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mardi 16 juin 2020

Pourquoi les vieux sont ils laids? 4 juillet 2020


Le club sera suivi d'une auberge espagnole au parc des trois bassins à Noé.
Séance Lipman.....

Celui de Matthew Lipman, qui consiste à lire en petit groupe des extraits de romans écrits pour l’occasion ; à laisser les participants faire émerger des questions ; puis à choisir et discuter l’une d’elles. L’animateur intervient uniquement pour faire progresser la rigueur et la pertinence de la réflexion commune, en incitant à la mise en œuvre de compétences précises qui font l’objet d’un véritable apprentissage. La séance dure en général entre une heure et une heure trente.


Notre Texte : 

Si les vieillards manifestent les mêmes désirs, les mêmes sentiments, les mêmes revendications que les jeunes, ils scandalisent ; chez eux l’amour, la jalousie semblent odieux ou ridicules, la sexualité répugnante, la violence dérisoire. Ils doivent donner l’exemple de toutes les vertus. Avant tout on réclame d’eux la sérénité ; on affirme qu’ils la possèdent, ce qui autorise à se désintéresser de leur malheur. L’image sublimée qu’on leur propose d’eux-mêmes, c’est celle du Sage auréolé de cheveux blancs, riche d’expérience et vénérable, qui domine de très haut la condition humaine ; s’ils s’en écartent, alors ils tombent en dessous ; l’image qui s’oppose à la première, c’est celle du vieux fou qui radote et extravague et dont les enfants se moquent. De toute façon, par leur vertu ou par leur abjection ils se situent hors de l’humanité. On peut donc sans scrupule leur refuser ce minimum qui est jugé nécessaire pour mener une vie d’homme.
(…)
Au jour venu, et déjà quand on s’en rapproche, on préfère d’ordinaire la vieillesse à la mort.
Cependant, à distance, c’est celle-ci que nous considérons le plus lucidement. Elle fait partie de nos possibilités immédiates, à tout âge elle nous menace ; il nous arrive de la frôler ; souvent nous en avons peur. Tandis qu’on ne devient pas vieux en un instant : jeunes, ou dans la force de l’âge, nous ne pensons pas, comme Bouddha, être déjà habités par notre future vieillesse : elle est séparée de nous par un temps si long qu’il se confond à nos yeux avec l’éternité ; ce lointain avenir nous paraît irréel. Et puis les morts ne sont rien ; on peut éprouver un vertige métaphysique devant ce néant, mais d’une certaine manière il rassure, il ne pose pas de problème. « Je ne serai plus ».

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