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vendredi 29 mai 2015

Vendredi 30 mai 2015 - Un groupe peut-il fonctionner sans se moquer?

Le club.

Alors que nous réfléchissions sur la fable philosophique suivante   : 

L’éducation d’un sage
Un vieux sage avait un fils qui ne voulait pas sortir de sa maison, car il était complexé
par son physique. Il craignait que l’on se moque de lui.
Son père lui expliqua alors qu’il ne fallait jamais écouter les gens et qu’il allait lui en
donner la preuve.
« Demain, dit-il, tu viendras avec moi au marché. »
Tôt de bon matin, ils quittèrent la maison, le vieux sage sur le dos de son âne et son
fils marchant à ses côtés.
Quand ils arrivèrent sur la grande place du marché, des marchands ne purent
s’empêcher de murmurer :
« Regardez cet homme ! Il n’a aucune pitié. Il se repose sur le dos de l’âne et laisse
son pauvre fils à pied. »
Le sage dit à son fils : « Tu as entendu ? Eh bien, demain, tu viendras avec moi au
marché ! ».
Le deuxième jour, le sage et son fils firent le contraire : le garçon monta sur le dos de
l’âne et le vieil homme marcha à ses côtés. A l’entrée de la place, les mêmes marchands
étaient toujours là.
« Regardez cet enfant qui n’a aucune éducation ! » dirent-ils « Il est tranquille sur le
dos de son âne, et laisse son pauvre père se traîner dans la poussière ! Si ce n’est pas
malheureux de voir pareil spectacle !
- tu as entendu ? » demanda le père à son fils, « demain, tu viendras avec moi au
marché ! »
Le troisième jour, ils partirent tous deux à pied, tirant l’âne derrière eux au bout
d’une corde.
« Regardez ces deux imbéciles, se moquèrent les marchands. Ils marchent à pied,
comme s’ils ne savaient pas que les ânes sont fait pour être montés ! »
Le sage dit à son fils : « tu as bien entendu ? Alors demain, tu viendras avec moi au
marché ! »
Le quatrième jour, lorsqu’ils quittèrent leur maison, ils étaient tous les deux juchés
sur le dos de l’âne.
A l’entrée de la place, les marchands laissèrent éclater leur indignation : « quelle
honte ! Regardez ces deux-là ! Ils n’ont aucune pitié de cette pauvre bête ! »
Le cinquième jour, ils arrivèrent au marché en portant leur âne sur leurs épaules.
Mais les marchands éclatèrent de rire : « regardez ces deux fous qui portent leur âne
au lieu de le monter ! »/
Aussi le sage conclut-il : « Mon fils, tu as entendu, quoi que tu fasses dans la vie, les
gens trouvent toujours à critiquer. C’est pourquoi tu ne dois pas te soucier de leurs
opinions : fais ce que bon te semble et passe ton chemin ! »

D’après un conte persan
Extrait de « Les Philo-fables »
de M. Piquemal et P. Lagaudrière, Albin Michel 2003

Un groupe de 6 jeunes s'est présenté et pour faire une farce a laissé entrer l'un des leurs puis s'est retiré en le laissant dans la salle. Le groupe a ensuite, pris une posture de "moquerie" se cachant derrière la porte pour observer son embarras. L’abandonné n'osait ni sortir, ni vraiment prendre part au débat. Cela ressemblait si fortement à notre philo-fable du jour (un groupe se moque de celui qui n'est pas dans le groupe) que nous avons alors changé de support pour travailler sur la situation réelle. Le groupe finira par rejoindre l'esseulé et participera ensuite au débat.

Un participant dit - Ce que l'on ressent quand on se moque? C'est cool on a un moment convivial entre nous. On se marre ! - Quand je me moque de quelqu'un et que les autres rient, cela améliore mon image. Je me sens bien.

L'animateur questionne : Tu ne penses pas que c'est cruel ?
Le participant répond : Oui mais on ne se moque pas toujours du même.

L'animateur : Est ce que vous avez d'autres moyens de créer des moments conviviaux que de vous moquer ?
- Oui, si le groupe est plus petit. A deux ou trois on peut faire des trucs sympas,  comme aller à la pêche et on rigole bien.

L'animateur : Et si le groupe est plus grand à 10, 15, 20 ?
- Là, c'est vrai que l'on se moque souvent ... mais des fois c'est de quelqu'un du groupe et après lui aussi se moque de qu'un d'autre.

L'animateur : Pensez vous que le groupe pourrait exister sans ces moqueries ?
- Non, peut-être ?
- Oui si c'était un plus petit groupe. Nous on est 20 dans notre groupe.

L'animateur : Je vous propose de faire une journée sans moquerie le 12 juin 2015 ! et ensuite d'analyser ce qui c'est passé dans cette journée pour votre groupe ...
Les participants : OK, on va faire ça, on en reparle ensuite.....




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