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jeudi 12 novembre 2020

« PEUT-ON CHANGER LE MONDE ? » samedi 21 novembre 2020 à 11h00


Animé par Francis TOLMER

Le café-philo en visio-conférence : comment ça se passe ?


Exactement comme en présence : un sujet, un groupe qui échange, un animateur qui fait circuler la parole et peut faire des synthèses régulières, relancer le débat, poser des questions ; les mêmes « règles » entre nous.



SAUF que : nous sommes connectés sur une application de visio-conférence (Zoom), nous nous voyons et entendons… et nous n’avons pas à porter le masque ;-).

Deux possibilités : 

  • vous avez un ordinateur avec une webcam et un micro, et une connexion de bonne qualité (la meilleure solution) : vous copiez/collez le lien dans la barre d’adresses de votre navigateur Internet, vous choisissez l’option « se connecter avec le navigateur Internet » (si vous n’avez pas l’appli Zoom), et vous entrez l’identifiant de réunion quand on vous le demande (on ne discute pas avec l’informatique…) puis le code (très) secret et hop ! vous êtes avec nous

 

https://us02web.zoom.us/j/85947032580

ID de réunion : 859 4703 2580

Code secret : 482694

vous n’avez pas tout ça, mais vous êtes prêt à participer par téléphone.
Vous composez un des numéros ci-dessous, puis vous composez l’identifiant de réunion,
puis le code secret.
NB : vous n’avez pas de numéro de participant,
donc vous composez directement le # si on vous le demande. 

01 70 37 22 46 

01 70 37 97 29 

01 70 95 01 03 

ID de réunion : 859 4703 2580

Code secret : 482694


Une brève introduction au sujet 


Changer le monde, la belle affaire ! Comme s’il ne passait pas son temps à changer, le monde, depuis le big bang puis tout au long de la courte histoire de l’humanité ! On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, écrivait Héraclite. Mais n’est-ce pas confondre mouvement et changement, n’y a-t-il pas derrière toute cette agitation un ordre des choses, une substance qui durent ? Sans aller jusqu’à ce que nous dit l’Ecclésiaste : « Rien de nouveau sous le soleil », constat désabusé de la vanité de toute entreprise humaine…

L’expression a été beaucoup utilisée, et avec beaucoup de sens différents (voir : 100 citations sur « Changer le monde » : https://www.evolution-101.com/pensees-sur-changer-le-monde/), mais peut-être aujourd’hui prend-elle encore un sens nouveau. On a évoqué à propos du Covid le « monde d’après », qui tarde à venir… Beaucoup de parents, devant la perspective du réchauffement climatique, de l’épuisement des ressources terrestres, de l’écroulement possible de notre civilisation, se demandent : « Quel monde laissons-nous à nos enfants ? ». Ce qui est peut-être nouveau dans l’histoire, c’est l’émergence d’une conscience collective de questions qui concernent la planète entière, à relativement court terme, avec des enjeux énormes.

Mais la question est moins simple qu’il n’y paraît. C’est quoi ce « monde » qu’il faudrait changer ? Un mot pour le moins polysémique, et un concept qui a évolué avec le temps (https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_(philosophie)).  Ainsi je peux être : 

Plus réaliste : le monde est « le monde réel » qui existe en dehors de moi, d’une existence objective : l’ensemble de ce qui existe, ou le monde sensible, que je perçois à l’aide de mes sens. Ce monde-là est « désenchanté », libéré des explications religieuses, mythiques ou magiques, il s’appréhende par la science et se modèle par la technique.

Plus religieux (au sens large) : il existe un ordre supérieur, régi par un ou des dieux, des esprits, il peut exister un monde d’ici bas et un de l’au-delà

Plus idéaliste (au sens platonicien) : le monde est celui que je saisis par la conscience, il existe un ordre supérieur, des vérités suprêmes, un sens de l’histoire… 

Plus subjectif : chacun de nous a son monde, c’est-à-dire l’ensemble de ses représentations qui construisent « ce dans quoi je vis ». Cependant l’intersubjectivité permet de construire un monde commun, et d’échapper au piège du relativisme absolu.

Mais alors, quand nous disons « changer le monde », que désignons-nous ? Qu’est-ce qui nous ferait dire que le monde change ? Quels seraient les indicateurs de ce changement ? Et vers quoi ce changement devrait-il aller ? Un monde meilleur, c’est certain, mais meilleur en quoi ? La réponse à ces questions dépend bien entendu de ce que nous appelons « le monde ».

Et enfin, « changer » pointe vers une action : le monde changera s’il est possible de le changer, et si on a les bons leviers pour le faire. Voici quelques-uns des axes de changement qu’on nous propose :

Technologique : c’est une action concrète, matérielle, qui construira un monde nouveau et meilleur. Exemples : Internet qui met la connaissance à portée de tous, les vaccins qui sauvent des vies,… Mise en doute : la technologie ne sert-elle pas aveuglément autant le bien que le mal ? Le smartphone est une invention marquante, a-t-il pour autant changé le monde ?

Politique (au sens large), soit radical (révolutions ou changements majeurs comme le passage à la démocratie ou la transition écologique), soit réformiste. Mise en doute : les révolutions ne se sont-elles pas retournées contre leur message initial ? La politique peut-elle nous sortir des déterminations d’un système économique comme le capitalisme ? Le réformisme n’est-il pas une façon de ne rien changer de fondamental ?

Philosophique ou imaginaire : construire un imaginaire collectif qui forme un projet rassembleur (Gandhi, Luther King, Mandela). Par exemple, l’incapacité actuelle à imaginer un projet alternatif et mobilisateur à l’économie capitaliste constitue un blocage pour l’instant indépassable. Dans ce sens la crise actuelle est une crise de l’imaginaire. Mise en doute : les idéaux ne sont-ils pas insuffisants pour produire un changement durable ? Noirs et blancs sont-ils égaux aujourd’hui en Afrique du Sud ? 

Développement personnel : changez-vous, et le monde changera autour de vous. Si une personne en change 5 autour d’elle et ainsi de suite, en quelques générations des millions de personnes auront changé… Mise en doute : le développement personnel n’est-il pas une démarche particulièrement individualiste, un marché qui incite ses clients à se conformer à des « idéaux » qu’il lui propose ? 

Défaitisme : puisqu’on ne peut changer l’ordre du monde, alors ce sont nos désirs qu’il faut changer (Descartes) : modifier notre regard sur le monde, nos attentes, le bonheur est à ce prix. Mise en doute : n’est-ce pas là une excellente excuse pour ne rien faire et se replier sur soi ?

Et si on en discutait ensemble ?




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