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dimanche 25 octobre 2026

Objets Inanimés avez-vous donc une âme - 28 novembre 2026



 



L'animisme : Erreur de jugement ou autre manière de connaître le monde ?
Vous est-il déjà arrivé d'insulter une porte après vous être cogné l'orteil ? De remercier votre vieille voiture d'avoir démarré par un matin glacial ? De projeter sur votre animal de compagnie des intentions typiquement humaines ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas fou : vous faites l'expérience spontanée de l'animisme.
Comme l'écrivait si bien le poète Alphonse de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » Loin d'être une simple superstition enfantine, cette présence affective des choses interroge notre rapport le plus intime à la réalité. C’est le point de départ d'une réflexion philosophique et scientifique fascinante que nous vous invitons à explorer lors de notre prochain atelier.
Qu’est-ce que l’animisme ? Une question d'« ontologie »
Pour les cultures animistes, tout ce qui existe — un animal, un arbre, un fleuve, une roche — possède une âme, une conscience et des intentions, au même titre que les humains.
C'est ce que les philosophes appellent une vision ontologique. Derrière ce mot technique se cache une idée simple : l’ontologie est la branche de la philosophie qui étudie « ce qui existe » et la manière dont on classe les êtres. L'animisme est une grille de lecture de la réalité où le vivant, l'esprit et la sensibilité ne sont pas réservés aux seuls êtres humains. L’anthropologue Philippe Descola a montré qu’il s’agit d’une manière rigoureuse de voir le monde : on reconnaît aux non-humains une intériorité semblable à la nôtre, même si leurs corps physiques sont différents. Dans ce monde, l'homme ne domine pas la Terre : il doit cohabiter et négocier son existence avec elle.
Le choc avec le « naturalisme » occidental
Cette approche s'oppose radicalement au naturalisme occidental, qui est la vision dominante dans nos sociétés modernes. Le naturalisme repose sur une séparation stricte entre deux mondes :
  • La nature : le monde physique, matériel et biologique, soumis aux lois de la science (les objets, les plantes, les animaux).
  • La culture : le monde exclusif des humains, caractérisé par la conscience, le langage, la morale et les lois.
Dans notre vision occidentale, seul l’homme a un esprit, tandis que le reste du monde est souvent réduit à des objets passifs ou des ressources à exploiter. À l'inverse, l'animisme considère que la nature et la culture se mélangent : les animaux et les éléments naturels ont eux aussi leur propre point de vue.
Résonances contemporaines : de Gaia aux fictions humaines
Cette pensée trouve un écho puissant aujourd'hui face à la crise écologique. Le philosophe Bruno Latour a popularisé cette idée à travers la figure de Gaia : la Terre n'est pas un décor inerte, mais un système global complexe, vivant et réactif qui « répond » à nos actions.
Pourquoi ce réflexe animiste nous habite-t-il encore si facilement ? Le neuroscientifique Lionel Naccache explique que l'être humain est par nature un être de fictions : notre cerveau produit spontanément du sens, des récits et des interprétations pour s'adapter au réel. De plus, nous souffrons d'une incapacité chronique à ne pas nous utiliser comme référence : nous projetons constamment nos propres sentiments sur notre environnement. L'animisme n'est peut-être pas une croyance naïve, mais le reflet direct de notre fonctionnement psychologique. Cependant, une question demeure : nos interprétations saisissent-elles une vérité cachée, ou traduisent-elles simplement notre besoin de contrôle face à l'incertitude, comme le suggèrent certaines études de psychologie expérimentale (Whitson & Galinsky) ?

Le programme de l'atelier philo : Au cœur de notre jugement
Notre atelier sera structuré pour décortiquer ensemble ces mécanismes de pensée, à travers des expériences concrètes et progressives, en s'appuyant sur de grands repères philosophiques et scientifiques :
  • L'expérience sensible (Le Ballon rouge) : Nous visionnerons le chef-d’œuvre cinématographique d'Albert Lamorisse (36 min) pour observer comment, sans aucune explication théorique, nous nous attachons instantanément à un objet inanimé et lui prêtons des sentiments (fidélité, malice).
  • L'énigme de la porte et de l'artéfact : À partir du film et d'exemples du quotidien (comme l'orteil contre la porte), nous analyserons la frontière fine entre les propriétés réelles d'un objet, sa fonction, et ce que notre esprit y ajoute. Nous évoquerons la critique du philosophe David Hume sur notre tendance naturelle à prêter une intention derrière chaque mécanisme.

  • Le jeu des récits : À travers un court jeu de rôle autour d'un résultat de concours, nous explorerons un biais humain très fréquent étudié en psychologie (Miller, 1976 ; Blouin et al., 2025) : notre tendance à trier et réécrire les causes d'une situation (la chance, le travail, le talent) selon qu'elle nous arrange ou non. Ainsi quand la voiture ne démarre pas, je ne suis pas responsable de ne pas avoir changer la batterie, c'est la voiture qui m'en veut !  Et dans un temps ou nous passons beaucoup de temps avec des machines et des objets, voilà des boucs émissaires tout trouvés.  

  • Le pull fétiche et la superstition : Nous terminerons en questionnant les rituels que nous avons du mal à abandonner. En nous inspirant de la célèbre expérience du "pigeon superstitieux" du psychologue B.F. Skinner, nous apprendrons à distinguer une simple habitude comportementale d'une réelle croyance magique.
Le fil conducteur de cet atelier sera une grande enquête philosophique : comment faire la part des choses entre ce qui vient des objets eux-mêmes, ce qui vient de leur histoire, et ce qui vient de notre manière intéressée de les rencontrer ?
L'animisme est-il une erreur de jugement ou un moyen de connaître le monde ? Venez en débattre avec nous.



mardi 8 septembre 2026

Séminaire Edgar Morin - 24 octobre 2026 - Noé




Séminaire philosophique — Edgar Morin

Samedi 24 octobre 2026 à Noé

Comme chaque année, nous vous donnons rendez-vous pour une journée consacrée à la philosophie.

Cette année, notre séminaire sera consacré à Edgar Morin et à la pensée complexe.

Disparu en mai dernier à l’âge de 104 ans, Edgar Morin fut à la fois résistant, sociologue, philosophe et observateur infatigable de son époque. Toute son œuvre est traversée par une même question : comment penser un monde dans lequel les phénomènes sont liés les uns aux autres et où les problèmes ne peuvent pas toujours être compris en les séparant en morceaux ?

Plutôt que de réduire la réalité pour la rendre plus simple, Morin nous invite à distinguer tout en reliant, à prendre en compte les interactions, les contradictions et l’incertitude. Une démarche particulièrement actuelle face aux problèmes politiques, écologiques, sociaux ou scientifiques auxquels nous sommes confrontés.

C’est cette manière de penser que nous vous proposons de découvrir et surtout d’expérimenter ensemble au cours de cette journée.

Aucune connaissance philosophique n’est nécessaire pour participer.
Il n’est pas davantage nécessaire d’avoir lu Edgar Morin ou de connaître la pensée complexe. Les introductions, ateliers et discussions sont justement conçus pour permettre à chacun d’entrer dans les questions à partir de situations concrètes.

À la médiathèque de Noé — 9h30 à 12h30

9h30 — Introduction à la pensée complexe
Avec Francis Tolmer et Marine Robert

10h15 — Atelier philosophique - animé par Francis Tolmer
Les loups, sauveurs du parc de Yellowstone ?

À partir de cette histoire devenue célèbre, nous nous demanderons ce qui se passe lorsqu’une modification apparemment limitée produit une cascade de conséquences dans tout un écosystème.

À la mairie de Noé — 12h30 à 17h30

12h30 — Apéritif philosophique : « La saveur du lien — Morin à l’apéro »
Animé par Christian Belbeze

Peut-on comprendre un cocktail simplement en identifiant ses ingrédients ? Un atelier-jeu pour expérimenter, verre en main, ce qui se passe lorsque les éléments se combinent et interagissent.

13h — Repas offert par la mairie de Noé

Le repas sera un temps libre d’échanges et de convivialité.

14h — Atelier philosophique : « Penser de manière complexe »
Animé par Marine Robert

17h — Débriefing de la journée

Participation

Afin de permettre à la mairie de prévoir le repas en fonction du nombre de participants, merci de signaler votre présence auprès de :

Médiathèque de Noé
1 bis, rue du Château-d’Eau
31410 Noé
Tél. : 05 61 90 71 50
Courriel : mediatheque@mairie-noe.fr



mardi 11 août 2026

Le rire comme introduction à la philosophie - 26 septembre 2026 - Noé et Villeneuve

 


Non ridere, sed intelligere ?

« Ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas détester, mais comprendre », écrivait Spinoza lorsqu’il expliquait comment il entendait étudier les actions humaines.

Voilà qui pourrait mal commencer pour un atelier philosophique consacré… aux histoires drôles.

D’autant que les philosophes ne semblent pas toujours entretenir avec le rire des rapports très simples.

Selon une tradition rapportée à propos de Chrysippe de Soles, grand maître du stoïcisme, celui-ci serait mort de rire après avoir vu un âne manger ses figues. Il aurait demandé qu’on lui donne du vin pur pour faire passer le tout.

Bergson, lui, affirme dans Le Rire qu’« il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain ». Mais l’âne de Chrysippe ne le contredit finalement peut-être pas : si cet âne nous fait rire, c’est justement parce qu’on l’imagine mangeant et buvant comme l’un d’entre nous.

Bon.

Et si je soutenais malgré tout que le rire constitue une excellente porte d’entrée vers la philosophie ?

Pas parce que rire serait déjà philosopher.

Mais parce qu’une histoire drôle fonctionne souvent en nous faisant voir soudainement autrement une situation que nous pensions avoir comprise.

Nous suivons tranquillement une logique. Nous anticipons la suite. Puis quelque chose déraille. Une réponse arrive de travers, une évidence se retourne, une absurdité devient presque raisonnable.

Et nous rions.

Le rire signale alors peut-être quelque chose d’intéressant : pendant une seconde, notre représentation du monde vient de se fissurer.

Or le philosophe ne cherche-t-il pas précisément ces fissures ?

Il demande pourquoi ce qui nous semblait évident ne l’est plus. Il examine la règle que nous appliquions sans nous en apercevoir. Il cherche ce que le retournement révèle de nos valeurs, de nos raisonnements ou de notre manière de regarder les choses.

Le rire ne remplace donc pas la réflexion. Il peut lui préparer le terrain.

Il produit une petite secousse.

Puis vient la question.

C’est le principe de l’atelier que je vous propose : cinq histoires dites drôles, cinq retournements et, chaque fois, une question philosophique pour voir ce que le rire avait peut-être commencé à mettre en mouvement.

Je ne dévoilerai les cinq histoires qu’au moment de l’atelier : une histoire drôle dont on connaît déjà la chute perd une bonne partie de son intérêt.

Mais, pour vous donner envie de venir, je vais quand même en sacrifier une sixième.

Sade reçoit une amie connue pour apprécier d’être « gentiment » torturée.

Elle arrive et, d’un air gourmand, lui demande :

— Sade, fais-moi mal !

Le divin marquis la regarde, lui aussi avec gourmandise, et répond :

— Non.  
— Hé, hé, hé…

Alors ?

Peut-on faire du mal à quelqu’un en refusant de lui faire ce qu’il désire ?

Faire le bien de quelqu’un, est-ce satisfaire son désir ?

La valeur morale d’un acte dépend-elle de ce que l’on fait ou de l’intention avec laquelle on le fait ?

Peut-on respecter quelqu’un en refusant volontairement de lui donner ce qu’il demande ?


Atelier philosophique à partir d’histoires drôles

Trois rôles pour lancer et relancer la discussion

Cet atelier part de cinq histoires brèves. Chaque histoire est lue à voix haute, puis une question ouvre la discussion. Une troisième personne dispose de questions de relance.


Règle du jeu

Les rôles peuvent rester les mêmes ou tourner après chaque histoire.

Chacun essaie de justifier ce qu’il avance par une raison, un exemple ou une objection.

Le relanceur ne lit jamais les trois questions à la suite : une seule relance peut suffire. Si la discussion ne repart pas, passez à l’histoire suivante. Il n’est pas nécessaire de traiter les cinq histoires.

Le document contient trois fiches à distribuer séparément : Lecteur, Questionneur et Relanceur.

FICHE 1 - LECTEUR

Les histoires

Lisez une histoire à la fois. Laissez un bref silence avant que la question principale soit posée.

HISTOIRE 1 Les clés sous le réverbère

Un homme cherche quelque chose à quatre pattes sous un réverbère, en pleine nuit.

- Vous avez perdu quelque chose ? demande un policier qui passe par là.
- Oui, mes clés.

Le policier l’aide à chercher. Après dix minutes, ils n’ont toujours rien trouvé.

- Vous êtes certain de les avoir perdues ici ?
- Non, je sais que non,  je les ai perdues là-bas, dans la ruelle sombre.
- Alors pourquoi cherchez-vous ici ?
- Parce qu’ici, au moins, il y a de la lumière !

 

 

HISTOIRE 2 Le loyer impayé

Le loyer impayé

Il est 3 heures du matin. Dans la chambre, Marc tourne et vire dans le lit, pousse de profonds soupirs et fixe le plafond, totalement incapable de fermer l'œil.

Sophie, sa femme, réveillée par toute cette agitation, finit par s'allumer et lui demande d'un ton agacé :
— Mais enfin Marc, qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu ne dors pas ?
— Je suis mort d'inquiétude, Sophie... Demain, on doit payer le loyer à Monsieur Legrand, et nous n'avons pas un seul centime sur le compte. Il va nous expulser, c'est sûr. Le stress me ronge, je ne peux pas fermer l'œil !

Sophie réfléchit une seconde, se redresse, attrape le téléphone sur la table de nuit et compose un numéro. À l'autre bout de la ville, l'appareil sonne dans le vide, puis une voix endormie et grincheuse répond :
— Allô... ? Qui appelle à une heure pareille ?

Sophie ne se démonte pas, tend immédiatement le combiné à son mari et lui dit fermement :
— Tiens Marc, c’est Legrand. Dis-lui.

Marc, complètement hébété, prend le téléphone d'une voix tremblante :
— Allô, Monsieur Legrand ? Bonjour... C'est Marc, votre locataire du troisième. Je vous appelle pour vous dire que le loyer tombe demain, mais que je n'ai absolument pas l'argent. Je ne pourrai pas vous payer. Voilà.

Sur ce, Sophie lui arrache le téléphone des mains, raccroche brusquement, éteint la lumière et se réinstalle confortablement sous la couette et lui dit :
— maintenant Marc toi, tu dors et Legrand, il reste les yeux grands ouverts à calculer ses pertes. Bonne nuit.

 

 

HISTOIRE 3 Le pêcheur et le banquier

Un banquier en vacances se promène sur le quai d’un petit village côtier lorsqu’un pêcheur accoste avec plusieurs beaux thons.

- Combien de temps vous a-t-il fallu pour les attraper ? demande le banquier.
- Peu de temps.
- Pourquoi ne restez-vous pas plus longtemps en mer pour en prendre davantage ?
- Parce que j’en ai assez pour faire vivre ma famille.
- Et que faites-vous du reste de votre temps ?

- Je dors tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, puis je vais au village boire un verre et jouer de la guitare avec mes amis. Ma vie est bien remplie.

Le banquier lui répond :

- Vous devriez pêcher davantage. Avec les bénéfices, vous achèteriez un bateau plus grand, puis plusieurs bateaux. Vous vendriez directement vos poissons, ouvririez une conserverie et finiriez par diriger une grande entreprise.

- Combien de temps cela prendrait-il ?
- Quinze à vingt ans.
- Et après ?
- Vous introduiriez votre entreprise en Bourse, vous la vendriez et vous deviendriez très riche.
- Et après ?

- Vous prendriez votre retraite dans un petit village côtier. Vous dormiriez tard, pêcheriez un peu, joueriez avec vos enfants, feriez la sieste avec votre femme, puis vous iriez boire un verre et jouer de la guitare avec vos amis.

 

HISTOIRE 4 Un café sans lait

Sartre est assis au Café de Flore. Il commande un café sans lait.

Le serveur lui répond :
- Je suis désolé, monsieur, nous n’avons plus de lait. Préféreriez-vous un café sans crème ?

Sartre s’indigne :
- Ce sera un café sans crème, pas un café sans lait ! Vous croyez que je ne sens pas la différence ? Le culot de certaines personnes ! » .

Il se lève et quitte le café.

 

 

HISTOIRE 5 Le philosophe aux portes du paradis

Heidegger meurt et arrive aux portes du paradis. Il ne reste devant saint Pierre que deux candidats : Heidegger et un hippopotame.

- Mauvaise nouvelle, dit saint Pierre : il ne reste qu’une place. Celui qui donnera la meilleure réponse à la question « Quel est le sens de la vie ? » pourra entrer.

Heidegger réfléchit, puis répond :

- Penser l’être lui-même explicitement exige de ne pas tenir compte de l’être dans la mesure où il n’est que fondé et interprété en termes d’êtres et pour les êtres comme leur fondement, comme dans toute métaphysique.

Saint Pierre se tourne vers l’hippopotame :
- Eh bien, aujourd’hui, c’est votre jour de chance.


 


 

FICHE 2 - QUESTIONNEUR

Les questions principales

Après chaque lecture, posez uniquement la question portant le même numéro.

1. Les clés sous le réverbère (votez pour une des deux question)

1.      Chercher au mauvais endroit peut-il malgré tout être utile ?

2.      Le policier doit-il mettre en prison cette personne qui déclare vouloir conduire alors qu'elle est ivre, mais n'en a pas les moyens ?

 

2. Le loyer impayé

Un problème change-t-il quand on cesse d’être seul à le porter ?

 

3. Le pêcheur et le banquier

En quoi le banquier pourrait-il avoir raison ?

 

4. Un café sans lait

Ce qui manque peut-il changer ce qui est présent ?

 

5. Le philosophe aux portes du paradis

Une pensée que personne ne comprend est-elle encore une bonne réponse ?

 


 


 

FICHE 3 - RELANCEUR

Les questions de relance

Laissez d’abord le débat se développer. Choisissez ensuite une seule relance, seulement si elle est utile ou bien lisez les questions et donnez la question à voter au public

1. Les clés sous le réverbère

3.      Le policier doit-il mettre en prison cette personne qui déclare vouloir conduire alors qu'elle est ivre, mais n'en a pas les moyens ?

4.      Une méthode facile mais mal adaptée vaut-elle mieux qu’aucune méthode ?

5.      Comment savoir que l’on cherche au mauvais endroit ?

6.      À l’école, au travail ou en politique, cherchons-nous parfois ce qui est facile à mesurer plutôt que ce qui compte vraiment ?

2. Le loyer impayé

1.      Marc devient-il plus responsable en prévenant le propriétaire, ou cherche-t-il seulement à se décharger ?

2.      Dire la vérité à quelqu’un peut-il lui imposer injustement une inquiétude ?

3.      Être soulagé d’un problème, est-ce l’avoir en partie résolu ?

4.      Dans quelle mesure notre peur du lendemain est-elle dictée par la réalité de l'avenir ou par la représentation du fardeau de notre responsabilité ? Ou encore, pourquoi un problème financier qui n'a pas encore de solution concrète cesse-t-il de nous faire peur dès qu'on le transfère sur les épaules de quelqu'un d'autre ?

3. Le pêcheur et le banquier

1.      Se contenter de ce que l’on a est-il une sagesse, un manque d’ambition ou juste la preuve de notre manque de projection sur des périodes plus difficiles à venir ?

2.      Travailler davantage aujourd’hui pour être libre plus tard, est-ce gagner ou perdre sa liberté ?

3.      Le pêcheur peut-il décider seulement pour lui-même, alors que sa famille dépend aussi de son choix ?

4. Un café sans lait

1.      Un café sans lait est-il réellement différent d’un café sans crème si le contenu de la tasse est identique ?

2.      Ce que nous attendions modifie-t-il ce que nous percevons ?

3.      Une absence peut-elle avoir des effets aussi réels qu’une présence ?


5. Le philosophe aux portes du paradis

1.      Penser profondément oblige-t-il à parler difficilement ?

2.      Peut-on simplifier une pensée sans la trahir ?

3.      Qui est responsable d’une incompréhension : celui qui parle, celui qui écoute, ou les deux ?

4.      Penser n’est-il pas toujours prendre le risque de s’éloigner de l’autre ? En ne pensant pas, nous resterions à un niveau de communication ou nous ne présentons pas de risque pour l’autre. Un « qui ne dit mot consent » qui irait jusqu’à devenir un « Qui ne pense pas, est mon ami ». Pourquoi alors pensons-nous alors que la parole est un lien entre nous ?