Accéder au contenu principal

La Vérité en cause ? Mediathèque - 24 février 2024

Débat animé par Francis Tolmer de Toulouse

LA VERITÉ EN CAUSE…

Il y a comme une crise moderne de la vérité. La faillite des grandes idéologies globalisantes, l’érosion du sentiment religieux, la remise en cause constante des connaissances scientifiques, la méfiance grandissante envers les politiques et les médias, voici qui pousse beaucoup d’entre nous à douter de la pertinence du concept de vérité, jusqu’à la tentation de s’en débarrasser. A quoi bon la vérité, si tout ce qui paraissait certain est remis en question, dépassé, si l’objectivité est une impasse ? Alors, à chacun sa vérité ?

Voici donc posée la question de la valeur de la vérité.

Peut-elle toujours prétendre à une place dans le peloton de tête des grandes valeurs ? Elle a des concurrents dangereux, comme le bonheur ou l’utilité. Voulons-nous savoir la vérité sur ce qui se décide au-dessus de nous, sur ce que nous consommons, n’avons-nous pas la tentation de ne pas chercher à savoir et de rester dans notre confort ? La modernité a valorisé la vérité sous l’angle de la connaissance scientifique, mais un certain nombre de mythes la présentent comme dangereuse, issue de l’orgueil humain de vouloir tout connaître (par exemple, Adam et Eve chassés du jardin d’Eden pour avoir voulu goûter au fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal). La vérité est austère, fruit d’un long et exigeant travail, toujours remise en question, et parfois bien désagréable…

Et d’ailleurs, est-elle atteignable ? On a dû renoncer au rêve de décrypter l’univers. Les connaissances scientifiques, même si elles sont immenses, ne font que susciter de nouvelles questions… Mais dans notre vie quotidienne, il nous suffit d’être confrontés à l’ignorance, au mensonge, à l’erreur, à l’illusion, pour que la notion de vérité retrouve toute son importance…

Alors, que faire de cette vérité ?

Francis Tolmer -  Toulouse - 2024


A lire 

... Un terrain favorable au mensonge est favorisé par la suspicion de complot et de dissimulation des élites. Une partie de la population a tendance à

« croire réellement que la vérité est tout ce que la société respectable a hypocritement passé sous silence, ou couvert par la corruption ».

Ce propos de Hannah Arendt concernant la naissance du totalitarisme (Arendt H., Les origines du totalitarisme, le système totalitaire, Paris, Seuil, 2005, p.106) devrait nous inquiéter, car on trouve ce genre de suspicion de nos jours, suspicion que la multiplication des « affaires » n'est pas faite pour apaiser....

A voir et à écouter  

 






Posts les plus consultés de ce blog

Lycée - 14 mai 2024 - Peut-on lancer un nain qui le veut bien ?

L’affaire dite du lancer de nain Le Maire de Morsang-sur -Orge avait interdit sur sa commune une attraction foraine dite "du lancer de nain". L’arrêté municipal avait été attaqué devant le TA de Versailles qui en avait ordonné l’annulation. Saisi par un pourvoi, le Conseil d’Etat annule ce jugement en insérant la dignité de la personne humaine à la liste des "principes généraux du droit" qui autorisent par décret ou arrêté les autorités publiques à prendre telle ou telle décision fondée non sur une loi (inexistante) mais sur l’un de ces principes dégagés par la jurisprudence administrative ou constitutionnelle. Le paradoxe de cette affaire est le suivant : le nain était parfaitement consentant et c’est sa dignité qu’il mettait en avant à l’appui de sa requête contre l’arrêté municipal : selon lui, ce travail lui avait redonné sa dignité (avant il vivait du RMI). Or, le Conseil d’État ne lui a pas donné raison : à la dignité invoquée par le nain, il a été opposé la d...

[25 - 10-2025 Noé] Autrui est-il, pour notre liberté, un obstacle ou une condition ?

  L'échange des otages entre Israël et le Hamas en ce jour du 13 octobre 21025 est une libération pour chacun d'entre eux.  C'est donc ici bien l'autre qui me libère? Mais c'est bien aussi (ici) l'autre qui a emprisonné.  Dans les temps troublés que nous traversons, où l’on voit des peuples entiers se heurter dans la violence — de Gaza à tant d’autres lieux du monde — la question d’autrui prend une dimension tragique. Autrui n’est plus seulement le voisin ou le compagnon de vie, mais celui dont la simple existence semble parfois menacer la nôtre. Pourtant, comme le rappellent Levinas et Arendt, la liberté n’est réelle qu’à travers le lien avec les autres : elle suppose la reconnaissance du visage d’autrui, le partage d’un monde commun. Refuser autrui, c’est risquer de s’enfermer dans une liberté illusoire, celle du solitaire ou du dominateur. Mais à l’inverse, comme le voyait Sartre, autrui peut aussi m’objectiver, m’enfermer dans son regard, me nier. Ainsi, ent...

Médiathèque Noé - 28 février 2026 - La conscience ?

  parler de conscience c'est parler de la conscience morale, la conscience de soi, la conscience phénoménale, ou d'un état d'éveil. On peut aussi parler des états de conscience modifiée, rest ç savoir ce qui est modifié..... ce qui nous intéresse est avant tout la conscience de soi.  Hegel nous dit "La conscience de soi est une nouvelle modalité du savoir, c’est un savoir de soi, un retour de la conscience depuis l’être-autre. En ce sens, elle est une pure tautologie, car la différence d’avec l’objet se trouve abolie : « je suis je ». La conscience de soi est donc le moment de la prise de conscience de l’identité de soi à soi. Elle demeure cependant à la fois une conscience d’un objet (moment négatif) et de soi-même, c’est-à-dire de son essence vraie. En tant que cette conscience porte sur un soi, elle devient désir." pourrais tu m'expliquer ce texte ? La conscience de soi chez Hegel : pourquoi devient-elle désir ? Dans ce passage, Hegel décrit un moment décis...