être du côté des éleveurs sans être pour la destruction de loups. On peut leur reconnaître un certain droit à l’auto-défense dans des cas très particuliers, mais les tirs systématiques ne sont pas une solution. Ce problème a besoin d’une réponse systémique.

Les préconisations des chercheurs, c’est d’investir massivement dans l’anticipation, y compris dans les Régions françaises où le loup pointe son nez. Face aux informations caricaturales, qui sont propagées aussi bien par des militants « anti » que pro-loups, tous les éleveurs devraient apprendre les bases : qu’est-ce que c’est qu’un loup, comment il vit, fonctionne sa biologie, ce qui peut l’amener à attaquer un troupeau. La suite 

vendredi 26 novembre 2021

26/11/2021 [Par vidéo Lycée international de Casamblaca] Etre tritse ou heureux


Heureux ou malheureux ? ça change quoi ?

 Qu'est-ce que la tristesse ?

Qu'est-ce que la tristesse ?La tristesse est une émotion. C’est plus précisément une des sept émotions universelles de base, tout comme la joie, la colère, la peur, le dégoût, la surprise et le mépris.

Elle peut prendre différentes formes : mélancolie, chagrin, souffrance, rancœur, inquiétude…

Une émotion est une réaction physiologique du corps suite à un stimulus. Son but est de provoquer un mouvement en réponse à un événement. Pour cela, elle génère des sensations physiques, telles que frissons, bouffées de chaleur, accélération des battements du cœur et encore beaucoup d’autres en fonction de l’émotion ressentie… Cela peut durer plus ou moins longtemps selon le stimulus, toutefois l’émotion reste passagère. C’est un changement interne rapide. Sa durée varie entre quelques secondes et quelques minutes (même si des rémanences perdurent parfois plus longtemps).

Beaucoup de facteurs peuvent impacter et exacerber les émotions :

  • la fatigue ;
  • le stress ;
  • les hormones (la période de votre cycle menstruel) ;
  • l'adolescence ;
  • les traumatismmes passés ...;

S’il est difficile de ressentir des émotions désagréables telles que la tristesse, soyez conscient qu’il s’agit d’un passage. Toute émotion est transitoire, si tant est qu’on accepte de la vivre.


Être heureux, c'est quoi ?

Être heureux est un état, c’est durable (contrairement à la joie qui, elle, en tant qu’émotion, est ponctuelle).

Le fait d’être heureux est directement relié au concept du bonheur. L’étymologie des deux mots est d’ailleurs commune. Ils sont dérivés de heur signifiant « avoir la chance de ».

Être heureux est un mode de pensée, un mode de fonctionnement, une façon de voir la vie, un état d’esprit… C’est donc quelque chose de bien plus grand, complet et complexe qu’un ensemble d’émotions agréables.

Dans le livre Sapiens, une brève histoire de l’humanité (que je vous conseille de lire et relire tellement il est riche d’informations), Yuval Noah Harari donne différents points de vue sur le bonheur. 

Le bonheur consiste plutôt à voir la vie dans sa totalité : une vie qui a du sens et qui en vaut la peine.

Voir la vie dans sa totalité… C’est bien là la clé du bonheur, selon moi.

Mais faut-il rechercher le bonheur pour être heureux ? Non, pas à mon sens, car le bonheur se trouve quand on arrête de le chercher.

Les gens sont libérés de la souffrance non pas quand ils éprouvent tel ou tel plaisir fugitif, mais quand ils comprennent l’impermanence de leurs sensations et cessent de courir après.

Bouddha recommandait de cesser de poursuivre les objectifs extérieurs, mais aussi les sentiments intérieurs pour trouver le bonheur.

Selon Henry David Thoreau, la pire chose qui puisse nous arriver, c'est d'arriver à l'heure de notre mort en ayant découvert que nous n'avons pas vécu. Pour éviter cela, vivons dans l'instant présent, vivons délibérément et existons de toute notre âme, de manière intentionnelle, dans la liberté et la simplicité...

Ainsi, toute attente, que ce soit pour obtenir une chose matérielle, vivre une situation ou ressentir une émotion, va à l’encontre du bonheur. C’est pourquoi nous comprenons de plus en plus que le bonheur est dans le moment présent.


Alors peut-on être triste et heureux en même temps ?

Comme on vient de le voir, être triste et être malheureux sont deux choses bien distinctes (tout comme être joyeux et être heureux).

Pour les premiers (triste et joyeux), ce sont des émotions, donc éphémères. Pour les seconds (malheureux et heureux), ce sont des états, donc durables.


Une multitude d'émotions tout au long de la vie

Nous ressentons une multitude d'émotions toute notre vieUne réflexion d’un collègue qui critique notre façon de faire, sentir une bonne odeur en passant près d’une boulangerie, se cogner le pied contre le coin du lit, le coup de fil d’un ami à qui l’on n’a pas parlé depuis longtemps…

L’être humain vit des stimuli multiples chaque jour. Il est donc amené à ressentir autant d’émotions, agréables ou désagréables, et avec plus ou moins d’intensité. Mais c’est sa façon de voir (consciemment ou non) sa vie dans sa globalité qui le fera se considérer heureux ou malheureux.

C’est en cela que la sagesse d’une personne âgée lui fera prendre conscience qu’elle a eu une vie heureuse, même si elle a été parsemée d’événements tristes et douloureux.


Ne pas s'enfermer dans une émotion

Être heureux ne signifie pas ne pas vivre d’événements nous provoquant une émotion de tristesse (ou toute autre émotion désagréable). C’est le fait de ne pas s’y enfermer et de ne pas la transformer en un état permanent. Car c’est au moment où l’on s’identifie à sa tristesse, où l’on se met dans la tête qu’on est réglé pour toujours vivre des moments douloureux ou désagréables, que la frontière entre l’émotion passagère et l’état durable est franchie.

Alors oui, la tristesse peut emmener progressivement une personne à déprimer et être malheureuse. Mais être heureux et être triste ne sont pas incompatibles. L’un est holistique, l’autre spécifique et temporel.


Tristesse, joie... Le mot de la fin

Si vous ressentez de la tristesse, grand bien vous fasse, écoutez-la et donnez-lui sa place, vous ne serez pas malheureux pour autant. Et si vous ressentez de la joie ? Faites de même, tout comme pour chaque émotion. Comme le disait la maman de Forrest Gump : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Alors certains chocolats ne seront peut-être pas à votre goût, mais saurez-vous quand même apprécier la boîte qui vous a été offerte ?


Quelques Pensées

Aristote

“Le bien humain réside dans une activité de l’âme conforme à la vertu.”

Pour Aristote, philosophe grec de l’Antiquité, le bonheur est le souverain du bien ; le but ultime de toutes nos actions. Pour l’homme, le bonheur repose donc sur la conformité à la raison et à la vertu.

Cependant, la vertu ne suffit pas au bonheur. En effet, Aristote met en avant le fait que l’homme a besoin d’avoir un corps en bonne santé, ainsi que des biens extérieurs.

Epicure

“Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse.”

Epicure, philosophe grec du grand courant de l’épicurisme, distingue les différents plaisirs. Le plaisir qui apporte souffrance et douleur ; et celui qui apporte la paix de l’âme. Pour Epicure, il faut que l’homme sache différencier ces deux plaisirs pour être heureux.

Confucius

“Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.”

Le sage chinois Confucius a lieu aussi apporté sa vision du bonheur. Le confucianisme inspire aujourd’hui bon nombre de livres, blogs sur le développement personnel, la « positive attitude » et la méditation. Il s’agit tout compte fait de savoir apprécier le moment présent, plutôt que de voir le bonheur comme un but à atteindre.

Lao Tseu

“Si vous êtes déprimé, vous vivez dans le passé. Si vous êtes anxieux, vous vivez dans le futur. Si vous êtes en paix avec vous-même, vous vivez dans le présent. »

Considéré comme le père fondateur du taoïsme, ce sage chinois conseille à tout Homme de vivre dans l’instant présent, sans se soucier de ses actes passés, ni de ceux futurs. Il s’agit concrètement de profiter des joies de la vie paisiblement.

Emmanuel Kant

“Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison.”

Emmanuel Kant, philosophe allemand du XVIIIe siècle, assimile la notion de bonheur à la satisfaction complète des besoins et des désirs.

Arthur Schopenhauer

“Le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement s’attendre à un état comparativement moins douloureux.”

Arthur Schopenhauer, philosophe allemand du XVIIIe siècle, refuse l’idée que la satisfaction totale des désirs s’identifie à la plénitude ou à la tranquillité. Pour ce philosophe, la quête du bonheur est donc une perte de temps, puisqu’il s’avère introuvable…

John Stuart Mill

“Les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur ou à produire le contraire du bonheur.”

Philosophe partisan de l’utilitarisme, cet économiste britannique du XIXe siècle assimile l’idée du bonheur à une action utile. Pour lui, l’intérêt premier n’est pas le bonheur de l’individu mais la somme de bonheur totalisé pour le plus grand nombre de personnes. 

Friedrich Nietzsche

“Qu’est-ce que le bonheur ? Le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est en voie d’être surmontée.”

Pour le philosophe allemand du XIXe siècle, la vie ne tend pas au bonheur. En effet, selon lui, la vie est une énergie qui pousse tout être vivant à étendre son pouvoir. Elle est donc à la fois force créatrice et destruction.

lundi 1 novembre 2021

20 novembre 2021 Ciné-Philo Film : La Jetée de Chris Marker Nos souvenir sont-ils constructeurs ou prisons?

 


L'analyse du film : https://www.dvdclassik.com/critique/la-jetee-marker

Un Ciné-Philo. C'est un film, une question, un public et la rencontre des trois dans un débat.

Notre film est  La Jetée de Chris Marker ou l’apocalypse du souvenir.  

Pour ceux qui voudraient voir le film avant notre rencontre du samedi 20/10/21 il est visible à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=fU99W-ZrIHQ 

Il parle de la mémoire. La mémoire est la capacité d'établir une continuité entre mon présent et mon passé : c'est le support de l'identité personnelle, c'est-à-dire de la conscience d'être soi. 

Sans aucun doute mais est on prisonnier de notre mémoire ?   

La jetée 1962
 

La Jetée de Chris Marker est un film français de science-fiction par excellence. un petit garçon assiste à un meurtre depuis la plateforme d'Orly. Cette scène le marque pour toujours ainsi que le regard d'une jeune femme qu'il croise à ce moment là.

Les thèmes du films sont nombreux l'amour, la mémoire,

La mémoire est chez Chris Marker est à la fois un territoire à explorer et un refuge. La mémoire est le départ du présent et définit le futur. Mais elle est le passé ou une image du passé.

Sommes nous construits par nos souvenir ou prisonniers de nos souvenir ?

C'est la question que nous nous poserons samedi 20/11/2021 à 11h après avoir regardé ce film ensemble.


Platon
(v. 428-v. 348 av. J.-C.)
Se souvenir, c’est conserver la trace de sensations imprimées dans la mémoire comme un sceau dans de la cire. Mais se souvenir n’est pas suffisant pour connaître : la connaissance est un « ressouvenir », « une réminiscence des réalités jadis contemplées par notre âme », puis oubliées lorsque l’âme s’est incarnée dans un corps, explique Platon dans le Phédon. Connaître, c’est donc reconnaître, en explorant notre mémoire.

 

Augustin
(354-430)
La mémoire est le présent du passé, établit saint Augustin dans les Confessions. Par définition, le passé est ce qui n’est plus là. Mais en passant, il laisse des traces dans l’esprit, des souvenirs qui nous permettent de mesurer le passage du temps. « L’immense palais de la mémoire », rempli des images de ce qui n’est plus, est donc notre « trésor » le plus précieux : il permet au passé d’être toujours présent dans notre esprit.

 

Locke
(1632-1704)
Comment savoir si l’on est la même personne qu’hier ? Parce qu’on s’en souvient. La mémoire est la capacité d’établir une continuité entre mon présent et mon passé : c’est le support de l’identité personnelle, c’est-à-dire de la conscience d’être soi. « Aussi loin que cette conscience peut s’étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s’étend l’identité de cette personne », écrit Locke dans l’Essai sur l’entendement humain.

 

Nietzsche
(1844-1900)
La mémoire nuit à notre santé psychique, explique Nietzsche dans la Généalogie de la morale. Parce qu’elle nous tient prisonniers du passé, la mémoire nous empêche de vivre, en alimentant notre mauvaise conscience. Pour digérer notre passé, pour éviter que nos souvenirs ne nous rendent malades, le philosophe préconise « l’oubli actif » : il faut apprendre à « fermer de temps à autre les portes et les fenêtres de la conscience ».

 

Proust
(1871-1922)
Seule la mémoire involontaire, stimulée par la sensibilité, peut ressusciter le passé. Lorsque l’odeur et la saveur d’une madeleine trempée dans du thé font palpiter un souvenir confus, l’effort de remémoration est incapable de ramener à la conscience « l’instant ancien que l’attraction d’un instant identique est venue de si loin solliciter » ; quand l’effort cesse, soudain le souvenir d’enfance reparaît, avec tout un pan du passé.

 

Freud
(1856-1939)
« La conscience naîtrait là où s’arrête la trace mnésique », écrit Freud dans les Essais de psychanalyse. La mémoire est en effet le royaume de l’inconscient : certains de nos souvenirs y sont déformés, d’autres y sont refoulés, mais ils se rappellent à nous notamment dans les rêves. La mémoire abrite donc les souvenirs que notre conscience a oubliés et que l’analyse peut faire remonter à la surface par un travail de remémoration.

 

Ricœur
(1913-2005)
Face à la fièvre commémorative, mais face aussi au risque de l’oubli, comment définir une « politique de la juste mémoire » ? Dans La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, le philosophe explique qu’il n’y a pas de mémoire juste sans histoire, car la mémoire vise la fidélité au vécu, alors que l’histoire vise la vérité du passé. Le travail critique de l’historien est nécessaire pour corriger la mémoire et pour lui donner un sens collectif.

Le film 

la thèse du film pourrait être que la mémoire est un outil de préservation au niveau collectif, puisqu'il permet de sauver l'humanité en contactant le futur. Mais au niveau individuel il est simplement un objet létal.


samedi 25 septembre 2021

23 octobre 2021 - Pouvons nous encore faire peuple ?

 

Pour NKM, le métro parisien est "un lieu de charme" qui a "des moments de grâce"

Encore faudrait-il définir ce qu'est un peuple ?  Le Petit-Robert nous propose deux définitions :

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peuple
nom masculin et adjectif invariable
  1. 1.
    Ensemble d'êtres humains vivant en société, formant une communauté culturelle, et ayant en partie une origine commune.
    Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
    Synonymes :
    nation
    pays
    population
    société
    ethno-
  2. 2.
    Le peuple, un peuple 
    l'ensemble des personnes soumises aux mêmes lois et qui forment une nation.

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De mon point de vue ces deux définitions s'opposent. En effet dans la première l'individu appartient à un peuple par le partage d'une culture et d'origine. Il s'agirait donc de génétique, d'histoire et d'identité culturelle donc de sentiment d'appartenance et dans la seconde la chose n'est que légale. L'individu est alors soumis à un ensemble de lois dans ce qui est une nation.    

La seconde définition a pour elle de ne pas soulever de question philosophique et même en quelque sorte de l'évacuer. Elle est purement géographique, si vous êtes sur un territoire national, alors vous en subissez les lois et faite donc partie du peuple local.

C'est donc d'avantage sur la seconde que nous nos questionnerons et sur les limites qu'entrainent l'existence ces deux définitions.

Peuple : Un vouloir vivre collectif ?

Il reste un troisième sens que nous apporte Wikipédia :

  [Un  peuple est] un « ensemble de personnes qui, n'habitant pas un même territoire mais ayant une même origine ethnique ou une même religion, ont le sentiment d'appartenir à une même communauté »1. Ici, le peuple n'est défini que par une culture, voire une tradition commune. C'est la vision la plus étendue de la notion de peuple.

Cette troisième définition ne nous aide pas non plus, à moins de faire com M. Sarkozy et d'inventer une origine fictive.


"Dès que l'on devient Français, nos ancêtres sont gaulois."

Nicolas Sarkozy résout l'aporie avec la création d'une origine fictive déjà employée dans les manuels de la troisième république. Vérité et peuple sont-ils des concepts incompatibles ?


    "LE PEUPLE" est le premier mot  du préambule de la constitution française. La base de la base comme diraient des jeunes élèves de collège et pourtant on ne peut s'entendre sur une définition : "Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont  ..."



Mirabeau, nous sommes ici par la volonté du peuple ....



Pourtant le mot de peuple est partout ou presque


Il est intéressant de remarquer que le mot "peuple" en tant que tel n'existe pas dans la langue anglaise, espagnole, portugaise, italienne, hébraïque allemande .... ni aucune autre en fait. Il est synonyme de "Gens" pour la plus part des langues. A en croire Google traduction, les deux seules exceptions sont l'arabe et l'espagnol.


Cependant en Espagnol Peuple si dit pueblo qui signifie aussi village et en arabe peuple se dit الشعب ou alshaeb qui signifie aussi les personnes.

A en croire Google Traduction. Le mot peuple est unique uniquement dans la langue française.

Le droit des gens à disposer d'eux-mêmes est-il la même droit que le droits des peuples à disposer d'eux-mêmes ?

Quand au therme Démos qui signifiait en grec ancien le peule ...



Alors c'est quoi ce mot si Français: 

Peuple = classe sociale ? 

Michel Onfray, 2015 « Le peuple c’est ce sur quoi s’exerce le pouvoir, donc le peuple c’est celui qui s’en prend la figure tous les jours, tous les jours, c’est celui qui va au boulot le matin."
Comment résister à s'interroger sur cette définition donnée par M. Onfray. Le peuple d'Israël est il constitué principalement par la population musulmane de Gaza, parce qui si c'est ceux qui en "prennent la figure tous les jours" ....
François Mitterrand, 1974 « Qu’est-ce que vous pouvez dire aux salariés qui vivent avec un Smic et qui ne tient plus comte de la capacité de l’augmentation constante des prix ? Il faut vraiment beaucoup de courage et de sens civique à notre peuple pour garder ce sang-froid, cette sérénité et finalement cette confiance. »


Le peuple c'est quoi ? C'est qui ?
 
Si c'est juste un sentiment d'appartenance, comment en parler pour les autres, le peuple est-il plu que des gens, un village, une commune ?

Le peuple viendrait du partage d'une expérience politique?

Une fois défini nous interrogeront la notion de peuple pour nous poser la question 

Le conseil de discipline


Le peuple un autre Zardoz ?

Ensuite la question : ce peuple, certes indéfini, à qu'elle(s) condition(s) pouvons nous en constituer un ?