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samedi 27 novembre 2021

Médiathèque de Noé - Samedi 18 décembre 2021 - Peut-on appliquer la loi des Hommes aux animaux sauvages?

 



Le club-discussion vous propose un débat en forme de procés. Ce sera celui de l'ourse contre le chasseur. 

Notre histoire est peut-être un conte de Noël, l'ourse et le chasseur.


La situation est ubuesque. L'ourse ne portera pas plainte, elle est morte mais ne doutons pas qu'elle trouvera nombre d'avocats. Son sort de mère protectrice envers un chasseur potentiellement dans l' illégalité de situation nous pousse irrésistiblement à lire cette situation comme une injustice. Pourtant le chasseur aurait eu le droit d'être à cet endroit mais sans son fusil et donc le droit de mourir. Peut-on parler pour ce chasseur de légitime défense ? 


Alors qui avait raison L' Ourse ou le Chasseur ?

Chasseurs et ours calmes (les deux les chasseurs et les ours) sont les bienvenus !



QUEL STATUT JURIDIQUE POUR L’ANIMAL SAUVAGE:

Source : https://yvesceysson.com/?p=1126

Le mercredi 28 janvier 2015, les députés français ont adopté en lecture définitive le projet de loi relatif à la modernisation et à la simplification du droit qui donne aux animaux la qualité d’« êtres vivants doués de sensibilité ».

Après son entrée en vigueur, la loi insérera un nouvel article dans le Code civil — l’article 515-14 — rédigé en ces termes : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Donc rien ne change les animaux seront toujours soumis, dans certains cas, au régime des biens immeubles par destination, car les articles 522 et 524 du Code civil ne changent pas .

Enfin, l’animal sauvage ne trouve pas sa place dans notre droit. Il n’existe qu’en tant qu’appartenant à une espèce de la faune sauvage, laquelle est régie par le code de l’environnement à divers titres comme la préservation, la chasse, la pêche et la destruction.

Mais jamais il n’est fait référence à sa nature propre. Une distinction existe avec l’animal domestique, à qui le code attribue dans le même code de l’environnement le caractère de sensibilité. N’est-il pas choquant que notre droit refuse la nature d’« être sensible » à un animal sauvage, alors qu’elle est accordée à un animal de la même espèce, tenu en captivité ?

Nous pouvons prendre l’exemple de tout gibier élevé par l’homme, et protégé à ce titre en tant qu’animal domestique, mais perdant tout caractère d’être sensible dès lors qu’il vit en liberté. Nous pouvons également évoquer le cas des animaux sauvages dont les espèces ne sont classées ni chassables, ni nuisibles, ni protégées, ce qui relègue ces animaux à l’état de « biens qui n’ont pas de maître » (art. 713 du code civil) ou de « choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous » (art. 714). L’animal sauvage est ainsi doté d’un statut « res nullius ».

Leur protection est ainsi mise à mal et ils peuvent être blessés, capturés, maltraités ou mis à mort en toute impunité. C’est pour cela qu’il est indispensable que la nature d’être sensible soit reconnue à l’animal sauvage.

Pour ce faire, l’article 713 du code civil doit être modifié par l’adjonction d’un alinéa, précisant que cet article n’est pas applicable à l’animal sauvage, « être vivant et sensible vivant à l’état de liberté, lequel relève du droit de l’environnement. ». ( proposition de loi du Sénat)

Et en Roumanie


vendredi 26 novembre 2021

26/11/2021 [Par vidéo Lycée international de Casamblaca] Etre tritse ou heureux


Heureux ou malheureux ? ça change quoi ?

 Qu'est-ce que la tristesse ?

Qu'est-ce que la tristesse ?La tristesse est une émotion. C’est plus précisément une des sept émotions universelles de base, tout comme la joie, la colère, la peur, le dégoût, la surprise et le mépris.

Elle peut prendre différentes formes : mélancolie, chagrin, souffrance, rancœur, inquiétude…

Une émotion est une réaction physiologique du corps suite à un stimulus. Son but est de provoquer un mouvement en réponse à un événement. Pour cela, elle génère des sensations physiques, telles que frissons, bouffées de chaleur, accélération des battements du cœur et encore beaucoup d’autres en fonction de l’émotion ressentie… Cela peut durer plus ou moins longtemps selon le stimulus, toutefois l’émotion reste passagère. C’est un changement interne rapide. Sa durée varie entre quelques secondes et quelques minutes (même si des rémanences perdurent parfois plus longtemps).

Beaucoup de facteurs peuvent impacter et exacerber les émotions :

  • la fatigue ;
  • le stress ;
  • les hormones (la période de votre cycle menstruel) ;
  • l'adolescence ;
  • les traumatismmes passés ...;

S’il est difficile de ressentir des émotions désagréables telles que la tristesse, soyez conscient qu’il s’agit d’un passage. Toute émotion est transitoire, si tant est qu’on accepte de la vivre.


Être heureux, c'est quoi ?

Être heureux est un état, c’est durable (contrairement à la joie qui, elle, en tant qu’émotion, est ponctuelle).

Le fait d’être heureux est directement relié au concept du bonheur. L’étymologie des deux mots est d’ailleurs commune. Ils sont dérivés de heur signifiant « avoir la chance de ».

Être heureux est un mode de pensée, un mode de fonctionnement, une façon de voir la vie, un état d’esprit… C’est donc quelque chose de bien plus grand, complet et complexe qu’un ensemble d’émotions agréables.

Dans le livre Sapiens, une brève histoire de l’humanité (que je vous conseille de lire et relire tellement il est riche d’informations), Yuval Noah Harari donne différents points de vue sur le bonheur. 

Le bonheur consiste plutôt à voir la vie dans sa totalité : une vie qui a du sens et qui en vaut la peine.

Voir la vie dans sa totalité… C’est bien là la clé du bonheur, selon moi.

Mais faut-il rechercher le bonheur pour être heureux ? Non, pas à mon sens, car le bonheur se trouve quand on arrête de le chercher.

Les gens sont libérés de la souffrance non pas quand ils éprouvent tel ou tel plaisir fugitif, mais quand ils comprennent l’impermanence de leurs sensations et cessent de courir après.

Bouddha recommandait de cesser de poursuivre les objectifs extérieurs, mais aussi les sentiments intérieurs pour trouver le bonheur.

Selon Henry David Thoreau, la pire chose qui puisse nous arriver, c'est d'arriver à l'heure de notre mort en ayant découvert que nous n'avons pas vécu. Pour éviter cela, vivons dans l'instant présent, vivons délibérément et existons de toute notre âme, de manière intentionnelle, dans la liberté et la simplicité...

Ainsi, toute attente, que ce soit pour obtenir une chose matérielle, vivre une situation ou ressentir une émotion, va à l’encontre du bonheur. C’est pourquoi nous comprenons de plus en plus que le bonheur est dans le moment présent.


Alors peut-on être triste et heureux en même temps ?

Comme on vient de le voir, être triste et être malheureux sont deux choses bien distinctes (tout comme être joyeux et être heureux).

Pour les premiers (triste et joyeux), ce sont des émotions, donc éphémères. Pour les seconds (malheureux et heureux), ce sont des états, donc durables.


Une multitude d'émotions tout au long de la vie

Nous ressentons une multitude d'émotions toute notre vieUne réflexion d’un collègue qui critique notre façon de faire, sentir une bonne odeur en passant près d’une boulangerie, se cogner le pied contre le coin du lit, le coup de fil d’un ami à qui l’on n’a pas parlé depuis longtemps…

L’être humain vit des stimuli multiples chaque jour. Il est donc amené à ressentir autant d’émotions, agréables ou désagréables, et avec plus ou moins d’intensité. Mais c’est sa façon de voir (consciemment ou non) sa vie dans sa globalité qui le fera se considérer heureux ou malheureux.

C’est en cela que la sagesse d’une personne âgée lui fera prendre conscience qu’elle a eu une vie heureuse, même si elle a été parsemée d’événements tristes et douloureux.


Ne pas s'enfermer dans une émotion

Être heureux ne signifie pas ne pas vivre d’événements nous provoquant une émotion de tristesse (ou toute autre émotion désagréable). C’est le fait de ne pas s’y enfermer et de ne pas la transformer en un état permanent. Car c’est au moment où l’on s’identifie à sa tristesse, où l’on se met dans la tête qu’on est réglé pour toujours vivre des moments douloureux ou désagréables, que la frontière entre l’émotion passagère et l’état durable est franchie.

Alors oui, la tristesse peut emmener progressivement une personne à déprimer et être malheureuse. Mais être heureux et être triste ne sont pas incompatibles. L’un est holistique, l’autre spécifique et temporel.


Tristesse, joie... Le mot de la fin

Si vous ressentez de la tristesse, grand bien vous fasse, écoutez-la et donnez-lui sa place, vous ne serez pas malheureux pour autant. Et si vous ressentez de la joie ? Faites de même, tout comme pour chaque émotion. Comme le disait la maman de Forrest Gump : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Alors certains chocolats ne seront peut-être pas à votre goût, mais saurez-vous quand même apprécier la boîte qui vous a été offerte ?


Quelques Pensées

Aristote

“Le bien humain réside dans une activité de l’âme conforme à la vertu.”

Pour Aristote, philosophe grec de l’Antiquité, le bonheur est le souverain du bien ; le but ultime de toutes nos actions. Pour l’homme, le bonheur repose donc sur la conformité à la raison et à la vertu.

Cependant, la vertu ne suffit pas au bonheur. En effet, Aristote met en avant le fait que l’homme a besoin d’avoir un corps en bonne santé, ainsi que des biens extérieurs.

Epicure

“Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse.”

Epicure, philosophe grec du grand courant de l’épicurisme, distingue les différents plaisirs. Le plaisir qui apporte souffrance et douleur ; et celui qui apporte la paix de l’âme. Pour Epicure, il faut que l’homme sache différencier ces deux plaisirs pour être heureux.

Confucius

“Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.”

Le sage chinois Confucius a lieu aussi apporté sa vision du bonheur. Le confucianisme inspire aujourd’hui bon nombre de livres, blogs sur le développement personnel, la « positive attitude » et la méditation. Il s’agit tout compte fait de savoir apprécier le moment présent, plutôt que de voir le bonheur comme un but à atteindre.

Lao Tseu

“Si vous êtes déprimé, vous vivez dans le passé. Si vous êtes anxieux, vous vivez dans le futur. Si vous êtes en paix avec vous-même, vous vivez dans le présent. »

Considéré comme le père fondateur du taoïsme, ce sage chinois conseille à tout Homme de vivre dans l’instant présent, sans se soucier de ses actes passés, ni de ceux futurs. Il s’agit concrètement de profiter des joies de la vie paisiblement.

Emmanuel Kant

“Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison.”

Emmanuel Kant, philosophe allemand du XVIIIe siècle, assimile la notion de bonheur à la satisfaction complète des besoins et des désirs.

Arthur Schopenhauer

“Le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement s’attendre à un état comparativement moins douloureux.”

Arthur Schopenhauer, philosophe allemand du XVIIIe siècle, refuse l’idée que la satisfaction totale des désirs s’identifie à la plénitude ou à la tranquillité. Pour ce philosophe, la quête du bonheur est donc une perte de temps, puisqu’il s’avère introuvable…

John Stuart Mill

“Les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur ou à produire le contraire du bonheur.”

Philosophe partisan de l’utilitarisme, cet économiste britannique du XIXe siècle assimile l’idée du bonheur à une action utile. Pour lui, l’intérêt premier n’est pas le bonheur de l’individu mais la somme de bonheur totalisé pour le plus grand nombre de personnes. 

Friedrich Nietzsche

“Qu’est-ce que le bonheur ? Le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est en voie d’être surmontée.”

Pour le philosophe allemand du XIXe siècle, la vie ne tend pas au bonheur. En effet, selon lui, la vie est une énergie qui pousse tout être vivant à étendre son pouvoir. Elle est donc à la fois force créatrice et destruction.

lundi 1 novembre 2021

20 novembre 2021 Ciné-Philo Film : La Jetée de Chris Marker Nos souvenir sont-ils constructeurs ou prisons?

 


L'analyse du film : https://www.dvdclassik.com/critique/la-jetee-marker

Un Ciné-Philo. C'est un film, une question, un public et la rencontre des trois dans un débat.

Notre film est  La Jetée de Chris Marker ou l’apocalypse du souvenir.  

Pour ceux qui voudraient voir le film avant notre rencontre du samedi 20/10/21 il est visible à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=fU99W-ZrIHQ 

Il parle de la mémoire. La mémoire est la capacité d'établir une continuité entre mon présent et mon passé : c'est le support de l'identité personnelle, c'est-à-dire de la conscience d'être soi. 

Sans aucun doute mais est on prisonnier de notre mémoire ?   

La jetée 1962
 

La Jetée de Chris Marker est un film français de science-fiction par excellence. un petit garçon assiste à un meurtre depuis la plateforme d'Orly. Cette scène le marque pour toujours ainsi que le regard d'une jeune femme qu'il croise à ce moment là.

Les thèmes du films sont nombreux l'amour, la mémoire,

La mémoire est chez Chris Marker est à la fois un territoire à explorer et un refuge. La mémoire est le départ du présent et définit le futur. Mais elle est le passé ou une image du passé.

Sommes nous construits par nos souvenir ou prisonniers de nos souvenir ?

C'est la question que nous nous poserons samedi 20/11/2021 à 11h après avoir regardé ce film ensemble.


Platon
(v. 428-v. 348 av. J.-C.)
Se souvenir, c’est conserver la trace de sensations imprimées dans la mémoire comme un sceau dans de la cire. Mais se souvenir n’est pas suffisant pour connaître : la connaissance est un « ressouvenir », « une réminiscence des réalités jadis contemplées par notre âme », puis oubliées lorsque l’âme s’est incarnée dans un corps, explique Platon dans le Phédon. Connaître, c’est donc reconnaître, en explorant notre mémoire.

 

Augustin
(354-430)
La mémoire est le présent du passé, établit saint Augustin dans les Confessions. Par définition, le passé est ce qui n’est plus là. Mais en passant, il laisse des traces dans l’esprit, des souvenirs qui nous permettent de mesurer le passage du temps. « L’immense palais de la mémoire », rempli des images de ce qui n’est plus, est donc notre « trésor » le plus précieux : il permet au passé d’être toujours présent dans notre esprit.

 

Locke
(1632-1704)
Comment savoir si l’on est la même personne qu’hier ? Parce qu’on s’en souvient. La mémoire est la capacité d’établir une continuité entre mon présent et mon passé : c’est le support de l’identité personnelle, c’est-à-dire de la conscience d’être soi. « Aussi loin que cette conscience peut s’étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s’étend l’identité de cette personne », écrit Locke dans l’Essai sur l’entendement humain.

 

Nietzsche
(1844-1900)
La mémoire nuit à notre santé psychique, explique Nietzsche dans la Généalogie de la morale. Parce qu’elle nous tient prisonniers du passé, la mémoire nous empêche de vivre, en alimentant notre mauvaise conscience. Pour digérer notre passé, pour éviter que nos souvenirs ne nous rendent malades, le philosophe préconise « l’oubli actif » : il faut apprendre à « fermer de temps à autre les portes et les fenêtres de la conscience ».

 

Proust
(1871-1922)
Seule la mémoire involontaire, stimulée par la sensibilité, peut ressusciter le passé. Lorsque l’odeur et la saveur d’une madeleine trempée dans du thé font palpiter un souvenir confus, l’effort de remémoration est incapable de ramener à la conscience « l’instant ancien que l’attraction d’un instant identique est venue de si loin solliciter » ; quand l’effort cesse, soudain le souvenir d’enfance reparaît, avec tout un pan du passé.

 

Freud
(1856-1939)
« La conscience naîtrait là où s’arrête la trace mnésique », écrit Freud dans les Essais de psychanalyse. La mémoire est en effet le royaume de l’inconscient : certains de nos souvenirs y sont déformés, d’autres y sont refoulés, mais ils se rappellent à nous notamment dans les rêves. La mémoire abrite donc les souvenirs que notre conscience a oubliés et que l’analyse peut faire remonter à la surface par un travail de remémoration.

 

Ricœur
(1913-2005)
Face à la fièvre commémorative, mais face aussi au risque de l’oubli, comment définir une « politique de la juste mémoire » ? Dans La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, le philosophe explique qu’il n’y a pas de mémoire juste sans histoire, car la mémoire vise la fidélité au vécu, alors que l’histoire vise la vérité du passé. Le travail critique de l’historien est nécessaire pour corriger la mémoire et pour lui donner un sens collectif.

Le film 

la thèse du film pourrait être que la mémoire est un outil de préservation au niveau collectif, puisqu'il permet de sauver l'humanité en contactant le futur. Mais au niveau individuel il est simplement un objet létal.


samedi 25 septembre 2021

23 octobre 2021 - Pouvons nous encore faire peuple ?

 

Pour NKM, le métro parisien est "un lieu de charme" qui a "des moments de grâce"

Encore faudrait-il définir ce qu'est un peuple ?  Le Petit-Robert nous propose deux définitions :

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peuple
nom masculin et adjectif invariable
  1. 1.
    Ensemble d'êtres humains vivant en société, formant une communauté culturelle, et ayant en partie une origine commune.
    Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
    Synonymes :
    nation
    pays
    population
    société
    ethno-
  2. 2.
    Le peuple, un peuple 
    l'ensemble des personnes soumises aux mêmes lois et qui forment une nation.

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De mon point de vue ces deux définitions s'opposent. En effet dans la première l'individu appartient à un peuple par le partage d'une culture et d'origine. Il s'agirait donc de génétique, d'histoire et d'identité culturelle donc de sentiment d'appartenance et dans la seconde la chose n'est que légale. L'individu est alors soumis à un ensemble de lois dans ce qui est une nation.    

La seconde définition a pour elle de ne pas soulever de question philosophique et même en quelque sorte de l'évacuer. Elle est purement géographique, si vous êtes sur un territoire national, alors vous en subissez les lois et faite donc partie du peuple local.

C'est donc d'avantage sur la seconde que nous nos questionnerons et sur les limites qu'entrainent l'existence ces deux définitions.

Peuple : Un vouloir vivre collectif ?

Il reste un troisième sens que nous apporte Wikipédia :

  [Un  peuple est] un « ensemble de personnes qui, n'habitant pas un même territoire mais ayant une même origine ethnique ou une même religion, ont le sentiment d'appartenir à une même communauté »1. Ici, le peuple n'est défini que par une culture, voire une tradition commune. C'est la vision la plus étendue de la notion de peuple.

Cette troisième définition ne nous aide pas non plus, à moins de faire com M. Sarkozy et d'inventer une origine fictive.


"Dès que l'on devient Français, nos ancêtres sont gaulois."

Nicolas Sarkozy résout l'aporie avec la création d'une origine fictive déjà employée dans les manuels de la troisième république. Vérité et peuple sont-ils des concepts incompatibles ?


    "LE PEUPLE" est le premier mot  du préambule de la constitution française. La base de la base comme diraient des jeunes élèves de collège et pourtant on ne peut s'entendre sur une définition : "Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont  ..."



Mirabeau, nous sommes ici par la volonté du peuple ....



Pourtant le mot de peuple est partout ou presque


Il est intéressant de remarquer que le mot "peuple" en tant que tel n'existe pas dans la langue anglaise, espagnole, portugaise, italienne, hébraïque allemande .... ni aucune autre en fait. Il est synonyme de "Gens" pour la plus part des langues. A en croire Google traduction, les deux seules exceptions sont l'arabe et l'espagnol.


Cependant en Espagnol Peuple si dit pueblo qui signifie aussi village et en arabe peuple se dit الشعب ou alshaeb qui signifie aussi les personnes.

A en croire Google Traduction. Le mot peuple est unique uniquement dans la langue française.

Le droit des gens à disposer d'eux-mêmes est-il la même droit que le droits des peuples à disposer d'eux-mêmes ?

Quand au therme Démos qui signifiait en grec ancien le peule ...



Alors c'est quoi ce mot si Français: 

Peuple = classe sociale ? 

Michel Onfray, 2015 « Le peuple c’est ce sur quoi s’exerce le pouvoir, donc le peuple c’est celui qui s’en prend la figure tous les jours, tous les jours, c’est celui qui va au boulot le matin."
Comment résister à s'interroger sur cette définition donnée par M. Onfray. Le peuple d'Israël est il constitué principalement par la population musulmane de Gaza, parce qui si c'est ceux qui en "prennent la figure tous les jours" ....
François Mitterrand, 1974 « Qu’est-ce que vous pouvez dire aux salariés qui vivent avec un Smic et qui ne tient plus comte de la capacité de l’augmentation constante des prix ? Il faut vraiment beaucoup de courage et de sens civique à notre peuple pour garder ce sang-froid, cette sérénité et finalement cette confiance. »


Le peuple c'est quoi ? C'est qui ?
 
Si c'est juste un sentiment d'appartenance, comment en parler pour les autres, le peuple est-il plu que des gens, un village, une commune ?

Le peuple viendrait du partage d'une expérience politique?

Une fois défini nous interrogeront la notion de peuple pour nous poser la question 

Le conseil de discipline


Le peuple un autre Zardoz ?

Ensuite la question : ce peuple, certes indéfini, à qu'elle(s) condition(s) pouvons nous en constituer un ?

dimanche 12 septembre 2021

25 septembre 2021 - l'Expérience Chamanique - Qui est l'animal qui est en nous et où est-il ?

 


Depuis quelques années, les voyages chamaniques sont devenus des voyages touristiques cotés. Est-ce le manque de nature, notre culture qui s'en détache trop ou trop vite ? Est-ce un goût pour les espaces délaissés qui redeviennent des espaces à découvrir ?

 Que ce soit par les voyages chamaniques organisés 


 

Ou encore en suivant les histoires de Corine 


Nous voulons voyager dans le monde d'en bas, rencontrer son animal totem avec un peu d' 

Ayahuasca

 ou pas. Que cherchons nous ? 

Après notre cérémonie, nous nous poserons les questions : 

                        Qui est l'animal qui est en nous  et où est-il ?

Et  pourquoi cette fascination et pourquoi cela nous apparait comme normal (si une personne nous déclarait vouloir rencontrer sa boite 'allumettes ou sa machine à laver totem, qu'en penserions nous ?) 

Ref :

France Culture : Sommes nous des animaux ?



mercredi 21 juillet 2021

[Guinguette-Philo ] Samedi 31/07/2021 17h30 au Petit Bal Perdu à Noé (31410)


 


Il semble bien que vous ne soyez pas tous partis à la mer et encore moins habiter des châteaux en EspagneDu coup, pour ceux qui souhaiteraient une autre sociabilité que celle des réseaux sociaux numériques, nous vous convions à un débat, dans une guinguette : Le Petit Bal Perdu à Noé (31410).

La question qui nous occupe est simple. Avons nous besoin d'autre chose que de Facebook, Snapchat et autres Whatsapp ou Skype pour être heureux ? Que nous apporte ou nous apporterait pour les plus numérique, une sociabilité "Hors ligne" que ne peut pas nous apporter celle proposée par les services numériques.




Il n'est pas question de discuter de notre besoin de lien social. Dans l'Antiquité, Aristote (384-382 av. J.C.) pose que la société humaine est aussi naturelle que les diverses sociétés animales. L'homme est un « animal politique » (Polis signifie « cité » en grec: le terme de « politique » n'est donc pas à prendre dans son sens moderne). L'homme, dit Aristote, n'est ni un Dieu, ni une bête: il doit vivre en communauté. Celui qui vit à l'écart, parce qu'il n'éprouve pas le besoin d'être avec les autres ou parce qu'il en est incapable, ne peut pas être considéré comme un homme.

Une caresse, cela fait du bien, mais ne peut on la remplacer par une caresse numérique ? 

Notre sociabilité en "face à face" baisse bien. Elle a  a fait l’objet de vérifications statistiques. Il y a bien  une baisse de la sociabilité en face-à-face des Français. Cette affirmation est aussi au cœur de la thèse de Putnam (2000) pour qui la sociabilité des Américains s’est dégradée sur les cinquante dernières années.

Depuis 18 mois, le choix ne nous est même plus donné : plus de bise, d'embrassade ,de grande manifestation de foule.  Qu'est ce qui nous manque, s'il nous manque quelque chose. Pourquoi est-ce important ou pas ?Certains répondrons le sexe. Mais le sexe est de plus en plus un pratique solitaire. Et si après l'amour l'animal est triste, l'est-il après Facebook? 


Besoin de se toucher ?

Fabienne Martin-Juchat, professeure en sciences de la communication à l'université Grenoble Alpes déclare à propose des rassemblement parisiens au jour de la sortie du confinement : «Ces rassemblements sont compréhensibles et totalement non surprenants. L'élan de socialité est un élan vital, c'est comme manger et boire. Une personne privée de contacts sociaux dépérit. Pour les jeunes en particulier, le besoin de socialité à l'autre est plus important que le risque d'être contaminé».
- Cela semble limité la sociabilité au contact physique.



Le psychothérapeute Bruno Vibert rajoute que le manque de contacts physiques peut être mal vécu: «Toucher et être touché est nécessaire à notre équilibre. C'est bien plus qu'un besoin biologique. C'est un sens qui permet de percevoir les émotions chez l'autre. Il valide l'affection des proches et éloigne les peurs.»
- Ne peut on le faire avec un émoticône ?   
Un bisous en virtuel ? C'est mieux ou moins bien ?
De manière plus générale, les émoticônes sont devenues une manière de communiquer à part entière. La très grande majorité des sondés les utilise pour alléger l'ambiance des conversations (93%) et montrer son soutien aux autres (91%). L’emoji serait d’autant plus apprécié qu’il rend, pour 62% des gens, les conversations plus "fun" et légères, voire permettent, pour 42%  des sondés, de mieux traduire un état d’esprit qu’avec des mots.  65% des utilisateurs d’emojis se disent même plus à l'aise pour exprimer leurs émotions par ce biais que par un simple appel téléphonique. L’émoji est également  plus rapide pour faire passer une émotion que de la traduire en mot.

S'il est entendu que l'ors un câlin, notre cerveau se charge d'ocytocine, l'hormone du bien-être. Un anxiolytique naturel qui fait baisser le cortisol, en d'autres termes, le stress, que fait sur notre cerveau l'mage de l'être aimé nous envoyons un baiser, la lecture d'un poème de celui ou celle qui nous déclare son sentiments. Roxane aimait bien Cyrano pour ses écrits, non ?

Déclaration d’amour de Cyrano à Roxane
Votre visage est un poème.
Vos yeux sont un poème.
Votre regard est un poème.
Vous êtes belle comme une perle.
De la perle blanche, vous avez la pureté céleste, la préciosité, la délicatesse.
Je ne peux imaginer la vie
sans votre présence auprès de moi,
sans la tendresse de vos paroles et la douceur de vos doigts.

Vous êtes mon amour,
ma passion,
mon incessante admiration,
vous me rendez si heureux,
que je ne peux être qu’amoureux.
Je vous offre donc mon cœur,
inondé par tant de bonheur,
il vous appartient pour toujours,

À toi ma Roxane.

Qu'en pense Roxane ?

Alors ? Avons nous besoin de nous toucher, de nous renifler de nous sentir pour être heureux ou peut on le remplacer par d'autres type de message, par des messages électroniques, par les réseaux sociaux ? Meetic crée la rencontre, mais devons nous la "dévirtualiser" ? La rencontre physique nous apporte elle plus de bonheur ?

Et le virtuel peut-il nous caresser ?

 Les Sextoys connectés

Ils s’appellent Kiiroo ou encore Lovense, et ils arrivent. Pour notre plus grand bien… Les sextoys connectés (aussi appelés sextoys télédildoniques) ne sont pas de simples sextoys. En effet, ceux-ci permettent d’échanger en temps réel les mouvements effectués depuis et vers un autre jouet.

Clones


Ce café philo  est une rencontre est en physique pas de visio :)

Quelques références

Extrait de l'article

Les Français discutent en une semaine avec dix-sept personnes différentes sur des sujets non professionnels. Parents, collègues et amis composent presque à égalité les trois quarts de ce réseau, le reste se partageant entre le voisinage, les associations, les commerçants, les simples relations. On observe une présence plus affirmée des amis pendant la jeunesse, des collègues pendant l'âge mûr, de la parenté pendant la vieillesse. Les comportements de sociabilité restent marqués par le partage traditionnel des rôles entre les sexes : c'est d'abord aux femmes qu'incombent les relations avec les proches — parents, commerçants, voisins. En milieu populaire, toutefois, celles qui exercent une activité professionnelle diversifient sensiblement leurs contacts.
    Les relations de parenté mises à part, les diverses composantes de la sociabilité tendent à se cumuler : un dixième des actifs concentrent le tiers des discussions personnelles entre amis ou collègues. Plus liée au diplôme qu'à la fortune, la sociabilité présente tous les traits d'une pratique culturelle...
    Le dixième de la population active concentre un tiers des discussions entre amis ou entre collègues
    Un des aspects de la corrélation entre sociabilité et capital culturel est que le fait que les plus fortes concentrations de relations s'observent dans des groupes sociaux numériquement très restreints. L'examen des carnets est éloquent : professions libérales, professeurs, artistes, fonctionnaires du « cadre A », instituteurs et travailleurs sociaux ne représentent, réunis, que 1 0 % de la population active masculine, mais rassemblent 34 % de ses relations d'amitié ou 35 % de
    ses relations de travail, et « seulement » 24 % de ses relations de parenté et 23 % de ses relations de voisinage. La situation des ouvriers est inverse : 35 % des hommes actifs sont ouvriers qualifiés ou non qualifiés, ce qui en fait de loin le groupe social le plus nombreux, mais on ne peut leur imputer que 1 7 % des relations amicales attestées dans la population active, 1 5 % des relations de travail, 1 5 % des relations de voisinage. Et si la parenté prend dans leur modeste réseau une importance relative qu'elle n'a pas dans les classes supérieures, elle ne représente encore que 20 % des relations de parenté déclarées par l'ensemble des actifs. Le fait que, dans l'ensemble, les diverses composantes de la sociabilité se cumulent au lieu de s'exclure et restent très concentrées dans l'espace social remet en place quelques idées reçues. À la suite de Georg Simmel, qui fut au début du siècle l'un des premiers sociologues à mettre la sociabilité au centre de ses préoccupations, on a souvent tiré argument de la pluralité des rôles sociaux endossés par chacun pour affirmer qu'elle donnait du jeu au comportement individuel et venait desserrer les contraintes sociales. Au lieu d'être pris dans un rôle unique, vous êtes tour à tour parent, ami, voisin, collègue," membre d'une association, etc., en sorte que vous n'investissez jamais qu'une fraction de votre personne dans chacune de ces activités. Simmel voyait dans la grande ville un lieu par excellence de cette libération. Mais, à la lumière des résultats exposés ici, cette image de l'agent social multicartes apparaît sous un autre jour. Ce n'est pas parce que l'on passe d'un secteur de la sociabilité à l'autre que l'on devient un autre homme. La même personne cumule les divers rôles et elle ne pourrait le faire si elle ne détenait pas un même ensemble d'atouts, très inégalement répartis. C'est encore le monde social qui alloue à certains la faculté de pouvoir jouer
    avec lui. 



    Dans une autre étude :


    Les catégories socio-professionnelles les plus aisées ont cessé d’être complètement assurées de leur présent et de leur avenir. Le diplôme, les héritages immobiliers, culturels, le capital social, ne suffisent plus à être et à se sentir en sécurité, ne suffisent plus à avoir du temps et de l’énergie à consacrer aux sociabilités familiales, amicales, amoureuses. Le travail peut être dur, épuisant psychologiquement et physiquement.  Si le travail peut favoriser le capital social, la valorisation de soi, permettre de devenir et de rester quelqu’un d’intéressant, il peut aussi être destructeur et réduire à néant le réseau de relations sociales. Il y a des personnes qui sont happées par leurs engagements professionnels.

    D'une autre étude

    Les jeunes sont aussi ceux qui font le plus état de la dégradation de certaines relations Grossetti, Michel (2021), « La sociabilité des jeunes éprouvée par le confinement », La vie en confinement : études et résultats, n° 6, mis en ligne le 11 mars 2021, https://vico.hypotheses.org/273.
    FIGURE 6 : MENTIONS DE RELATIONS DÉGRADÉES SELON L’ÂGE Pendant le premier confinement

      • Source : Enquête Vico, avril-mai 2020.
      • Champ : Répondant·es de 18 ans et plus résidant habituellement en France (N = 16 224).
      • Lecture : 23,5 % des 18-30 ans mentionnent des relations dégradées depuis le début du confinement.

        Dans l’enquête VICO, les jeunes déclarent souvent des pertes de contacts ou des dégradations de relations parce que le contexte spécifique du confinement les empêche de maintenir tous les liens dans lesquels ils étaient engagés. Ils déclarent aussi un peu plus souvent avoir créé de nouveaux liens, là encore amicaux, notamment en ligne. Pour la majorité des plus jeunes des enquêté.es, le confinement a donc été une épreuve particulièrement importante pour la sociabilité et les relations sociales. Ceux qui sont retournés chez leurs parents pour se confiner ont mieux maintenu les liens familiaux, au prix parfois de tensions et d’une dégradation des relations avec les parents ou la famille proche, mais ils ont dû renoncer encore plus que les autres à échanger aussi fréquemment qu’auparavant avec une partie de leurs amis. Il semblerait aussi qu’un des effets de la crise et du confinement soit un accroissement des contacts familiaux alors que les relations amicales ont été plus impactées. Des amis ayant été perdus de vue, d’autres moins contactés qu’à l’ordinaire. Cela peut amener à réfléchir sur les différences entre ces types de relations, et à leur spécificité dans la crise. Cette étude éclaire également les spécificités et les fragilités des jeunes lorsque la sociabilité qui les caractérise est brutalement éprouvée...


        Quelques points de repère

        « les relations vont aux relations » 

         Ceux qui ont le plus de contacts avec leur famille en ont aussi plus avec leurs amis, ou participent plus à des activités de sociabilité (associations…). Et si les catégories socio-professionnelles se distinguent par la structure de leur contact, il s’établit une « hiérarchie » de la pratique de sociabilité, liée en partie au revenu mais plus au diplôme donc au capital culturel, ce qui fait dire à Héran que la sociabilité est une « pratique culturelle »

        Les personnes qui échangent le plus en face à face sont aussi celles qui communiquent le plus par téléphone. Cela nous amène à discuter le rôle des technologies par rapport aux interactions directes. 

        Définition

        La sociabilité est l’ensemble des interactions sociales qu’un individu développe au quotidien : la finalité n’est pas d’accumuler un « capital » ; le terme « sociabilité » a donc un sens un peu plus large.

        Effort 

        Dans l’idée de capital social, l’individu produit un « effort » qui peut bénéficier à ceux avec
        qui il interagit 

        Thèse 

        La thèse de Hampton et al. (2009) est également celle défendue par Mercklé, pour eux il n’y aurait pas globalement de baisse de la sociabilité, en tout cas en France, mais un remplacement de la sociabilité « directe », en face à face, par une sociabilité « médiatisée » par des dispositifs techniques, le téléphone hier, Internet et en particulier les réseaux sociaux aujourd’hui. 

        Liens forts et lien faibles

          Les liens forts sont ceux que l’on tisse avec ses proches, ils s’appuient sur une confiance réciproque élevée, fondée sur le respect de normes de comportement tacitement admises, et induisent des relations affectives plus ou moins étendues. amitié.
         Les liens faibles ont une fonction différente. Noués entre personnes qui sont de simples « connaissances »,  ils mettent souvent en relation des personnes culturellement ou socialement éloignées. 

         La sociabilité, c’est donc l’ensemble des liens forts et des liens faibles d’un individu. 

        Facebook

        Selon Cardon c’est une forme particulière de liens (« faibles ») qui serait mise en œuvre, mais globalement la sociabilité des individus s’enrichirait avec l’usage de Facebook.  

        Putnam. Burke, Kraut et Marlow  montrent que l’envoi d’un message privé de réaction à des amis qui postent un contenu sur leur mur, accroît le capital social de l’émetteur, mais que pour les personnes en difficulté personnelle, se borner à lire passivement ce que font les amis, peut être source de réconfort. 

        Le degré de séparation (distance entre deux individus tirés au hasard dans un réseau) est égal à 4 sur Facebook

        Lire des posts sur facebook tend à réduire le capital social
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        Autres articles

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        Acte : Avons-nous besoin d’une autre sociabilité que la sociabilité “en ligne” ?


        Le sujet 

        Avons-nous besoin d’une autre sociabilité que la sociabilité en ligne ?


        La méthode Christian en “hors-ligne” avec les adultes

        L’animateur tente par sa méthode de préserver deux objectifs : la rigueur de la pensée avec les trois éléments nécessaires que sont: problématisation, conceptualisation et argumentation, mais en gardant aussi l’objectif de conserver un débat libre et fortement interactif qui sert l’autre but qui est de donner la parole dans un cadre simple et ouvert aux participants.


        Il n’y a donc pas de “tour de parole” ni de main levée. Le débat peut donc très facilement dévier et fortement s’animer. Le rôle de l’animateur est alors de piloter dans des dérapages qui se veulent contrôlés, les sorties de routes inévitables, et de replacer la parole des  participants dans la recherche proposée en rappelant le sujet et en proposant la parole à ceux qui la prennent le moins.


        Il y a donc d’une certaine manière un équilibre entre la rigueur de la pensée philosophique et la liberté laissée à une expression spontanée parfois plus émotionnelle que réfléchie.


        Le lieu 

        Le lieu choisi est important. Il s’agit d’une guinguette en milieu rural. Lieu de convivialité “hors ligne” par excellence, il sera désert pendant nos débats à cause d’une pluie incessante nous obligeant à nous rassembler sous un barnum. 


        Introduction

        L’animateur a fait une introduction devant trois personnes (50 ans environ) pour définir la notion de sociabilité et la notion de lien fort et faible.  


        Le sujet est précisé par l’animateur comme n’étant pas une recherche sur les bénéfices de la sociabilité hors ligne mais une recherche introspective sur les éléments somatiques et psychologiques créés par les deux types de relation.  



        « Les relations vont aux relations » :

        • Ceux qui ont le plus de contacts avec leur famille en ont aussi plus avec leurs amis, ou participent plus à des activités de sociabilité (associations…). Et si les catégories socio-professionnelles se distinguent par la structure de leur contact, il s’établit une « hiérarchie » de la pratique de sociabilité, liée en partie au revenu mais plus au diplôme donc au capital culturel, ce qui fait dire à Héran que la sociabilité est une « pratique culturelle »

        • Les personnes qui échangent le plus en face à face sont aussi celles qui communiquent le plus par téléphone. Cela nous amène à discuter du rôle des technologies par rapport aux interactions directes. 

        Effort 

        Dans l’idée de capital social, l’individu produit un « effort » qui peut bénéficier à ceux avec

        qui il interagit. La sociabilité est définie comme l’ensemble des interactions sociales qu’un individu développe au quotidien : la finalité n’est pas d’accumuler un « capital » ; le terme « sociabilité » a donc un sens un peu plus large.



        Débat en hors-ligne

        Temporalité

        Le débat a été divisé en deux parties, puisque environ à la moitié de celui-ci deux jeunes femmes de 35 / 40 ans nous ont rejoints. La durée du débat a été d’environ 3 heures.



        Quelques paroles recueillies


        • Au delà du Covid, la solitude a beaucoup augmenté et cela augmente aussi la communication en ligne

        • Les gens se surinvestissent dans le télé-travail et donc utilisent beaucoup les communications  en ligne pour la sociabilité de lien faible.

        • La sociabilité “en-ligne” ouvre des possibles en nombre, en distance dans les liens faibles et forts.

        • Selon le goût pour le médium, la sociabilité est modifiée.

        • L’évolution de la société, fait que les femmes quittent plus facilement leur mari. Il y a donc plus de femmes et d’hommes seuls qui ont fait leur vie et ne veulent pas s’engager. Les rencontres en ligne (Tinder) sont moins engageantes. Il est plus facile de rompre une relation amoureuse si c’est une relation créée “en ligne”. Dans les relations hors ligne il y toujours des connaissances communes. 

        • La présence physique est un engagement.

        • Devant l’écran on contrôle la relation, je peux couper la communication, le son, l’image.

        • En ligne, je ne risque rien. 

        • Sur Tinder (application de rencontre) le lien n’est pas établi. C’est un capitalisme de la relation.

        • La relation “en ligne” est moins impliquante, moins engageante mais plus chronophage.

        • La drague en ligne ne garantit pas l’exclusivité. Le garçon peut parler à plusieurs personnes en même temps, c’est très déplaisant. On se sent dans une sorte d’inégalité: que fait l’autre ?

        • Mais un paradoxe réside: en “hors ligne” on réinvente des codes, “en ligne” les filles et les garçons sont à égalité. MAis une fois en physique les choses redeviennent comme avant. Les filles ne font pas le premier pas.

        • La rencontre en ligne établit une sorte de chronologie à l’envers. On se confie d’abord “en ligne” pour apprendre à se connaître un peu avant de se rencontrer éventuellement. Alors que dans la rencontre réelle, on se voit en premier lieu puis on se confie si on sent que l’on peut entamer une relation.

        • C’est une recherche (la recherche de partenaire avec Tinder)  égocentrée

        • Malgré tout les avantages décrits sur le relation “en ligne” (protection, moins de risques…) les jeunes femmes défendent la relation “hors ligne” ardemment mais se disent comme “handicapées” à la mettre en pratique, il est très difficile voire impossible d’aller vers un garçon pour établir une relation, une communication. On ne sait pas faire.

        • La question s’est posée: est-ce même de la sociabilité ? Puisque la nécessité de protection l’emporte sur l’engagement ? (est sous-entendu ici que la rencontre présuppose un engagement).

        • Vit-on pleinement une relation dans le virtuel, une relation “en ligne” ?

        • Peut-on vivre le moment présent ? Savons-nous le faire ?

        • Où est passée la poésie ?

        • L’engagement demande un effort, aussi la conversation devient compliquée.

        • La société est une instance de “grand” groupe, un collectif et dans les réseaux sociaux on a affaire à des petits groupes. C’est différent. 


        Conclusion sur le fond 

        Selon la nature de la relation (faible, forte, amour, amitié, travail) et la représentation du lien social attachée, il est plus ou moins facile selon le goût pour le médium de créer des sociabilités “hors ligne” ou “en ligne”.  S’il est souhaitable de téléphoner à l’inspecteur des impôts plutôt que de prendre un rendez-vous, la sociabilité “en ligne” pour vivre une relation amoureuse  “C’est mieux que rien”.


        La capacité à créer des liens en ligne est facilité par l’offre de rencontre (mécanisme de proposition des réseaux sociaux), par le faible effort nécessaire pour le faire ( je n’ai pas à sortir de chez moi, ni même à m’habiller) et par le faible impact sur la socialité existante : “Quand je romps avec une connaissance rencontrée hors ligne, c’est toujours compliqué? C’est toujours un ami d’un ami ou un cousin d’une copine …Sur le web, il suffit de ne plus répondre et voilà, on a rompu.”

        Cette facilité nous fait penser que la théorie du nombre de Dunbar trouvait peut-être une nouvelle limite. Mais que si le nombre d'amis n’est plus limité par l’effort à fournir pour conserver ses amitiés : “Avec facebook, je reprends contacts quand je veux”, la multiplicité des liaisons sociales aboutirait peut être  à une dilution de la valeur du lien. 

        Un peu comme si notre sociabilité était un potentiel émotionnel limité que nous devrions partager entre toutes nos relations devenues soudainement trop nombreuses.

        Il y aurait donc une baisse de la valeur de la liaison sociale compensée par un plus grand nombre de liaisons, la facilité de s’en créer de nouvelles et de conserver et réactiver les anciennes.




        Conclusion générale

        Plus facile à créer, moins exigeante les relations en-ligne nous poussent à nous poser la question de la perte de faculté que nous apporte toujours la technologie. Comme nos annuaires privés sur nos téléphones portables nous privent de notre mémoire (Combien savions-nous de numéro de téléphone avant nos portables et combien aujourd’hui ?) les propositions de nouvelles liaisons faites par les outils de réseaux sociaux nous privent de notre capacité à aller vers les autres et à maintenir sans assistance ces liaisons sociales.


        Des outils trop puissants peuvent nous ôter notre habileté.


        Une fois rapportée à la valeur de l’effort, la liaison sociale n’a plus que la valeur du faible temps nécessaire. Elle est de plus toujours mise sous pression par la question : “En cherchant encore un peu, ne vais-je pas trouver mieux”.


        Notre sociabilité hors ligne nous apparaît alors  lourde, empruntée et risquée et celle en ligne sans valeur.