« Tout ce qui a un prix n'a que peu de prix. » Friedrich Wilhelm Nietzsche
Un jeune enfant, issu de la GPA, a demandé à un de ses papas, combien il avait coûté. Cela m'a interrogé sur cette pratique, non pas celle de la GPA, mais celle de donner une valeur financière à sinon tout, disons à beaucoup de chose.
Soyons cynique, la marchandisation est une opportunité (en tant que possible) pour ceux qui peuvent disposer de la somme d'argent nécessaire à conclure l'affaire. Ceux qui vendent, peuvent aussi, parfois, sans doute, préférer "vendre un rein" que "mourir de faim". Marcela Iacub, Historienne du droit, chercheuse au CNRS déclare même : " Je crois qu’une des propriétés centrales de l’argent, c’est qu’il permet d’éteindre les dettes entre les individus, d’interrompre les relations. À l’opposé, les échanges non marchands créent entre les personnes des liens aux contours mal définis, qui obligent d’un point de vue symbolique. Citons deux exemples. D’abord, la greffe d’organes. Il est interdit, en France, de vendre ses organes. Le résultat ? Non seulement il y a moins d’organes disponibles, mais une forte pression psychologique s’exerce sur les donneurs potentiels. Quand vous devez donner un rein pour permettre à votre frère de survivre, vous n’avez pas vraiment le choix. Après coup, les donneurs expliquent souvent s’être sentis violentés. Quant au malade, il contracte une dette immense"
Soyons cynique, la marchandisation est une opportunité (en tant que possible) pour ceux qui peuvent disposer de la somme d'argent nécessaire à conclure l'affaire. Ceux qui vendent, peuvent aussi, parfois, sans doute, préférer "vendre un rein" que "mourir de faim". Marcela Iacub, Historienne du droit, chercheuse au CNRS déclare même : " Je crois qu’une des propriétés centrales de l’argent, c’est qu’il permet d’éteindre les dettes entre les individus, d’interrompre les relations. À l’opposé, les échanges non marchands créent entre les personnes des liens aux contours mal définis, qui obligent d’un point de vue symbolique. Citons deux exemples. D’abord, la greffe d’organes. Il est interdit, en France, de vendre ses organes. Le résultat ? Non seulement il y a moins d’organes disponibles, mais une forte pression psychologique s’exerce sur les donneurs potentiels. Quand vous devez donner un rein pour permettre à votre frère de survivre, vous n’avez pas vraiment le choix. Après coup, les donneurs expliquent souvent s’être sentis violentés. Quant au malade, il contracte une dette immense"
La "marchandisation de tout" serait donc globalement positive, libératrice de la dette du don et facilitant un commerce qui semble positif pour chacun. Après tout, le commerce n'est-il pas basé sur le fait que commerçant et client sont tous deux, satisfaits par l'échange.
D'où nous vient alors, mon malaise, quand cet enfant demande combien il a coûté à ses papas ?
D'où nous vient alors, mon malaise, quand cet enfant demande combien il a coûté à ses papas ?
Instinctivement, il me semble que cette jeune personne, ne devrait pas pouvoir mesurer ce qu'elle est, ce qu'elle vaut dans une quelconque monnaie. Une personne, peut elle se résumer à un chiffre suivi d'un symbole.
Le glissement vient de loin, dans les lois saliques, la suppression d'une vie humaine d'un Franc ou d'un Romain en coûtait une amende pouvant aller de cent à six cent sous. Pourtant, il y encore une étape entre payer pour une vie, comme le font aussi, les assurances après une catastrophe aérienne, après un accident ou comme l'exige la loi salique après un meurtre pour réparer et payer la chose à un commerçant.
Qu'est ce qui ne devrait pas être à vendre ? La vie, la mort, les organes, la justice ? mais surtout pourquoi pas ?
Le marché du rein : la face cachée de la transplantation : https://www.youtube.com/watch?v=hFhjGdbJDSM
La face cachée de la GPA : https://www.youtube.com/watch?v=V9m8_1OR1EY
