Rechercher dans ce blog

lundi 23 octobre 2017

25 novembre 2017, à l'école, les enfants travaillent tout le temps et ne savent rien!

V. est professeur en collège dans le sud de la France. Il est aussi parent d'élève en collège. Confiant dans l'équipe éducative de ses enfants et considérant que les devoirs à la maison sont nécessaires, il déclare cependant dépité:

"Les enfants travaillent tous le temps et ne savent rien."


Les enfants travaillent tout le temps et ne savent rien?

Les enfants travaillent tous le temps

En maternelle et au primaire, la journée d'école, d'une durée de 6 heures, est la plus longue d'Europe. Un rythme souvent dénoncé par l'OCDE. Les cours ont lieu le lundi, mardi, jeudi et vendredi, mais cela peut être modifié sur proposition du conseil d'école, en ajoutant des heures le samedi par exemple. Cette semaine de 4 jours est une exception française qui est conservé par beaucoup de mairies.

A l'école primaire, la durée de la semaine est fixée à 24 heures d'enseignement, entre 25 et 28 heures de cours hebdomadaire pour les collégiens. Au lycée, selon la série et les options choisies, l'enseignement varie entre 30 et 40 heures par semaine.

Vacances: Si l'on tient compte du nombre d'heures annuelles, la France arrive seconde derrière l'Italie, avec 958 heures annuelles d'enseignement (données Eurostat. Les élèves français bénéficient du plus grand nombre d'heures de cours en Europe sur le laps de temps le plus court.

OK ... mais cela ne s’arrête pas là. il y a les devoirs et là donc en collège on est à 5 heures par semaine et 7 heures pour un lycéen

Total pour une élève de collège - 28 + 5 = 32 heures
Total pour un élève de lycée - 40 + 7 = 47 heures - Là cela devient vraiment lourd non ?

Oui! les élèves français travaillent beaucoup! 

Les enfants ne savent rien? 

     - Voyons voir ce que dit le test PISA

PISA : est un acronyme anglais pour Programme for International Student Assessment, ensemble d'études de l'OCDE visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs des pays membres.

Pisa or Not Pisa


Les gagnants sont : ..... Non pas la France !
Cliquez ICI pour voir la vidéo


A l’issue de tests PISA, les quelque 6 000 élèves français de 15 ans se sont ­placés à la vingt-sixième place d’un classement de 72 pays, dominé par ­Singapour et refermé par la République ­dominicaine. Un niveau équivalent à celui des Autrichiens ou des Américains.

Conclusion hâtive

Les jeunes français travaillent effectivement beaucoup et n'ont pas les résultats qu'ils sembleraient mériter. Pourquoi ?

Mais voyons voir ce qui se passent dans les pays premiers de la classe

Chine / Singapour /Shanghai

Premier partout ! En plus 88% des enfants se sentent bien à l'école! Mais avec plus de 80% des élèves du primaire qui reçoivent des cours supplémentaires, on est dans la triche. Les singapouriens sont dopés!  On ne peut se comparer avec ce système.
Très fort respect du professeur et parents très présents et enseignants très bien payés.

Japon 



Le système de maternelle/primaire/ collège/lycée/FAC et école , ressemble beaucoup à celui de la France. Une année scolaire se compose de trente cinq semaines (175 jours). La semaine scolaire compte cinq jours du lundi au vendredi, ce qui est sensiblement équivalent à la France. Seulement 10% des enfants sont dans des cours du soirQuelques points de divergence quand même :

1. Les bonnes manières avant le savoir scolaire. Il n'y a pas d'examens ou d'évaluations avant l'âge de 10 ans dans les écoles japonaises, uniquement de petits tests. Les 3 premières années de scolarité, les professeurs se concentrent davantage sur leurs manières et le développement de leur personnalité que sur leurs connaissances. Leur est enseigné, entre autres : le respect envers les autres, les animaux et la nature, la générosité, la compassion, la notion de justice et de self-control.

2. Les élèves nettoient eux-même leurs locaux. Les écoles n'embauchent pas de personnes consacrées au ménage : les élèves s'organisent entre eux pour nettoyer les salles de classe, les couloirs, les toilettes, la cafet', etc. Il y a un turn over pour que chacun puisse mettre la main à la patte et s'entraider.

3. Un déjeuner équilibré, unique et partagé en classeLes écoles assurent un repas unique et équilibré chaque jour, cuisiné par des chefs. Les élèves déjeunent en salle de classe, entre camarades et même avec le professeur. De quoi assurer une meilleure proximité prof-élèves et entre camarades de classe.

4. Le soutien scolaire après les cours est obligatoireDès la primaire, tous les élèves suivent des cours de soutien, du style workshops, après leur journée de 8 heures de cours, en soirée. Ce n'est pas obligatoire à proprement parler, mais très populaire et très recommandé, pour que le niveau de l'élève reste très bon toute l'année et/ou le permette d'intégrer de bons lycées/universités. Les élèves japonais ne redoublent presque jamais, c'est très rare !

5. Les élèves apprennent la poésie et la calligraphie. Mis à part les cours classiques, les élèves étudient l'art du shodo, la calligraphie traditionnelle avec un pinceau en bambou (ils écrivent des caractères sur des feuilles de riz). Ils étudient également le haiku, une forme de poésie combinant expressions simples et émotions profondes.

6. Le port d'uniformeBien que la question de l'uniforme prête au débat, et que les occidentaux n'y sont globalement pas favorables (notamment en France), la politique japonaise souhaite détruire les barrières sociales et favoriser l'esprit communautaire en instaurant l'uniforme dans tous les établissements scolaires du pays, tout en les plaçant volontairement dans une atmosphère de travail et de sérieux (un esprit presque militaire).

Conclusion  

Avec un coût de seulement 10% du budget national pour le japon contre 16% pour la France! Un pourcentage d'enfant supérieur se sent bien à l'école 87% contre 82% pour la France et des résultats de premier ordre ? Alors le Japon ? Des idées à prendre ? Le fait que le suicide soit la première cause de mortalité chez les 15 à 39 ans représente un réel problème. Mais on se suicide beaucoup au Japon et finalement l'école semble ne pas être la plus responsable.


Estonie


L’Estonie c'est 1,3 millions d'habitants, soit moins que le département de la Seine-Saint Denis. Ce pays au nord de l'Europe ou en période hivernale, la température peut descendre jusqu’à -20°C et où les eaux qui séparent les îles du continent se transforment en banquise gelée a un mois de décembre pendant lequel la journée dure seulement 5 à 6 heures. En revanche, en été, les journées sont particulièrement longues et les habitants en profitent pour faire la fête jusque tard dans la nuit. Seulement 38% de sa population adulte détient un diplôme d’enseignement supérieur  là ou la France atteint les 43,6%.
Comment ils font ?


TIC à Gogo : Wifi gratuit partout et cours sur tableau interactif. L'élève estonien est baigné de cours sur internet et de nouvelles technologie ! Mais attention, selon une étude européenne portant sur les 11-16 ans (www.eukidsonline.net), les enfants estoniens figurent parmi ceux qui présentent le plus de signes d’un « usage excessif d’Internet ». Pour Valdur Parasin, la dépendance n’est que le résultat du manque de temps que les parents ont à consacrer à leurs enfants. « Si un garçon est sur Internet à la maison, il ne joue pas dehors, il ne demande pas de l’argent pour s’acheter des bricoles, on n’a pas besoin de jouer avec lui », observe l’enseignant. Au-delà de ce constat, le caractère estonien pourrait favoriser la dépendance. « Après l’occupation soviétique, raconte un expert européen vivant à Tallinn, les Estoniens ont bâti leur identité en partie sur les nouvelles technologies. En allant trop vite sans doute, parce que cela ne favorise pas le lien social entre des habitants qui, déjà, ne sont pas portés naturellement sur la communication directe. »

Conclusion


Ils font souffrir les enfants Le document suivant nous montre que l'Estonie est un des pays ou les élèves ne se sentent pas très bien à l'école ! Seulement 66% des enfants déclarent se sentir bien à l'école.


Des enfants pas très heureux et addicts à internet. Les résultats sont bon ... mais est-ce le seul élément à prendre en compte!

Taiwan

Avec une place de vingt-troisième en lecture qui n'est finalement pas si glorieuse que ça, Taiwan brille pour le reste. Mais il faut savoir que si le mandarin est la langue officielle et la langue d’enseignement à l’école primaire et dans le secondaire, les autres langues parlées sont le taïwanais (Min) et des dialectes Hakka. 84 % de la population est d’origine taïwanaise (y compris Hakka), 14 % sont des Chinois continentaux, les 2 % restants sont issus d’autres ethnies locales. Bon, l'apprentissage du Mandarin, c'est sûr c'est pas simple!

Quelques différences


Le système d’éducation est centralisé et se décompose en 3 niveaux comme le notre. Cependant il y a quelques différences :

L'école n'est obligatoire que jusqu'à 12 ans. Cela pose la question des résultats au test PISA. En effet les enfants ayant des difficultés sont sans doute les premiers à ne pas continuer leur scolarité. Les test PISA concernent des enfants de 15 ans. Il est donc difficile sans savoir qu'elle est la proportion d'élèves déscolarisés à 15 ans de comprendre l'impact de cette mesure.   

De plus en plus en plus d'autonomie : En 2001 un plan a introduit une grande autonomie des autorités locales, des écoles et des enseignants pour le choix des curricula, des supports de cours et des manuels scolaires. Au-delà des questions curriculaires, ce nouveau cadre entend apporter plus de flexibilité au système éducatif taïwanais.

De moins en moins d'examens.  Même si la vidéo dit le contraire. Pour l'entrée dans l'enseignement supérieur, en juin 2009, le gouvernement a publié des lignes directrices pour des admissions sans examen, et a annoncé son intention de supprimer progressivement le système d’admissions sur examen.

Conclusion

Pas de vacances, la plus part des élèves ont des cours privés supplémentaires.
Une scolarité qui peut s'interrompre à 12 ans c'est pour nous un retour en arrière et la fin du collège unique !  Est-ce la solution?

Finlande


Pays du nord de l'Europe, de 5.5 millions d'habitants.

Beaucoup de différences


Pas de maternelle !

Le système Finlandais est différent du notre. La plus grosse différence est l'age d'entrée à l'école. Les petits finlandais commencent l’école à l’âge de 7 ans seulement et pas d'école l'après-midi.

De l'aide
Environ 30% des enfants reçoivent de l'aide et les élèves ne subissent aucune évaluation pendant les 6 premières années. Les classes de sciences sont limitées à 16 élèves pour qu’ils puissent faire des travaux pratiques à chaque période. Les élèves du primaire disposent de 75 minutes de récréation par jour.

Des résultats étonnants

66 % des élèves entament des études supérieures, le plus haut taux de l’Europe. La différence entre les élèves les plus faibles et les plus forts est la plus petite au monde. 93 % des élèves réussissent leurs études secondaires.
La vie des enseignants

La plus grosse différence est peut-être dans le métier d'enseignant :  Ils ne sont en classe que 4 heures par jour, et ont 2 h de formation continue par semaine. Les concours de recrutement attirent : Il y a eu en 2010 pas moins de 6600 candidats pour combler 660 postes au primaire. Leur place dans la société se compare à celui des médecins et des avocats.

Conclusion

Vraiment différent avec 21 élèves max par classe dans le primaire, le système finlandais présente des différences qui nous étonnent. L’absence d'école maternelle est-ce qui nous surprend le plus et nous interroge sur les problématiques d'apprentissage du vivre ensemble.

Conclusion générale qui n'en est pas une 

Les élèves travaillent beaucoup et effectivement ils ne sont pas les mieux placés.
Difficile de trouver une constante dans tout ça plus d'heures ou moins d'heures,  des cours privés en plus ou pas ... quelques pistes :

On ne veut pas que ça change
Pour Louise Tourret : "Pour changer l’école, et rendre notre système éducatif plus efficace et plus juste, il faudrait établir un consensus social et politique. Avec pour objectif de vouloir vraiment faire réussir davantage d'enfants, mais aussi de trouver les moyens d'y parvenir au sein même de notre belle école. Je ne le vois pas venir pour l'instant. J’aimerais, à l’instar de beaucoup d’observateurs politiques, me planter lourdement.

J'aimerai la réponse à la question suivante : "Qui ne fait pas consensus ?"


Les enfants ne savent pas parler
Alain Bentolila est linguiste et il pense que : "La priorité de l'école maternelle française est donc de donner à tous les enfants qui lui sont confiés une maîtrise du français oral qui leur permettra de dominer les mécanismes du code écrit pour construire du sens et non pour "faire du bruit". L'acquisition d'un vocabulaire riche et précis doit notamment être un de ses objectifs essentiels. Car l'engrenage est terrifiant. Lorsqu'on a souffert d'un déficit et d'une rigidité de langage à cinq ans, on ne peut prétendre qu'à quelques aptitudes au décodage des mots à huit ans alors que l'on devrait comprendre des textes simples."

Oui ! sauf que à Taiwan à l'école, les enfants sont aux prises avec une langue qu'ils ne parlent pas à la maison et pas si bien que ça : le mandarin. Cela ne les empêche pas d'être performants.

Le système est anxiogène
Pour le site observationsociete.fr "Il (le système &éducatif Français] se distingue surtout par le fait qu'il est parmi les plus anxiogènes : on y apprend, mais dans de mauvaises conditions. Les filières les plus sélectives (les « grandes écoles » de haut niveau) sont réservées à une poignée d’élèves socialement triés."

J'aimerai la réponse à la question suivante : "Sauf que les enfants  sont bien plus heureux à l'école qu' en Finlande par exemple, vous expliquez ça comment?"

La misère
Esther Duflo : "Il y a un énorme gaspillage de générations d'enfants qui vont à l'école et qui n'apprennent rien" 



800 millions de personnes dans le monde vivent encore avec moins de 1.90 dollars par jour. Comment réduire la pauvreté, dans un contexte de réductions...
Gérard De Vecchi, Maître de conférences en sciences de l’éducation dans un long article déclare: 'L’échec scolaire n’est donc pas un simple arrêt des apprentissages qu’il faudrait relancer. Il est le reflet d’un déséquilibre profond.  Cela nous amène donc naturellement à envisager les responsabilités liées au milieu de vie.'

Oui, c'est dur! J'ai placé une lettre de bilan de demi-trimestre faîte par un Prof Principal de 5° en annexe. La vie est difficile pour certains élèves! Est-ce que cela n'a pas toujours été difficile ?  La loi de 2005 qui prône l'inclusion d'élèves qui étaient autrefois "en institutions" n'est-elle pas une bonne loi?


....................... 

Webographie

Témoignage !

Voici de manière anonymisée, un document que je porte à votre attention dans le but d'aider à mieux mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui en France  dans une classe de cinquième dun collège standard.
Cliquez pour agrandir

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire